‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 119 sur 120 · LIVRE SEPTIÈME. SoQ · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. SoQ

que détail Topiiiion de Bossue t sur Bourdaîouc et sur Massillon .

On lit seulement dans une lettre de Bossuet à M™» d'Albert de Luynes, eu date du 4 août 1694 («) ; « Le père Bourdaloue a bien voulu être le por^ » ieur du paquet où sera incluse cette lettre. Il » nous a fait un sernioji qui a ra\>i tout notre peU" y> pie et tout le diocèse.. »

Bossuet paroît avoir conçu les présages les plus favorables du talent de Massillon. On lit dans le journal de l'abbe' Ledieu : a Af. de Meaux a e/t- » tendu le 4 niars ( 1701 ) , le sermon du père » Massillon sur la Samaritaine ^ et il enfui très" » content. »

Il est vraisemblable que c*est le dernière fois que Bossuet a entendu Massillon. Massillon ne reparut àVersailles, pour prêcher devant Louis XFV, qu'en 1704, et ce fut cette même aune'e que mourut Bossuet..

Ainsi, par une disposition singulière de la Providence , qui voulut favoriser Louis XIV jusqu'au dernier moment, et perpétuer, sans aucune interruption, pendant la longue dure'e de son règne, la succession des plus grands orateurs qui aient illustré l'éloquence chrétienne, on avoit vu Dour^ daloue monter dans la chaire au moment où Bossuet en descendoit, et Massillo?i succéder à Bour^ daloue , au moment où la mort de Bourdaloue laissoit la chaire évaugelique dans le deuil et dans le silence.

Bossuet avoit toujours sous ses yeux l'extrait d'un sermon (.^) de saint Augustin, qu'il se proposoit pour règle de conduite^ il l'avoit même placé

W OEuwr. de Bossuet, tom. xxxix, p. 2S0, éd. de Vcr«!. i,7.i5o. ;/'; Sermoa 383.

3lO HISTOIRE DE BOSSULT , LIVRE SEPTIEME.

àur son bureau pour ne le jamais perdre de vue; ou éprouve une sorte d'attendrissement, en lisant ces paroles simples et touchantes de saint Augustin 5 que Bossuet vouloit toujours avoir présentes à ses regards et à sa pensée :

« Je liai pas assez de présomption pour oser 3) me Jlatter de ii avoir donné a aucun de vous un w juste sujet de se plaindre de moi , depuis que » j'exerce les fonctions de V ëpiscopat. Si donc » accablé des soins et des embarras de mon mi- » nistère , je nui pas accordé audience à celui » qui me la demandoit , ou si je l'ai reçu d'un air » triste et chagrin ; si j'ai parlé ci quelqu'un avec » dureté ; si par mes réponses indiscrètes , j'ai » centriste le cœur de l'affligé qui imploroit mon î) secours; si distrait par d'autres pensées , j'ai î) différé ou négligé d'assister le pauvre, et lui » ai témoigné par un regard sévère être impor- » tuné de ses instances ; si enjin , j'ai fait pa- » roitre trop de sensibilité pour les faux soupçons » quon fornioit contre moi; et si, par un effet Vide la fragilité humaine, j'en ai moi-?némc » conçu d'injustes, vous, hélas! à qui je me cony> fesse redevable pour toutes ces fautes , pardon^ » nez-les moi , je vous en conjure, et vous obtien- » drez ainsi vous-mêmes le pardon de vos péchés. »

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