‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 11 sur 120 · LIVRE CINQUIEME. I · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME. I

queslion qui alloit les occuper. {^) M"* de Roye vint le lendemain malin annoncer « que Claude ^ M qui avoit promis de venir le même jour, avoit » reçu défense de le faire, et qu'il ne le pouvoit » plus. Mademoiselle de Duras paru t mécontente de » ce procédé. » Miiispeu de temps après, ou apprit que M. Claude consentoit à se trouver avec Bossuet ; et on convint de se réunir le même jour i*" mars (1678), à trois heures après midi, chez la comtesse de Roye.

Cette conférence dura cinq heures; et comme on désiroit également des deux côtés de discuter sans aigreur, sans éclat et sans ostentation, on n'y admit qu'un très-petit nombre de personnes; presque toutes étoient de la religion protestante, excepté la maréchale de Lorges.

Toute la conférence roula principalement , comme on en étoit convenu , sur la matière de YEglise.

Bossuet déclare lui-même dans la relation qu'il a donnée de cette conférence , « que le ministre » Claude défendit sa cause avec toute Vhahileté •m possible y et si subtilement, quil craignit pour » ceux qui Vécoutoient. »

Il y eut surtout deux articles sur lesquels le m.inistre Claude déploya avec beaucoup d'art et de force tous les moyens que lui fournirent la subtihté de son esprit et une longue habitude de la controverse.

Bossuet avoit établi en principe contre le schisme des Protestans^, « {b) que jamais des particuliers » nont droit de se séparer de V Eglise. »

(°) Relation de la conférence de Bossuet avec le ministre Claude i ibLd p. 269. — {,'') Ibid. p. 287 etsuiv.

3iO ÏIISrûIRE DE BOSSUET,

Clmtde lui objecta aussitôt « («) le jugement de » la synagogue^ lorsqu'elle condamna 3 hv^-CamsT, » et déclara par conséquent^ quil nétoitpas le » Messie promis par les prophètes. Dites - moi , )) Monsieur, reprenoit Claude, en s'adressant à ■» Bossuet y un parliculier qui eut cru alors que » Jésus ètoit le vrai Christ, n'eût-il pas mieux jugé » que tout le reste de la Synagogue ? » î Bossuet crut remarquer que cette objection faisoit impression sur ceux qui l'e'coutoient ; mais il en montra bientôt toute la foiblesso, quelque spécieuse qu'elle parût d'abord.

« (^) Pour peu qu'un pareil argument put avoir w quelque force, reprit Bossuet, il auroit fallu qu'au » moment où Jésus- Christ fut condamné par la ^) synagogue , il n'y €Ùl eu aucun moyen extérieur^ 3) aucune autorité certaine à laquelle on dut né- » cessairemcnt céder ; mais qui oseroit le dire , » puisque Jésus-Christ étoit lui-même sur la terre » et paroissoit visiblement au milieu des hommes » pour confirmer sa mission ? Jésus-Christ ressus- » citoit les morts , guérisst>it les aveugles-nés , et » faisoit tant de miracles , que les Juifs confessoient M eux-mêmes que jamais homme nc?i avoit tant y>J}iit. Il y avoit donc un moyen extérieur pour » connoître la vérité, une aLUlovilé visible pour la >» confirmer. — Mais cette autorité étoit contestée. I) — Il est vrai, mais elle étoit infaillible. Je ne M prétends pas que l'autorité de l'Eglise ne soit » jamais contestée. Je vous écoute , vous , Mon- » sieur, qui la contestez. Mais je dis qu'elle ne doit •» pas l'être par les Chrétiens; je dis qu'elle est in-

(«) Relation de la conférence de Bossuet avec le ministre Claude j ibid. p. 291. — (^) Ibld. p. 293 etsuiy.

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