LIVRE CINQUIEME. II
naiild trouvait cette dissertation admirable , et surtout le dernier chapitre , qui traite de l'usage que l'on peut/aire des psaumes dans tous les états de la vie.
Bossuet distingue différentes sortes de psaumes; les psaumes moraux^ qui contiennent des exhortations, des reproches, des préceptes, des conseils. Les déprécatifs , qui ont pour objet d'implorer la miséricorde et les grâces de la bouté divine j les historiques et les prophétiques.
Les prophétiques sont de deux genres; les uns, purement prophétiques , doivent s'entendre immédiatement de Jésus-Christ; les autres ne se rapportent que médiatement au Messie, et ce sont ceux oîi le prophète dit lui-même des choses, qui ne peuvent avoir leur juste application et un sens parfait , qu'en remontant à Jésus-Christ figuré dans le psaume.
Quoique les différentes versions reçues dans l'Eglise varient beaucoup entre elles , elles s'accordent parfaitement avec le texte original sur le fond du dogme et de la morale. Le concile de Trente, en déclarant la Vulgate authentique, n*a point interdit aux commentateurs la liberté de consulter le texte original. Lorsqu'ils ont recours à l'hébreu , ce n'est pas pour y chercher des articles de foi inconnus, mais pour éclaircir et confirmer la vérité déjà professée, ou pour découvrir des sens plus relevés , plus propres ^ plus analogues à la lettre.
Bossuet établit en principe que les titres des psaumes , destinés à nous en apprendre l'occasion et le sujet, ont élé inspirés par le même esprit qui a inspiré les psaumes j qu'ils en soQt comme ]3^
clet", et il a appuyé son opinion sur les te'moignages de toute la tradition.
Quant aux auteurs des psaumes, il juge plus raisonnable de dire qu'ils n'ont pas tous été composés par David , quoiqu'il en soit le principal auteur. Mais il croit qu'il est assez indiflerent qu'on les attribue tous à David, ou qu'on soutienne qu'ils sont de diUérens auteurs, puisque leur autorité ne vient ni de David, ni de tout autre, mais de l'Esprit saint qui les a inspirés.
Les notes que Bossue t a ajoutées aux psaumes pour en faciliter l'intelligence, sont courtes, mais judicieuses et exactes. Il y a surtout évité un vain étalage d'érudition , l'ambition d'y trouver des sens éloignés et cachés , et la manie de hasarder des interprétations vaines ou imaginaires.
Il a placé à côté de la vulgate la version des psaumes que saint Jérôme a travaillée avec tant de soin, et que l'Eglise latine auroit adoptée, comme elle a adopté la version que ce Père a faite des autres parties de l'Ecriture , si les peuples des Eglises d'Occident n'eussent pas déjà été accoutumés à l'ancienne version italique.
Léabbé de Longuerue y qui, avec tout l'orgueil d'une vaste érudition, avoit un caractère tranchant, s'exprime avec assez de légèreté sur ce travail de Bossuet. Mais Arnauld, juge plus compétent dans une pareille matière, en avoit une opinion bien différente. Après avoir fait l'éloge de \^ dissertation préliminaire , il ajoute : « (.") Ce » qui m'en a plu davantage, est le moyen qu'a » trouvé M. de Meaux d'expliquer les psaumes ■» selon l'hébreu, sans dire qu'il le faisoit C'a
',") Lettre du 5 jiiin 1691.