‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 43 sur 120 · IX. — I-,ettre de l'assemblée au Pape · texte numérisé non relu

IX. — I-,ettre de l'assemblée au Pape

Cette lettre (") respire dans toutes ses expressions la plus religieuse yéne'ration pour le chef de l'Eglise.

Bossuet y exposoit « que les e'vêques de France » s'e'toient proposé les exemples et les paroles de » leurs prédécesseurs, et des souverains pontifes » eux-mêmes, comme une règle infaillible de la » conduite qu'ils dévoient tenir , et qu'ils avoient i) trouvé que tout ce qui est établi par la parole » de l'Evangile et par la loi éternelle devoit de- » meurer immuable , mais qu'en ce qui regarde ce » que l'Eglise défend , les évéques ont souvent » jugé selon toute la rigueur des canons j que quel- )> quefois aussi ils ont toléré beaucoup de choses se- » Ion la nécessité des temps , et que quand ils n'ont » point vu de danger pour la foi ou pour les mœurs, » ils ont consenti à quelque adoucissement , noa » toutefois par un relâchement de discipline aveu- » gle et inconsidéré , mais pour céder à une néces" » site de telle nature qu'elle aurait pu même faire » changer les lois; que c'est par cette raison que » les saints Pères et même le saint Siège ont tant » de fois loué cet adoucissement des canons^ quand » il sert à édifier l'Eglise , à appaiser les différends , î) et affermir la paix entre la royauté et le sacer-

)) doce Qiie, selon les expressions d'Ives de

» Chartres, pourvu qu'on ne louchât pas au fonde-

C«) En date du 3 février 1682; QEuures de Bossuet, tom. vn, p. 197 etsuiv. édit. de Ycrs. i/î-8".

MVRE SIXIÈME. I If)

» ment de la foi et a la règle ge'nérale des mœurs , » on pouvait user de quelque tempérament ^ quand » // senibleroit approcher de la faiblesse.

») D'après ce principe, disoit l'assemblée ou plu- » lot Bossiiet , si ce droit, que nous appelons Ré- « g^le ^ ébranloit les fondemens de la morale ou de )> la foi, il est évident qu'ALEXANDRE III, Inno- » CENT m, et tant d'autres souverains pontifes si » recommandables par leur doctrine et leur piété, » n'auroient pas approuvé ce droit, et que le con- » cile de Lyon ne Tauroit pas autorisé en faveur de » tant de personnes et sous tant de titres ditfé-

» rens

» Comment un droit déjà établi dans tant d'é- » glises de France, sans que la foi et la morale » en aient souffert, pourroit-il nuire à l'une et » à l'autre , si on l'étend à quelques autres égli- -» ses?....

» Nous prions Votre Sainteté de ne pas trop » écouter ces esprits brouillons qui veulent faire » une espèce d'hérésie d'un ancien droit de la cou- » ronne. Certainement on peut dire que pour vou- » loir trop entendre y ils n^ entendent rien, et qiiils » se remplissent les yeux , comme dit saint Au- » giLstin, de la poudre qii ils soufflent pour aveugler •ù les autres.....

» Nous empruntons encore les paroles d'Ives de » Chartres, et nous disons encore avec lui : Quand » même les canons , pris à la rigueur^ se seraient » opposés a la cession que nous avons faite , nous » n aurions pas laissé de la faire , parce que la paioc » de l' Eglise nous y ob lige oit , caria charité étant » la plénitude de la loi, on satisfait h la loi quand .» on fait ce que la charité commande

» L'Eglise a coulume d'abandonner les choses le- » gères pour en conserver de plus importantes , et » de changer le mal en bien par sa patience

» Combien de changemens la discipline de V E- » glise na-l-elle pas subis dans les élections des » évéques et des abbés , dans la concession des » és>échés et des abbayes^ dans les investitures , )> dans les hommages et les sermens de ^délité? » Accusera -t- on pour cela l'Eglise de légèreté? » Dira-t-on, pour user des termes de saint Paul , » qu'il y a en elle le oui et le fion? A Dieu ne » plaise; mais assurée qu'elle est de son éternité, » et immuablement attachée à la vérité même, » elle s'accommode en quelque façon , par ce qu'elle » a d'extérieur, aux choses humaines, moins pour » céder à la nécessité des temps , que pour servir » au salut des âmes. !Nous répéterons avec Ives de » Chartres^ e/ue nous ne disons pas ces choses pour » les apprendre à J^otre Sainteté ^ qui les sait si » bien; mais en prenant la liberté de lui dire ce que « nous pensons f nous l'avertissons avec respect de » n écouter que sa prudence , et de ne suivre que » les mouvemens de sa bonté, dans une occasion où » il 71^ est pas permis d'employer le courage {^). »

(0 Croira-t-on qii'ArnaiilJ ait pu trouver une pareille lettre pitoyable ? C'est une qualification dont on ne s'étoit peut-être jamais servi pour un ouvrage de Bossuet, ouvrage qu'il avoit dû sans doute travailler avec vxn soin particulier, dans une circonstance où il étoit l'organe de l'Eglise gallicane auprès du chef de l'Eglise universelle , et dans une affaire qui attiroit alors l'attention de la France et de toute l'Europe. « Je ne viens que de voir la lettre île V asseinblée au Pape , 3) écrivoit Arnauld,je Vai trouve'e 'pitoyable. Mais il y a M surtout un endroit qui m'a bien surpris. C'est dans l'éloge u qu'Us fout du Roi, où , après favoir lovié sur ce qu'il a fait

On (levolt s'attendre qu'une lettre aussi respectueuse et aussi modérée, aussi forte de raison que pleine de sagesse, feroit quelque impression sur l'esprit du Pape, ou du moins qu'elle en obtiendroit une de ces re'ponses dignes et convenables,, où la dilTérence d'opinion est tempérée par ces égards et ces ménagemens que'les souverains pontifes ont toujours affectés envers l'Eglise gallicane,

Bossuet paroissoit lui-même si convaincu, que le Pape seroit touché des raisons exposées par l'assemblée , et de la considération des avantages qui résultoient pour l'Eglise des concessions auxquelles le Roi avoit bien voulu se prêter, qu'il écrivoit le 6 février 1682, à M. Dirois, alors à Rome (^'*) ; « Pour ce qui est de la Régale , il n'est plus ques- » tion d'en discourir. J^oiis verrez par la lettre que » nous écrivons au Pape ^ que la matière a été hiert *s) examinée^ et si je ne me trompe.^ bien entendue.... » Ce seroit être trop ennemi de la paix ^ que de re- » garder le droit du clergé comme tellement incon- » testable , quon ne veuille pas même entrer dans » de justes tempéramens , surtout dans ceux oîù » V Eglise a un si sensible avantage. Nous serions » ici bien surpris qu ayant trouvé dans le Roi tant » de facilité a les obtenir , la difficulté nous vînt

» contre Fliérésie , i\s passent ensuite au jansénisme en j) ces termes : Est-U besoin de dire jusqu'à quel point le Roi n a en horreur toutes les nou^'eautes. » ( Lettres d'Arnauld , tom. IX, page 266.)

Ou sent qu'il n'en falloit pas davantage pour exciter toute Wxwmeyxx d^ ^rnauld.On Favoit d'ailleurs instruit que Bossuet étoit très-mécontent de sa longue lettre à un évêque , où il représentoit Taffaire de la Régale comme une aiFaire capitale pour, la religion, où il falloit tout refuser sans rien accorder.

C") OEuv. de Ross. tom> xxxyii, p. 255, éd. de Vers. in-8°. Bossuet. n. Q

l'îl HISTOIRE DE BOSSUET,

» du côte de Rome , d^'où nous devoîis attendre toute » sorte de secours. »

D'après une pareille disposition , qu'on juge quel dut être l'ëtonnement de Bossuet, lorsqu'on apprit en France qu'iNNOCENT XI avcit gardé trois jours la lettre de l'assemble'e sans daigner seulement l'ouvrir, et lorsqu*on le vit faire attendre sa re'ponse trois mois entiers.

Aussi l'archevêque de Paris (M. de Harlay), en remettant cette réponse à rassemblée (séance du II avril 1682), se crut en droit de dire « qu'il es- » timoit que l'assemblée pouvoit remettre le bref ;) du Pape entre les mains des commissaires de la » Régale , afin que s'assembîant en la manière ac- » coutumée, on vît à loisir ce qu'il contenoit et ce » qu'il y avoit à faire* que l'assemblée imileroit 5) -par cette conduite celle que Sa Sainteté ai>oil » suii'ie ; quil étoit bon sur cet exemple de prendre y> tout le temps pour implorer le secours du ciel, et » se mettre en état par une prudence exempte de î) toute passion , de satisfaire a tous ses devoirs. »

Lorsqu'on relit aujourd'hui cette réponse d'IwwoCENT XI , on a peine à comprendre qu'elle ait pu être adressée à l'Eglise de France dans le temps où elle étoit la plus illustre de la catholicité par les vertus et les lumières 5 qu'elle eut pour objet une question aussi indifférente à la religion et à la morale que celle de la Régale, et qu'elle censura avec tant d'amertume la conduite d'un prince aussi religieux que Louis XIV, et à qui l'Eglise avoit tant d'obligations.

X. — Bref d'iNifoCENT XI à rassemblée de 1682 , du 1 1 avril* Le Pape commençoit par dire aux évêques :

«("^Nous avons d'abord remarque que votre lettre » éloit dictée par les sentimens de crainte dont vous » êtes animés, crainte qui ne permet jamais à de* » prêtres, lorsqu'elle les domine, d'entreprendre » avec zèle pour le bien de la religion et le main- » tien de la liberté ecclésiastique , des choses difïi- *) ciles et grandes , ou de les poursuivre avec cons-

M tance Il eut fallu vous rappeler les grands

» exemples de fermeté et de courage que les anw ciens Pères, ces évéques si saints, vous ont donnés » dans des circonstances semblables pour vous ser- » vir d'instruction, et que tant d'illustres person- » nages ont imités dans chaque âge....

» Qui d'entre vous a parlé devant le Roi pour une » cause si intéressante, si juste et si sainte?..... » Quel est celui d'entre vous qui est descendu dans » l'arène, afin de s'opposer comme un mur pour » la maison d'Israël ? Qui a eu le courage de s'ex- » poser aux traits de l'envie ? Qui a seulement » proféré une parole qui ressentît l'ancienne li- V berté? Comment n'avez-vous seulement pas dai- » gné parler pour les intérêts et l'honneur de Jesus- » Christ?

» Nous nous abstenons de rapporter ici ce que » vous nous déclarez sur les démarches que vous » avez faites auprès des magistrats séculiers. Nous » désirons que le souvenir d'un pareil procédé soit )» à jamais aboli. Nous voulons que vous effaciez i) ce récit de vos lettres , de peur qu'il ne subsiste y» dans les actes du clergé de France pour couvrir » votre nom d'un opprobre éternel. »

Le Pape finissoit sa lettre par les paroles que saint Bernard adressoit au pape El gène III , pour lui rap-

(") OEuvres deBossuet, tome yïi, p. 2i3 etsiiiy. édit. de .Vers, j/î-8**.

peler la grandeur et l'e'tendue des obligations que sa haute dignité' lui imposoit, et il disoit aux évéques de France :

« («) Si ces paroles vous avertissent du respect » et de l'obéissance que vous devez à ce saint Siège, » où Dieu, quoique indigne, nous fait présider, » elles excitent aussi notre sollicitude pastorale à » commencer enfin de remplir dans cette affaire le » devoir de notre charge , dont une patience peut- » être trop longue, mais destinée à vous donner le » temps de vous repentir, nous a fait jusqu'ici sus - » pendre l'accomplissement.

» Pressé par ces considérations, en vertu de l'au- » torité que Dieu le tout-puissant nous a confiée ? :e nous improuvons, cassons , annulions par ces pré- » sentes tout ce qui s'est fait dans votre assemblée » sur l'affaire de la Régale , ainsi que tout ce qui » s'en est ensuivi, et tout ce qu'on pourra attenter » désormais. IVous déclarons qu'on doit regarder » tous ces actes comme nuls et sans effet , quoi- » qu'étant par eux-mêmes manifestement vicieux, » nous n'eussions pas besoin d'en prononcer la nul-

» lité. »

Un pareil langage étoit fait pour étonner rassemblée , mais non pas pour l'intimider. Les résolutions qu'elle avoit prises i^une voix unanime clans l'affaire de la /?eg-«2/e, étoient si conformes aux principes et aux règles, elles étoient même si avantageuses à l'Eglise, si convenables aux sentimens du respect du au Roi et à l'intérêt de la tranquillité publique, que la conscience de tant d'évêques recommandables dut se croire exempte de reproche et d'inquiétude. Il étoit bien évident que

('^) Bref d'IsîvocEKT XI à rassemblée de 1682, du il aviilj Œuvres de Bossue t, tom. yu, j>. 218, 219 , ibid.

rautorlté que le Pape s'altribuoit, et le jugement qu'il prononçoiù dans une affaire de celle nature, e'ioient inconipaliblcs avec les maximes reçues de tout temps en France, et reconnues par le saint Sie'ge lui-même.

Sans doule l'appel interjeté par les évéques d'Alet et de Pamiers des ordonnances de leurs me'tropolitains, donnit au Pape le droit de nommer des commissaires en France pour statuer sur la validité ou sur la nullité de cet appel, mais non pas celui de jugcu' immédiatement et de son propre mouvement.

D'ailleurs la contestation avoit entièrement changé de nature et d'objet. Il ne s'agissoit plus d'une procédure particulière, dont la marche est rigoureusement tracée par des formes de droit. Une espèce de concordat solennel entre le souverain et tout l'ordre ecclésiastique de son royaume avoit tari pour jamais la source de toutes ces discussions interminables et sans cesse renaissantes; et ce concordat avoit, dans toute l'étendue de la France, rendu à la juridiction eccléfeiastique un droit dont elle éloit privée en grandepartie depuis une longue suite de siècles.

L'assemblée de 1682 avoit demandé au Pape son approbation; elle le devoit par un sentiment de respect et pour se conformer à l'esprit des canons; elle pouvoit naturellement espérer que celle approbation seroit le gage le plus sincère du retour et de l'affermissement de la paix entre le Pioi et le saint Siège ; mais elle n'avoit jamais prétendu faire dépendre la validité de ses délibérations du consentement du Pape.

Enfin le dispositif même du bref annonçoit clairement que le Pape ne connoissoit que très-impar-

i2(i E'.sTOir»)-: le bossuct,

faitement les concessions importantes que la sagesse du clergé avoit obtenues de la modération de Louis XIV j concessions qui ne laissoient plus de fondement aux griefs que l'on rcprochoit à l'exercice illimité du droit de Régale.

Le parfait concert qui régnoit entre le gouvernement et le clergé, l'esprit de paix et de soumission qui animoit tous les ordres de l'Etat, ne laissoient aucune inquiétude sur les résultats du bref d'IwNOCENT XI. L'édit de janvier 1682 sur la Re'gale recevoit déjà paisiblement son exécution; et l'on commençoit même à s'étonner qu'on eût attaché tant d'importance, et donné tant d'éclat à des discussions, qu'un moyen de conciliation aussi simple et aussi facile avoit assoupies en un moment.

Mais l'assemblée se devoit à elle-même de justifier ses résolutions et ses procédés devant ceux de qui elle tenoit ses pouvoirs. Elle voulut montrer qu'elle n'avoit ni abusé de leur confiance , ni trompé leurs espérances; et elle chargea Bossuet de rédiger une lettre adressée à tous les prélats et à tous les ecclésiastiques du royaume. Cette lettre devoit servir de réponse au bref du Pape , sans paroître blesser le respect qu'on lui portoit; et elle sauvoit l'embarras toujours pénible d'une discussion directe avec un pentife dont l'éminente dignité et les vertus personnelles commandoient les plus grands égards.

Il étoit impossible que Uossuet ne laissât pas percer dans cette lettre une vertueuse sensibilité , en repoussant les accusations si graves qu'un pape avoit portées au tribunal du public contre l'Eglise d'une grande nation. C'étoit au nom de cette Eglise que Bossuet parloit ; et son langage devoit avoir toute la dignité des sentimens qui avoient dirigé

LlVili. SIXIEME. 1^7

rassemblée, et toule la fermeté que laisse la conviction de n'avoir fait que ce que la sagesse et la raison donnent le droit de faire.

XL — Bossuet rédige le projet de la lettre de rassemblée de 1G82, aux évêques de France.

« (<ï) Nous attestons, e'crit Bossuet, le scrutateur » des cœurs , que nous ne sommes point mus par le » ressentiment d'aucune injure personnelle; car, » quoiqu'il nous ait été fort douloureux de voir un » excellent pape aigri contre nous, non-seulement » annuller d'une manière très-infamante pour nous » tout ce que , pressés du désir de procurer la paix , » nous avons fait dans l'affaire de la Begaleau grand » bien de l'Eglise; mais encore nous témoigner qu'il » a en horreur toutes nos démarches , nous re- » prendre , comme si la crainte et une indigne lâ- » cheté, nous eussent portés à trahir la liberté de » l'Eglise, la discipline hiérarchique , le salut même , » et toute la dignité et l'autorité de notre ordre; » enfin nous accuser d'avoir mis par notre conduite » la foi même en péril : reproche le plus grave qu'on. » puisse faire à des évéques; toutefois nous avons )) souffert d'un esprit tranquille des discours si mor- » tifians, parce que nous trouvons notre consolation » dans ces paroles de l'Apôtre : Le sujet de notre )) gloire , c^est le témoignage que nous rend notre » conscience

» Mais enfin quelle est cette crainte qu'on nous » reproche dès l'entrée du bref apostolique? Oui , » nous craignions que la concorde entre le sacer- » doce et l'empire étant détruite, la paix de l'E- » ghse ne fût troublée, et qu'il n'en résultât des

(** Œuvres de Bossuet, tom. vu, p. 222 etsuiv. édit. de Vers. in-d^.

laS HISTOIRE DE BOSSUET ,

» maux que nos prédécesseurs , quoique remplis de » courage, auroient appréhendés

» Que l'on prenne de là occasion de nous blâmer, » comme si nous nous étions laissés énerver par une » crainte indigne et hors de saison , et qu'après 3) nous eussions tenté d'abattre le courage du pon- » tile romain , ce procédé est trop éloigné du carac- » tcre d'iNNocENT XI, pour ne pas nous persuader » qu'il a suivi des impressions étrangères^ aussi con- » vient-il de passer légèrement sur tous ces griefs, » et de ne point nous arrêter à des propos qui » répondent mal à la dignité d'un si grand nom , et » que nous nous contentions de déplorer d'entendre » dans un bref apostohque

» Tout le monde voit clairement par le bref » même, que le conseil du Pape n'a rien tant ap- » préhendé, que ce pontife ne vînt à connoître la » vérité , et ne donnât la préférence à ceux qui lui )) proposeroient clans une affaire quiriestpas d'une » gr^ande conséquence , des avis plus justes et plus » modérés

» Malgré le peu d^ importance de l'objet dont on » dispute , qui ne sauroit entrer en comparaison y> avec ceux qui ont rapport a la juridiction , et y> dont nous avons obtenu la restitution a V Eglise , » nous nous sommes vus contraints d*en examiner » la valeur, afin que si l'affaire est poussée plus » loin, toute l'Eglise comprenne combien est lé^er w le sujet auquel une si grande contestation , celte » violente émotion des esprits, et l'attente de l'u- » nivers chrétien, doivent se rapporter

» A quoi bo?i exagérer avec tant de vivacité , » avec des expressions et des sentences si recher-^ î) cliées j l'importance prétendue de cette cause? » comment oser nous dire que le salut de l'Eglise

» et l'honneur Je Tordre episcopal en de'pendoicnt ? » que par cet accommodement^ la discipline et la » hie'rarcbie sont renversées Jusque dans leurs fon- » démens , et la foi même est en danger de se voir » alte'rëe ? Est -il donc vrai que depuis cinq cents » ans, pour ne pas remonter plus haut, l'Eglise est » dans l'oppression , et l'intégrité' de la foi exposée » aux plus grands dangers dans la majeure partie » du royaume très-chrétien? Quoil tant d'excel- » lens rois, tant de religieux défenseurs de la foi » qui nous ont précédés, si souvent loués par les » pontifes romains, ces pontifes eux-mêmes Inno- )) CENT m, Alexandre III, et une multitude d'autres )) qui ont donné leur consentement à la Régale^ » tous ces illustres personnages n'ont pas fait atlen- » tion aux maux qu'elle produisoit? Bien plus, le » concile général de Lyon , qui a maintenu la Régale » dans tous les lieux où elle étoit en usage, aura » lui-même favorisé l'erreur, et affermi par son » autorité un mal aussi préjudiciable ?.... »

Bossuet fait ensuite un raisonnement auquel il étoit difficile que la Cour de B.ome put répondre quelque chose de bien satisfaisant.

« (^)]Sious rougissons pour ceux qui n'ont pas eu » honte d'inspirer de tels sentimens au Pape, et » qui nous obligent, en passant sous silence plusieurs » autres exemples si contraires à leurs prétentions, » de rappeler au moins ici ce que Léon X , avec » l'approbation du concile de Latran, enleva aux » Eglises gallicanes , et ce qu'il conféra à nos rois. » Eh quoi! après a^oir soumis à leur puissance les » plus grandes dignités de l^ Eglise, on disputera » pour quelques canonicats 1 il n'y aura pas lieu à

i") OEuvres ils BossuQt, tom. yii, p. 23o, ibiJ.

1 3o HISTOIRE DE BOSSUET ,

» accommodement, et pour un si mince sujet, on » fera à un grand prince, si bienfaisant envers l'E- » glise , des menaces que nous avons horreur de

)) rapporter!

» C") Cependant on nous de'cliire par les accusa- » tions les plus atroces^ tandis qu'on relève le cou- » rage de nos prédécesseurs; on se sert des louan- » ges qu'on leur donne pour nous accabler de » reproches; et comme s'il eut fallu les louer pour » nous décrier plus efficacement , on cherche moins » à les rendre illustres et recommandables, qu'à » nous piquer par l'éclat de leur gloire, et qu'à » nous déprimer en les exaltant. Plus ces discours » sont opposés à la dignité du pontife et à l'esprit •n d'iNNOCENT XI, plus aussi ceux qui se sont auto- 5) risés d'un nom si vénérable pour les écrire , ont-ils w pécîié contre lui; et ce n'est pas nous qu'ils ont

» offensés eiissioiis-îious J'aie sagement et ajnbi^

n tionner la gloire que le courage donne ^ et de » négliger ce que mérite la -prudence^ sans nous » mettre en peine de procurer le bien de l'Eglise , » lorsque nous en aurions l'occasion ?

» [p) Il est des circonstances où il faut prendre » conseil de la nécessité ; et dans les grandes af- » faires , on ne néglige jamais impunément les r> temps opportuns et les occasio. s favorables.

» Yous voyez donc ce qu'il faut penser de ce T) bref, combien il est nul par lui-même, puisqu'il » suffit de prouver qu'on a non-S(mlement déguisé, » mais encore entièrement celé à cet excellent » pontife les principaux moyens de la cause et » toute la suite des faits

(«0 OEuur. Je Bossuetj tom. yii, p. 240 et suiv-, ibid. — (') Ibicl. p. 245, 248.

» («) Nous desirons ardemment quim courage » si intrépide se réserve pour des occasions plus » importantes , et quun pontificat aussi recomy* mandahle , dont on doit attendre de si grandes » choses, ne soit pas entièrement occupé d'une afy> faire trop peu digne d'une aussi forte application. » On trouve dans cette même lettre de Bossuet celte réflexion aussi juste que consolante , et qui doit, au milieu des plus grandes crises et des plus violentes tempêtes, être sans cesse présente à la pensée de tous les amis de la religion , soutenir leur courage, et les empêcher de s'abandonner à des conjectures trop sinistres. « C'est Dieu qui a réglé » toutes choses ; il dispose à son gré des événemens ; î) il tient dans sa main le cœur des rois ; c'est lui » aussi qui abaisse et qui relève , et qui commande » à son Eglise de ne jamais perdre confiance , maïs » de s'avancer toujours en espérant contre toute » espérance, n

Bossuet finit par adresser au Pape les mêmes paroles que saint Trénée adressoit à l'un de ses prédécesseurs : « l'Eglise^ écrivoit saint Irénée à saint » Victor, est déchirée, non -seulement par ceux » qui veulent opiniâtrement faire prévaloir le mal , » mais encore par ceux qui usent de trop de rigueur )) pour établir le bien. »

Cette lettre, rédigée par Bossuet, en conformité des intentions de l'assemblée de 1682, ne fut point envoyée aux évéques de France ; l'assemblée reçut ordre de se séparer, avant qu'il lui eut rendu compte de l'exécution de la commission dont elle l'avoit chargé; elle étoit même restée inconnue au pubhc; elle a paru pour la première fois en 1778, dans l'édirion des OEuvres de Bossuet publiée par ^") OEuvres de Bossuet, tom. yii. p. 249, ilfid.

D. Dëforis. « («)Les éditeurs la trouvèrent parmi ses )) manuscrits écrite toute entière de sa main , et » d'une écriture qui a demandé beaucoup d'appll- V cation pour être déchiffrée. Il suffit^ ajoutent-ils , y) de la comparer ai>ec la lettre de l'assemblée au » Pape , pour juger que l'une et l'autre sont sorties » de la même plume. »

Si Bossuet avoit été aussi étonné qu'affligé du Lref d'Innocent XI à l'assemblée, c'étoit moins par les obstacles qu'il pouvoit apporter à la conclusion d'un arrangement déjà décidé et consommé, que parce qu'il donnoit la mesure du degré d'irritation où. l'on étoit à Rome à l'égard de la France.

Il est en effet assez vraisemblable que la première résolution du Pape avoit été de ne pas répondre à la lettre de l'assemblée; trois mois s'étoient écoules depuis qu'il l'avoit reçue^ et il est certain que, quelque extraordinaire que pût paroître un tel silence, iléloit encore moins choquant qu'une telle réponse.

Mais dans l'intervalle , l'assemblée de 1682 \enoit de proclamer les quatre articles dans sa séance du 19 marsj et cette nouvelle, portée à Rome, avoit exciLe dans les conseils du Pape un ressentiment, dont il étoit facile de retrouver l'impression dans le bref du 1 1 avril.

Ce fut alors qu'on dut s'applaudir plus que JaîTiais , d'avoir eu Bossuet pour interprète de l'Eglise gallicane; lui seul, dans des circonstances aussi difficiles , pouvoit replacer les bornes antiques et immuables où dévoient s'arrêter toutes les opinions.

Bossuet ne se dissimuloit pas que les menaces

qu'iNNocENT XI s'étoit permises envers Louis XIV,

rendoient indispensables les mesures de force et de

sagesse que commandoient un si grand inléret et

(") Tome XX des OEuvr^s ik Bossuet, 1778, p. Soq.

un devoir si sacre; il t'alloit, puisqu'il en ëtoit encore temps, éclairer les conseils du Pape sur 1 irrégularité de leurs procédés , et les avertir que les simples maximes de l'Eglise gallicane sulTisoieiit pourrepousserdes attaques injustes et impuissantes. Mais ces maximes dévoient être exprimées avec tant d'exactitude et de dignité, qu'elles pussent obtenir en France et même dans l'Europe l'assentiment de tous les esprits éclairés. Elles dévoient même respecter jusqu'à un certain point les préjugés des autres nations, en se renfermant dans les justes limites que l'Eglise n'a pas cru devoir excéder, et c'étoit la qu'étoit la grande difficulté.

XII. — Disposition du gouvernement et de rassemblée sur la Déclaration de la puissance ecclésiasticjue.

Ce n'étoit pas sans raison que Bossuet avoit d'abord conçu les plus vives inquiétudes, en observant l'agitation des esprits et les dispositions du gouvernement. Ce qu'il pensoit à cet égard , nous a été conservé dans les manuscrits de l'abbé Ledieu , dont nous allons transcrire le récit :

« <^^) Dans notre voyage de Meaux à Paris , on » parla de l'assemblée de i68i. Je demandai à » M. de Meaux qui lui avoit inspiré le dessein des y> propositions du clergé sur la puissance de l'E- » glise ; il me dit que M. Colbert ^ alors ministre » et secrétaire d'Etat, en étoit véritablement l'au- » leur, et que lui seul j avoit déterminé le Pioi. » M. Colberi prétendoit que la division que Ton )) avoit avec Rome sur la Régale étoit la vraie oc- » casion de renouveler la doctrine de France sur y> l'usage de la puissance des papes ; que dans un » temps de paix et de concorde , le désir de couser-

("} Journal de Ledieu, sous la date du 19 janvier 1700.

î34 HISTOIRE DE BOSSUET,

» ver la bonne intelligence, et la crainte de paroi ire » être le premier à rompre l'union, empécheroit » une telle décision , et qu'il attira le Roi à son avis » par cette raison contre M. Le Tellicr, aussi mi- » iiistre et secrétaire d'Etat, qui avoit eu, ainsi » que l'archevêque de Rlieims son liis, les premiers, » cette pensée , et qui ensuite l'avoient abandonnée 5) par la crainte des suites et des diflicultés. y>

Ces détails sont conformes rt«jr notes inanuscrites de l'abbé Fleury, qui ont été publiées en 1807 (0. Il est vraisemblable qu'il tcnoit ces mêmes faits de Bossuet, avec qui il passoit sa vie. Cç n'étoient pas les dispositions du ^gouvernement que Bossuet redoutoit le plus. Il étoit facile de le calmer sur l'exagération de ses inquiétudes , de l'éclairer sur ses propres intérêts, et de le satisfaire sur les justes demandes qu'il avoit droit de former pour assurer l'honneur de la majesté royale, et la tranquillité de l'Etat.

Ce n'éloit pas même encore la complaisance, peut-être excessive, de quelques évêques, que leur caractère doux et timide et l'amour du repos pouvoient rendre trop accessibles à la crainte de déplr^ire. Il étoit possible de les fixer dans une juste mesure entre le devoir et l'honneur, en les rappelant à leurs sermens envers l'Eglise et envers le Roi.

Mais les plus grandes diflicultés pouvoient venir de plusieurs évêques très-vertueux, très-éclairés , sincèrement attachés à la religion , à l'Eglise et à l'Etat, mais que le mouvement des esprits pouvoit entraîner à des mesures extrêmes, qu'ils seroient peut-être les premiers à regretter d'avoir

(0 Nous avions déjà trouvé une copie de ces mêmes noies parmi les papiers qui nous ont été remis, et (pie les éditeur,'; de 'Bossuet avoient rvunis pour la collection de ses OEiwrts.

prises, et dont ils auroicnt à déplorer trop tard les suites funestes et irréparables.

Ce fut la difllculté de ramener ou de combattre tant desenlimens opposés, d'éluder ou de prévenir tant de dangers, qui détermina Bossuet à établir d'abord dans son discours (Coin>erlure les véritables principes de l'ancienne doctrine de l'Eglise universelle, et de celle de l'Eglise gallicane en particulier. Ce fut par cette sage et inquiète prévoyance qu'il s'attacha à consacrer dans la forme la plus solennelle la primauté an siège apostolique et Yindéfectibilité àe l'Eglise romaine.

Si on lit en effet avec attention ce discours , on verra qu'il n'est que le développement de la doctrine que Bossuet a exposée depuis dans les quatre articles avec tant de précision, d'exactitude et de dignité.

11 paroît par une de ses lettres à M. Birois, qui date des premiers temps de l'assemblée (^) , qu'il s'étoit flatté qu'on pourroit encore éviter de prononcer des décisions difficiles et délicates : une profonde connoissance de l'histoire ecclésiastique l'avoit convaincu qu'il est m.alaisé et souvent impossible de porter dans ces sortes de décisions cette certitude et celte évidence qui ne laissent aucune ouverture aux. contradictions des esprits ombrageux. Bossuet lui écrivoit :

« Jti s crois assez d^'nvis quon n entamât point ï» de matières conlentieuses ; je ne sais si tout le » monde sera du même scTitiment. I^Jais quoi quil » en soit . f espère quUne sortira rien de fassem- •Si kle'e que de modéré et de mesuré. »

Il paroissoit conserver encore la même espérance

C"; 29 Décembre 1681 5 QEufres de Bossuet^ tom. xxxvn , p. 2\f); éd. de Vers. i>i-3^.

un mois après. 11 écrivoit le 26 janvier 1682 au même M. Dirois: « Je ne vous parle plus des y> affaires de la Régale, ni des résolutions de no- » ire assemblée qui sont publiques ; je souhaite que y> dans les autres affaires , nous ne dojinions point » lieu h de nouvelles difficultés , et c^'est à quoi tous » les gens de bien doivent s'appliquer. »

L'abbé Fleury, en rapportant les mêmes détails dans ses notes , fait apercevoir de la part de Bossuet une répugnance encore plus marquée à laisser entrer l'assemblée dans ce vaste champ de discussions oii elle pouvoit s'égarer.

Il paroissoit croire («) que la manière dont il s'étoit exprimé sur l'autorité du Pape dans son Exposition, pouvoit suffire pour écarter toute interprétation odieuse, et même pour la réconcilier avec les ennemis du saint Siège.

C'étoit par cette raison, suivant l'abbé Fleury, que Bossuet proposoit d'examiner toute la tradition ^ pour laisser aux esprits le temps de se calmer et la liberté de considérer celte grande question sous tous les points de vue qu'elle pouvoit présenter.

La position personnelle de Bossuet dans l'assemblée ajoutoit encore aux embarras et à l'espèce d'indécision qu'il éprouvoit. Elle l'avoit nommé avec l'évêque de Tournai (^) , membre de la commission qui devoit préparer les résolutions de l'assemblée. C'étoit à ces deux prélats qu'elle avoit confié l'honneur d'être ses interprètes en présence de l'Eglise et de l'Europe atlenlivcs. C'étoit d'eux qu'elle alloit recevoir cette déclaration attendue avec tant d'impatience , et qui devoit former une époque dans les annales de l'Eglise gallicane.

("'> Notes manuscrites de Tleury. — (.'') Gilbert Je Choiseul- Praslin.

LTvni: sixikmï:. 187

L'éveque de Tournai étoit l'ancien de Bossuet dans l'cpiscopat; et en cette qualité, il présidoit la commission. Ce titre et son me'rite personnel dévoient nécessairement lui donner une grande influence dans le travail et sur la décision.

D'ailleurs Rossuet étoit lié d'estime et d'amitië avec ce prélat. Il le regardoit avec raison comme l'un des évoques qui honoroient le plus l'Eglise gallicane, dans un temps où elle comptoit un si grand nombre d'éveques aussi distingués.

Mais dans une affaire dont les suites étoient si importantes, et pouvoient devenir si inquiétantes, Bossuet croyoit devoir s'élever au-dessus de toutes les considérations d'amilié et des égards de société.

Il rejeloit^ comme l'évéque de Tournai, l'mfaillibilité an Pape ; mais il n'en étoit pas de même de Yindefectibilité àvL saint Siège, que Bossuet regardoit comme un point de dogme fondé sur les Ecritures mêmes.

Il établissoil la différence de Y infaillibilité du Pape d'avec Vindéjectibilité au saint Siège, sur ce qu'en supposant même qu'un pape vînt à errer, son erreur ne prendroit point racine dans son Si«ge, et seroit, suivant la doctrine du concile de Constance, réprimée et condamnée par l'Eglise assemblée , et qu'en supposant encore « que le y> siège de Rome errât sur la foi, ce ne seroit pas w obstination et opiniâtreté. Les autres Eglises la » ramèneroient bientôt au sentier de la foi. Aussi- » tôt qu'il s'apercevroit qu'il erre, il rejetteroit » l'erreur; d'où il résulte que s'il lui arrive peut- » être quelquefois d'errer sans mauvaise intention, » cependant il ne lui arrivera jamais de tomber » dans le schisme et l'iiérésie. »

l38 inSTOISt DU ROSSIJET,

XIII. — Bossuet est chargé de Téàigèrla. Déclaration duclergé.

L'évéque de Tournai ne se montra pas d'abord aussi favorable à rififlcfectibiàié du saint Siège : et après une discussion assez anime'e qu'il eut avec Bossuet sur cette question, il se détermina à se de'sister de la commission que l'assemblée lui avoit donnée , de rédiger la déclaration des sentimens du clergé de France^ et ce fut Bossuet qui en fut chargé.

Il s'attacha à la fonder sur les principes qu'il avoit exposés dans le discours d^ ouverture.

Bossuet ne pouvoit plus différer d'obéir au mouvement imprimé à l'assemblée par de nouveaux ordres du Roi, que M. de Colhert et l'archevêque de Paris avoient provoqués. Le Roi demandoit une décision; mais Bossuet fut moins eft'rayé des dangers et des conséquences qu'il en avoit redoutés, dès qu'il se vit le maître de donner à l'expression des sentimens de l'Eglise gallicane, la dignité, la mesure et l'exactitude que demaudoit une de'^ claration qui alloit être exposée à l'examen de toute l'Europe chrétienne : il savoit d'avance que cette déclaration devoit fixera jamais les rapports de l'ordre religieux et politique, ainsi que les principes du gouvernement ecclésiastique.

On peut présumer par un mémoire ^ que le sieur Cocquelin , promoteur, lut dans la séance du 26 novembre iCiBi , que la première intention de l'assemblée avoit été de se borner à changer en une décision de l'Eglise gallicane , les six articles que la Faculté de théologie de Paris avoit publiés en i663 sous la forme d'un jugement doctrinal, et de donner seulement à quelques-uns de ces articles une expression plus précise et plus déterminée. Mais Bossuet pensa que la forme de ces articles qui convenoit au jugement doctrinal d'une

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