‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 111 sur 120 · XXV. — De Bossuet et de Santeuil · texte numérisé non relu

XXV. — De Bossuet et de Santeuil

Cependant on pourroit dire sans offenser la gloire de Bossuet , et sans déroger à la sainte dignité de ses m.aximes , que la circonstance où il crut devoir exercer sa censure contre un poète qu'il airaoit et qu'il estimoit , n'étoit pas de nature à mériter une telle sévérité. Bossuet admiroit le génie poétique de Santeuil, et lui pardonnoit les singularités de son caractè^. IH'attiroit souvent à Germigny; et ce fut à Germigny même queSauleuil en fit la des-

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criplion dans une pièce charmante , qui offre la peinture la plus agre'able d'un lieu que la présence de Bossuet a consacré.

Mais quelques années après, Santeuil fit la description desjardms de f^ersailles , et la dédia à La Quinlinie j à qui la France doit Fart d'avoir perfectionné la culture des arbres fruitiers. Santeuil avoit déployé dans cette pièce , avec autant de goût que de magnificence , toutes les richesses de sa brillante imagination. On sait qu'à cette époque il n'étoit pas même nécessaire d'être poète pour être inspiré par les enchantemens de Versailles. La nature du sujet, les arbres, les eaux, les fontaines, les marbres animés qui respiroient dans ces lieux de fêtes et de plaisirs j toutes les merveilles de l'art que la main d'un grand roi avoit rassemblées sous les yeux de l'Europe frappée d'admiration; tous les dieux de l'Olympe, qui, dociles à sa voix, venoient orner la pompe de sa Cour et le cortège de ses fêtes triomphales, un pareil sujet prêtoit à Tiinagination d'un poète les plus brillantes couleurs de la poésie antique. Si jamais les dieux de la fable purent se croire dans leur empire , c'étoit sans doute dans un tel lieu. Cependant Santeuil avoit su résister à la dangereuse séduction que son sujet sem])loit lui offrir. Il s'étoit borné à chantpr les dieux des vergers, Pomone, les nymphes et les déités champêtres. Il faut encore ajouter que Santeitil s'étoit renfermé dans les bornes de la décence la plus sévère , et qu'aucun des scandales de la my^ thologie ne venoit se mêler au tableau des nobles délassemens d'un roi que l'âge avoit déjà désabusé de toules les illusions de la jeunesse. Cependant ce stimple cortège de Pomone^ des nyim)hes et des dieux champêtres déplut à l'auslcrile de Bossuet;

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