LIVRE CmQUltME
mencé dès 1678, à Saint-Germain, où la Cour étoit encore fixée pendant les hivers (0 J il "'v avoit point alors, les après-midi , d'office divin les dimanches ni les fêtes à la cliapelle du château. Ce fut pour en tenir heu, que Bossuet proposa à ses disciples de consacrer leur promenade accoutuméfr à l'étude de l'Ecriture .sainte j et comme on étoit alors dans Vai>ent , ce fut par la lecture des prophéties d'isaïe que Ton commença ce grand travail.
On se servit d'un exemplaire de la grande Bible de Fiiré, qui appartenoit à Bossuet^ et> dont les marges offroient tout l'espace nécessaire pour recevoir les notes qui dévoient être le résultat de ces utiles discussions^ l'abbé Fleur/fut choisi pour tenir la plume, et transcrire au retour de chaque promenade les notes k la. marge, à mesure qu'elles étoient convenues et arrêtées (2'. Ces promenades et ces lectures , continuées pendant une longue suite d'années, produisirent les îiotes et les conimetitaires de Bossuet sur les différentes parties de la Bible.
La Cour ne tarda pas à être instruite de l'objet de ces savantes réunions. Elle étoit alors dans tout son éclat C«) et toute sa splendeur, et c'étoit sans
('^^ Depuis 1672 jusqu'à 167g.
(0 Dès 1672, Louis XIV fixa son séjour à Saint-Germaia pendant les hivers , et il alloit passer les étés à Versailles. Cette disposition subsista jusqu'en 1682. Mais depuis Tété de 1682, Louis XIV s'établit entièrement à Versailles, et ne fit plus aucun séjour à Saint-Germain.
C') Cet exemplaire de la Bible de Vitré, qui appartenoit à Bossuet, et sur lequel sont inscrites les notes de Tabbé Fleury, et quelques notes de la main de Bossuet , appartient aujourd'hui à un libraire de Paris nommé Brajeux.
8 HISTOIRE Dt BOSSULT ,
doute un spectacle assez extraordinaire que de voir au milieu des fêtes et des plaisirs qui se succédoienr, dans ces lieux enchantés , Bossuet , la Bible à la main, méditant sur des vérités qui ne passent point, à l'ombre de ces belles forets qui avoient vu tant d'âges et de choses, et qui dévoient voir encore tant de vicissitudes et de catastrophes.
Mais tel étoit l'esprit du siècle où Bossuet vivoit, qu'un contraste qui n'auroit paru que singulier et bizarre un siècle plus tard, offrit à la Cour de Louis XIV un spectacle auguste et imposant. Comme le cortège qui accompagnoit Bossuet dans ses promenades, étoit en grande partie composé d'ecclcsiasliques, une voix s'éleva pour donner Iç nom de concile à cette respectable société, et cette dénomination lui resta pendant toute la vie de Bossuet (0. Pour être plus sur de se trouver réunis, et ne pas perdre un temps précieux à s'attendre, tous les membres qui la composoient étoient invités à dîner chez lui les jours de la semaine consacrés à ce travail (2).
Pélisson sollicita l'honneur d'être admis à ce concile , qX. n'eut pas de peine à l'obtenir. Quoiqu'il ne fût pas ecclésiastique , peu d'ecclésiasti-
C"^) Cette espèce de concile , pour se servir du nom qu'où lui avoit donn^.^ , se réunit sous la même forme pendant douze années consécutives, et subsista jusqu'en 1680. Depuis cette époque, la résidence ordinaire de Bossuet étant à Meaux, il ne parut plus à Versai es et à Fontainebleau que pendant de courts intervalles , pour remplir ses lonctions de premier aumônier de M'^e la Dauphine, et ensuite de M*"^ la duchesse de Bourgogne.
('-; L'abbé de Longuerue, qui assistoit 'quelquefois à ces conférences, disojt que Bossuet faisoit fort mauvaise chère. Cela est très-postible.