‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 42 sur 120 · LIVRE SlXItMP. Iï · texte numérisé non relu

LIVRE SlXItMP. Iï

» veut pas toujours se dédire. Je proposai au lieu » de rompre, de mettre rompre la communion , ce » qui étoit, comme vous voyez , la même chose ; la » difllcaltë cessa à l'instant. Le Roi a voulu voir » le sermon. Sa Majesté Va lu tout entier avec beau- » coup d'attention , et in a fait Vhonneur de me dire » quelle en étoit très-contente , et qu il le fallait ini" » primer. L'assemblée m'a ordonné de le faire , et » j'ai obéi. »

Ce fut la première fois qu'une assemblée da clergé ordonna l'impression d'un sermon. On a déjà pu observer que les exceptions honorables étoient devenues des distinctions ordinaires pour Bossuel.

En consacrant dans ce discours les maximes de l'Eglise gallicane, il avoit exprimé avec tant de sincérité son profond respect pour le saint Siège , et son attachement à l'Eglise Romaine, comme centre de l'unité catholique; il avoit observé tant de mesure dans la profession des sentimens qui pouvoient blesser les tendres oreilles des Romains, qu'à R.ome même, où l'aigreur contre tout ce qui venoit du clergé de France étoit alors portée au plus haut degré , on accueillit son discours avec bienveillance.

\III. — Conclusion de Taffairc de la Régale.

L'affaire de la Régale fut le premier objet des délibérations de l'assemblée. Cette affaire avoit entraîné le gouvernement dans des mesures dont la nécessité ou la régularité auroit été peut-être difficile à justifier; mais au point où elle se irouvoit conduite par la force des événemens , elle ne paroissoit pas susceptible d'éprouver aucune opposition de la part de l'assemblée.

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Presque tous les e'vêques , et Bossuet en pûrtîculier , ne peiisoient pas qu'elle fût de nature à exiger l'inllexible résistance que l'e'véque de Pamiers avoit cru devoir montrer, ni cette profusion de censures et d'excommunications , qui avoient jeté le trouble dans son diocèse, et dévoué au malheur et à l'exil presque tout son clergé (').

D'ailleurs Louis XIV proposoit lui-même d'apporter à l'exercice du droit de Régale , des restrictions et des tempéramens, qui en excluoient tout ce qui avoit servi de motif aux oppositions si vives et si animées des évéques d'Alet et de Pamiers.

Mais ces deux prélats avoient des partisans zélés et des amis très-ardens. Leurs vertus épiscopales, €t l'assiduité édifiante avec laquelle ils avoient gouverné leurs diocèses, leur avoient donné de justes droits à l'estime publique; et le rôle qu'ils avoient joué dans l'affaire du jansénisme, attachoit à leur cause tous ceux qui avoient combattu pour les mêmes opinions. On doit bien croire que le docteur Ainau'.d ne négligea pas cette occasion d'agir et d'écrire, il avoit toujours eu des relations parties « On ne voyoit d'un cutc qu'excommunications, lancées ;) pour soutenir, disoil-ou, la définition d'un concile géuéj) ralj et de faulre, que proscriptions, exils, emprisonnew meus, et condamnations même à la mort, pour soutenir, j) à ce que 1 on prétendoit, les droits de la couronne. La plus » grande confusion régnoit, surtout dans le diocèse de Paj) micrs. Tout le cLapitre étoit dispersé; plus de quatre- » vingts curés emprisonnés, exilés, ou obligés de se cacher. j> On voyoit grand vicaire , contre grand-vicaire, le siège » épiscopal vacant. Le père Cerîe , grand-vicaire nomme par « le chapitre, lut condamné à mort par contumace, par le » parlement de Toulouse, et exécuté en effigie, w Collection des Procès-verbaux du Clergé, toni. v, p. 362.

culières avec ces deux evèques , et il voulut servir leur cause, lois mcuie qu'as n'exisloicnt plus.

L'ubbé Ledieu nous apprend en effet (") qu'Arnauld écrivit une longue lettre à M. de Choiseul , evèque de Tournay, dans laquelle il cherchoit à enflammer ce prélat, en lui représentant l'afTairc de la Régale comme liée aux intérêts les plus chers de TEgli-e , et à ses maximes les plus importantes. Bossuet fut très - mécontent du zèle inconsidéré cV Arnaiild. Il craîgnoit, dit l'abbé Ledieu ^^), qi/c les Jansénistes ne vinssent indiscrètement gâter la disposition oii l^on était alors.

Il pensoit que les concessions que le Roi offroit au clergé étoient bien plus favorables aux principes de la juridiction spirituelle, que ne pouvoit l'être à la considération extérieure de l'Eglise une exemption qui se trouvoit circonscrite dans quatre provinces.

Le Roi étoit depuis long-temps en possession paisible du droit de Régale dans presque toute la France , et il l'exerçoit avec une plénitude d'autorité qu'on avoit de la peine à concilier avec l'exactitude des maximes ecclésiastiques.

II exerçoit même ce droit sur les quatre provinces qui en avoient été exemptes jusqu'alors. Ce n'étoit pas à la vérité dans une forme paisible et régulière; mais il étoit facile de prévoir que ces églises seroient forcées par l'empire seul du temps et de l'usage j de ployer sous l'ascendant de l'autorité.

Dans une pareille position, Bossuet^ qui altaclioit d'ailleurs assez peu d'importance au fond même de cette contestation, pensoit que rien ne

(") Mts. de Ledieu, — (''J Ibid.

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pouvoit être plus utile à l'Eglise de France, que de profiter du vif inte'rét que le gouvernement apportoit à l'extension de la Régale pour en réformer les abus, et en concilier l'exercice avec les principes de la juridiction spirituelle.

La façon de penser de Bossuet sur la Régale étoit devenue celle de tout le clergé j et Louis XIV, qui désiroit la conclusion de cette affaire , trouva tous les évéques disposés à se conformer à ses intentions suivant le plan fjue ce prince avoit fait lui-même proposer au Pape.

Ce fut d'après ce concert mutuel, que Louis XIV rendit son édit du mois de janvier 1682, par lequel la Régale fut étendue à toutes les églises du royaume. Mais le Roi se désistoit en même temps du droit dont il avoit joui jusqu'alors de conférer les dignités des églises qui exerçoient quelque juridiction spirituelle. Il ne se réservoit à l'égard de ces bénéfices que le droit de patronage ou de présentation, et ordonnoit que nul ne pourroit en être pourvu , qu'il n'eût l'âge et les qualités requises, et qu'après s'être présenté pour recevoir l'institution canonique à l'évêque, ou aux grandsvicaires du chapitre, si le Siège étoit vacant (0.

(») Il est certain qiie Louis XIV , en modifiant rexercice du droit de collation, dont il étoit en possession dans la pJu» grande partie du royaume sur tous les bénéfices sans distinction vacans en régale , à Texception des cures, donna une grande preuve de son respect pour la discipline ecclésiastique. Il donna également un témoignage éclatant de sa modération personnelle. Car avant de rendre son édit du moia de janvier 1682 sur la Régale, il crut devoir consulter son prociureur-général et ses avocats-généraux. Nous avons entre les mains les copies originales des avis de M. de Harlay, de M. de Lamoignon tt de M. Talon. M. de Harlaj et M. de

Il résulta de ce tempérament que ce ne fut plus l'autorité royale qui donna aux pourvus de ces di^ gnites leur mission , mais l'autorilé ecclésiastique par le ministère des supérieurs, à qui ils étoient renvoyés pour en recevoir l'institution canonique. L*exercice du droit de Régale se Irouvoit ainsi épuré de tout ce qu'il paroissoit offrir de contraire à l'exactitude des règles, et de tous les inconvéniens que lui avoieut reprochés les évéques d'Alet et de Pamiers.

Ces vives et longues discussions produisirent au moins ce grand avantage , qui devint commun à toute l'Eglise de France, et qu'on auroit pu également obtenir de la modération de Louis XIV, sans s'abandonner à une exagération de zèle qui prod-uisit beaucoup de malheurs particuliers.

L'assemblée crut devoir rendre compte au Pape de la conclusion d'une affaire qui occupoit le gouvernement et le clergé depuis près de dix ans, et qui avoit donné lieu aux éclats les plus afflig-eans.

Ce fut Bossuet qui , sous le nom de l'archevêque de Rheims, servit d'organe à l'assemblée (0, et fut

Lamoignon se montrent assez favorables aux demandes du clergé , telles que le Roi les autorisa par son édit. M. Talon, au contraire , manifeste la plus vive opposition , et se livre aux conjectures les plus sinistres sur toutes les conséquences qui dévoient en résulter. Mais il faut dire que pendant plus d'un siècle que Védit sur la Régale a reçu son exécution, pas une seule de ses conjectures ne s'est réalisée.

"; Les Bénédictins éditeurs de Bossuet pensent avec raison que cette lettre est son ouvrage , quoique le procès-verbal de rassemblée de 1682 en donne Thonneur au président de la commission. On y reconnoît en effet Bossuet et sa mauière habituelle d'écrire, de raisonner et de discuter.

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l'historien fidèle de toutes les circonstances d'une discussion dont il paroîl (\\\ [îinocent XI ne connoissoit pas exactement la nature et l'objet.

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