LIVRE SEPTIEME
campagne cle Gennigny («). 11 se rcndoit même souvent à celles des autres cantons du diocèse , sans autre motif que d'aller y présider, régler le travail des curés, et s'établir en quelque sorte le guide et le directeur de leurs études.
Ce qui étoit alors bien remarquable en Bossuet , c'étoit la simplicité qu'il montroit dans la réunion de ces différentes portions de son clergé répandues dans les campagnes , et loin du commerce des hommes. Il encourageoit ceux qui parloient, pour exciter les autres à s'exercer à parler en public avec facilité. Dans ces occasions, il ne laissoit apercevoir que la simplicité évangélique. 11 leur iraçoit par le langage familier et populaire qu'il adoptoit, le modèle de celui dont ils dévoient eux-miêmes se servir pour parler à des hommes simples et ignorans.
Après avoir entendu la discussion des différentes matières, qui formoient l'objet de la conférence, Bossuet prononçoit lui-même sa décisioû sur les questions difficiles, douteuses, ou importantes.
On a conservé long - temps dans le diocèse de Meaux le souvenir de la décision que donna Bossuet sur un point très -important de la discipline ecclésiastique.
(*) C'étoit dans la paroisse de Ravoy, prieuré, dont les Pères de l'Oratoire étoient titulaires. On y traitoit de la question de la pluralité des bénéfices. Elle fut examinée et discutée en présence de Bossuet. On la résolut par l'autorité des canons. Il loua la décision, la confirma, et l'appuya par de nouvelles preuves. Cependarrt l'abbaye de Saint- Lucien, et deux prieurés (0 qu'il possédoit
(«) Mts. de Ledieu. — (*) Ihid.
(*) Le prieuré du Plessis-Grimaux et cekii de Gassicourt, d'im revenu assez médiocre.
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avec son evéclié de Meaux , formoient contre loiniçme une objection très- naturelle. Il sentit bien qu'elle se présentoit involontairement à la pensée Je tous ceux qui venoient d'entendre sa décision. Il ne chercha ni à la dissimuler, ni à raffoiblir. Il prit la parole , et déclarahautement que sa conduite personnelle sembloit démentir les maximes qu'il venoit d'établir et de consacrer si solennellement. « («) Il exposa ingénument les raisons qui le por- » toient à présumer qu'il étoit dans le cas d'une lé- » gitime dispense; qu'il se trouvoit chargé par une » disposition marquée de la Providence, de l'instruc- ,) lion d'un grand nombre de Proteslans, qui s'a- ';) dressoient à lui non-seulement en France, mais de )) toutes les parties de l'Europe : que dans ce grand î) nombre, il se trouvoit beaucoup de ministres; qu'il V étoit non - seulement obligé de les recevoir chez » lui pour leur donner une retraite, mais encore 3) de leur donner des secours, sans lesquels ils se- » roient exposés h des regrets ou à des séductions , 3) dont la charité vouîoit qu'on les garantît; qu'il » falioit aider des fugitifs, qui demandoient à re- » venir dans le royaume, et à qui tous les moyens » manquoient , parce qu'ils avoient perdu leurs î) biens en abandonnant leur patrie, et qu'ils rey> nonçoient aux avantages qu'ils trouvoient et qu'ils » pouvoient espérer dans les pays étrangers; que » c'étoient quelquefois des familles entières, dont il » faîloit faciliter le retour, et qu'il étoit nécessaire •)•> encore défaire subsister, jusqu'à ce qu'ils pussent, )) ou rentrer dans leurs biens, ou obtenir des bien- » faits du Roi ; que les revenus de son évéché , ne » le mettant point en état de subvenir à tant de ?> nécessités, il avoit cru pouvoir profiter de la res- V*) Mis. rie Le dieu.
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M source que lui meltoient en main des Lc'ne'fices , T> dont il consacroit les revenus à l'usage le plus utile » à l'Eglise, et àl'œuvre de cliarile'la plus pressante.» Bossuet ij'avoit assurément pas besoin d'une pareille apologie. Sa conduite publique et privée le justifioit assez aux yeux de toute l'Eglise. Personne n'ignoroit en France, et même dans toute l'Europe, que Germigny étoit un asile toujours ouvert, et presque toujours rempli de ministres, ou de Protestans distingués, qui venoient puiser dans les lumières de ce grand homme la solution de leurs doutes, et dans sa géaérosité, les secours que leur situa-, tion rendoit indispensables (0.