‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 17 sur 120 · Livre cinolmcme. oj · texte numérisé non relu

Livre cinolmcme. oj

» efîctj elle est toujours dans les mcines disposi- » tions, et il me semble qu'elle avance un peu ses ■» nCTaircs à sa manière^ doucement et lentement» yt Mais si je ne me trompe , la force de Dieu sou- » lieut intérieurement son action; et la droiture '» qui me paroît dans son cœur^ entraînera tout. r> - Ce portrait ne ressemble pas tout-à-fait à celui d'une autre femme de la Cour dont Bossuet parle à la fin de la même lettre. « J'ai fait vos compli-

» mens à M™* de ; elle est meilleure que le

» monde ne croit ^ et -pas si bonne qii elle se croit » elle-même j car elle prend encore la volonté' » d'être vertueuse .pour la vertu même ; ce qui est » une illusion dangereuse de ceux qui commencent. » Nous ne lui parlons jamais de. vos lettres ; nous » craignons trop les échos frëquens (O- »

Enfin , les paroles et les conseils de Bossuet mi- Tent un terme à toutes les agitations et à toutes les incertitudes de M°^^ de la Vallière ; et celui qui avoit reproché à cette illustre pénitente sa foiblesse et sa timidité, se sentit lui-même étonné et accablé de tant de courage.

« W Je vous envoie une lettre de M'"® de la » Vallière , qui vous fera voir que, par la grâce » de Dieu, elle va exécuter le dessein que le Saiut- » Esprit lui avoit mis dans le cœur. Toute la Cour » est édifiée et étonnée de sa tranquillité et de sa » joie, qui s'augmente à mesure que le temps ap- » proche. En vérité, ses sentimens sont si divins, » que je ne puis y penser sans être en de conti-

W Lettre au maréchal de Bellefonds, 6 avril 16745 ^^^^^ p. 65.

tO On peut conjecturer qu'il est question, de M^ie de Thianges, sœnr de M »« cIq Monlespccn, '^'^'^'^ " •

)) nuelles actions de grâces : et la marque du doigt » de Dieu, c'est la force et l'humilité qui accom- » pagnent toutes ses pensées. Ses affaires se sont î) disposées avec une facilité merveilleuse. Elle ne » respire plus que la pénitence j et sans être ef- » frayée de l'austérité de la vie qu'elle est prête î) d'embrasser , elle en regarde la fin avec une con- » solation qui ne lui permet pas d'en craindre la » peine. Cela me ra\>it et me confond. Je parle ^ et » elle fait. J^ai les discours , et elle a les œuvres, )) Quand je considère ces choses, f entre dans le y> désir de me taire et de me cacher^ et je ne prO' V nonce pas un seul mot où je ne croie prononcer » ma condamnation. »

Le maréchal de Bellefonds et le cardinal Le Camus, alors simple évcque de Grenoble, avoient aussi contribué par leurs lettres à affermir le courage de M"^^ de la Vallière , et à la défendre , noa de sa foiblesse , mais de sa timidité. Le père Bourdaloue , qui prêcha le carême à la Cour en 1674 Tannée même de sa retraite , acheva de fixer irrévocablement sa détermination. On voit dans deux lettres de INI™* de la Vallière au maréchal de Bellefonds, combien elle fut touchée des paroles évangéliques de ce célèbre Jésuite. Elle voulut même avoir un entretien avec lui , et elle se proposoit de l'engager à prêcher le sermon de sa prise d'habit, dans le cas où Bossuet ne pourroit pas remplir ce ministère.

Un sentiment trop naturel et bien cher à son cœur , avoit entretenu long-temps les irrésolutions de M'"^ de la Fallière. Elle étoit mère , et la dou^ leur de se séparer de sa fille étoit le seul lien qui auroit pu désormais Valtaclier au pionde. C'est ce

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