LIVRE si\ii:mf
Faculté de théologie, u'avoil pas celle dignllé , celte majesté qui doit accompagner les paroles et les déclarations d'une assemblée d'évêques que leur caractère a investis du droit de prononcer avec autorité sur la doctrine, les mœurs et la discipline. D'ailleurs, dans quelques-uns de ces articles, la Faculté de théologie de Paris avoit paru flotter dans une espèce d'indécision qui ne pouvoit plus convenir aux circonstances actuelles.
Dans les assemblées particulières qui se tinrent à l'archevêché, Bossuet eut à lutter contre plusieurs de ses collègues , qui paroissoient craindre qu'il ne donnât trop d'étendue aux prérogatives du Siège apostolique. L'archevêque de Paris (Harlay ) , ^ui étoit alors très-exaspéré contre le Pape, paroissoit souvent contrarier ses vues sages et mo» dérées. Il y eut, suivant l'abbé Fleury, beaucoup de disputes au sujet de la rédaction des articles ! et le procès-verbal de l'assemblée semble en effet indiquer que ces discussions traînèrent long-temps en longueur, puisque la commission ne fit son rapport que le 17 mars 1682, plus de quatre mois après l'ouverture de ses séances.
« («) L'abbé Ledieu nous apprend que Bossuet 9 présenta d'abord à la commission le préambule y> qui précède les quatre articles, et que cepre'am- » bule fut unanimement approuvé. Il soumit en- » suite à la commission quatre projets cVarticles » en style des canons des anciens conciles, établis- » sant par l'Evangile la foi de la primauté et de » la supériorité du Pape et de l'indéfectibilité de » l'Eglise romaine. De ces quatre projets , la com- » mission adopta celui qui est devenu si célèbre sous » le titre des quatre articles du clergé de France ï
C«) Mts. de Ltdieu.
l4o HISTOIRE DE BOSSUET,
» et ce projet passa, contre l'avis de l'archevêque » de Paris, qui ne vouloit pas qu'on parlât ni de la » primauté du Pape, ni de sa supériorité. »
Il est malheureux que l'abbé Ledieu ne nous ait point conservé les trois autres projets, et que nous n'ayons pu en retrouver aucune trace parmi les papiers qui nous ont été confiés. Cependant il est peu vraisemblable qu'ils eussent offert des différences très-nolabies avec celui qui fut adopté. On y auroit observé avec un grand intérêt la variété des expressions dont il croy oit pouvoir se servir, pour énoncer les mêmes principes, les mêmes maximes, les mêmes sentimensj et ce qui ne permet pas de douter que ces principes et ces maximes ne fussent absolument les mêmes, c'est qu'on retrouve dans les quatre articles toute la doctrine du sermon de l'ouverture de l'assemblée sur l'unité de l'Eglise, et qu'il n'est jamais arrivé à Bossuet d'être en contradiction avec lui-même dans aucun de ses écrits.