LIVRE CI^QUlàME. i
toienl des règles de la foi en rejetant les sentiraens des Pères. Bossuet a suivi à peu près le même plan qu'il avoit adopté pour l'explication des psaumes. Il a également fait usage des différentes versions propres à développer le texte , et il s'est principalement servi des traductions de saint Jérôme (0.
(i) Les Commentaires de Bossuet sur les psaumes et snr les livres sapientiaux sont les seuls c{u'on ait pu réunir. Cependant il paroit par sa lettre à son chapitre, quil avoit dessein de commenter les Prophètes et tous les autres livres de Yancien Testament. Les notes manuscrites de Tabbé Ledieu le confirment également \ il existe même quelques //-^j"^niens informes , qui ne permettent pas de douter qu il ne se soit occupé de ce travail. Indépendamment de ces fi'agviens , on voit par le privilège obtenu en 1727 par févèque de Troyes, pour la publication des ouvrages posthumes de son oncle, qu'il y est question dVn manuscrit de Bossuet portant pour titre : JXoice in libros Genesis et Prophetariim. On voit aussi dans le catalogue des livres de M. Lepeletier Desforts , ministre d'Etat, imprimé en 174^5 ^m ^nanuscrit portant pour titre : Jacohi-Benigni Bossuet Notœ
et Commentaria in libros Genesis, in Exodum in Isauirn
et prophetas , in-4'*. H est vraisemblable que ce munuscrit 'étoit passé à M. Lepeletier , contrôleur-général, son oncle, qui Tavoit reçu de Tabbé Fleury, avec lequel il étoit fort lié, et qui avoit eu part au travail de Bossuet sur VEcritui'e sainte.
Ce manuscrit , à la vente de M. Lepeletier Desforts , fut acquis par M. Barrois , libraire, qui le revendit à M. de Mazaugues , président au parlement d'Aix. Après la mort de M. de Mazaugues , Pévêque de Carpentras fit l'acquisition de la pliis grande partie de ses lii^res, et de ses manuscrits, pour former dans sa ville épiscopale une bibliothèque publique. On y fit inutilement des recherches, il y a plus de soixante ans, pour retrouver ce manuscrit. On apprit seulement que l'évèque de Carpentras avoit donné au pape Benoit XIV plusieurs manuscrits de sa bibliothèque , et qr»e
ï6 HISTOIRE DE BOSSUEf ,
Tout ce que Bossuet faisoit par lui-même pour la religion et les sciences, ne suffisoit pas à son zèle. Il dirigeoit encore par ses conse Is et ses lumières un des plus beaux monumens que la science et la piété aient e'ievés en Tlionneur de la religion et de l'Eglise.
« Il paroît constant, dit une note manuscrite » que nous avons sous les yeux, que Bossuet a eu » une très-grande part aux ouvrages de l'abbé » Fleury , et particulièrement à ses deux premiers » Discours sur Vhisloire ecclésiastique. L'abbé » Fleury et lui avoient leurs rendez -vous ordi- » naires dans le Bosquet des fables d'Esope , qui » éloit alors le seul des jardins de Versailles qui » fut fermé au public, et dont on leur avoit donné » une clef. L'abbé Fleury appoitoit toujours avec » lui dans ces promenades une écritoire et du pa— » pier, pour prendre note de tout ce que lui disoit » Bossuet sur le travail qui l'occupoit. »
Bossuet éloit encore précepteur de M^"" le Dauphin , lorsqu'il eut avec le ministre Claude cette célèbre conférence qui fit tant d'éclat en France et dans les pays étrangers, et qui contribua à décider un grand nombre de Protestans à se réunir à l'Eglise romaine; elle peut encore aujourd'hui mériter l'attention par l'idée qu'elle donne de l'intérêt général qu'on attachoit alors aux affaires de la religion.
Mademoiselle de Duras y dame d'atours de Ma-
celui-ci pouYoit être du nombre. On poussa en conséquence les recherches jusqu''à Rome et jusqu'à Bologne, dans la bibliothèque des Pères de f Oratoire de celle dernière ville, à qui Benoit XJV avoit légué tous ses manuscrits et tous svs Uyies. Mais tant de recherches ont été infructueuses.