‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 69 sur 120 · LIVRE StPTltrJF. 21 t · texte numérisé non relu

LIVRE StPTltrJF. 21 t

suet qu'il l'ut autorise à faire imprimer par uq privilège spécial daté de 1708, et il parut pour la première fois dans les OEuvres posthumes ^ eu

Au reste. Bossuet pensoit que l'Eglise pourroit sans inconvénient accorder Viisagc du calice aux laïques, dans les pays où cet acte de condescendance deviendroit un moyen de faciliter la réunion des Protestans. Inflexible sur tout ce qui intéressoitla pureté du dogme, Bossuet étoit toujours disposé à adopter sur la discipline tous les tempéramens que la sagesse , le bien de la paix et l'intérêt de la religion paroissoient demander. Le concile de Trente avoit déjà suffisamment indiqué le véritable esprit de l'Eglise sur celte matière , en autorisant par un décret formel le pape Pie If^ à accorder l'usage du calice pour faire cesser le schisme qui désoloit l'Allemagne.

y\. — Bossuet est favorable à la communion sous les deux espèces en certains cas.

Appuyé sur une telle autorité , Bossuet écrivoit au père Mabillon, qui se trouvoit à Pxome : « («' A » ce propos , il me vient dans l'esprit qu'il y au- » rolt une chose qui pourroit beaucoup , selon y> toutes les nouvelles que nous recevons , faciliter » le retour de l'Angleterre et de l'Ailemas^ne. Ce » seroit le rétablissement de la coupe. Elle fut 5) rendue par le pape Pie 11^ dans l'Autriche et » dans la Bavière. Mais le remède n'eut pas grand » eâfet, parce que \%i esprits étoieut encore trop » échauties. La même chose accordée dans un

^'»"' Lettre de Bossuet au père Mshillon, 12 août i685; OEui'res de Bossuet, tom. ixxvii, p. 307, éd. de Vers, inS^.

» temps plus favorable, comme celui -ci, où tout » paroît ébranlé, réussiroil mieux. Ne pourriez- » vous pas en jeter quelques paroles, et sonder )) un peu les sentimeus là-dessus. Je crois, pour » moi , que par cette condescendance , où il n'y a » nul inconvénient qu'on ne puisse espérer de vaincre » après un usage de treize cents ans , on verroit la » ruine entière de l'hérésie. Déjà la plupart de nos » Huguenots s'en expliquent hautement. ... »

Aussitôt que Bossuet eut fait imprimer la relation de sa Conférence avec le ministre Claude , et son Traite' de la Communion sous les deux espèces , il se consacra entièrement à l'administration de son diocèse.

YII. — • Séminaire de Meaux.

Le séminaire de Meaux fut le premier objet de ses soins et de son intérêt paternel. Il savoit que c'étoit sur ces utiles et estimables institutions , encore si récentes en France , que reposoient toutes les espérances de l'Eglise; et que c'étoit de l'esprit de cette éducation première que dépendoit en grande partie le salut des peuples confiés h. ses soins.

Ce qu'il recommandoit le plus aux supérieurs de son séminaire, c'étoit d'accoutumer de bonne heure leurs élèves à parler en public, parce que le ministère de la parole est le véritable ministère évangélique que Jésus-Christ a laissé à son Eglise pour l'instruction des peuples.

C'étoit également ce qu'il recommandoit avec encore plus de force aux curés de son diocèse , lorsqu'd les réunissoit tous les ans dans ses synodes. Il les exhortoit à ne point rechercher avec affec-

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