LIVRE SEPTIÈME. 3o
Bossuet admettoit cependant dans la conversation de l'enjouement et une raillerie douce et aimable, pourvu qu'elle se renfermât dans une certaine mesure, et qu'elle ne blessât jamais ni le goût , ni les e'gards, ni la charité chrétienne. Mais on étoit toujours sûr de lui déplaire, lorsque la plaisanterie s'écartoit des bornes qu'elle doit respecter, et il la trouvoit aussi déplacée dans les ivres que dans l'habitude de la société. « Conseillez à M. Spon , » écrivoit Bossuet à l'abbé Nicaise («) , d'éviter » les railleries excessives dans ses réponses y elles » tombent bientôt dans le froid, et il sait que » les plaisanteries ne sont guère du goût des » honnêtes gens. Ils veulent du sel , et rien de » plus. S'il faut railler, ce doit du moins être avec » mesure. Comme je le vois né pour le bon goiit î> je serois fâché qu'il donnât dans le mauvais. »