LIVRE CINQVILME. Ij
»AME ('0 ^ et sœur de la comtesse de Roye et des luaréchaux de Duras et de Lorges , avoit été élevée dans la religion protestante par sa mère, sœur de M. de Tiirenne. La conversion de ce grand Iiomnie^ à qui elle appartenoit de si prèsjl'avoit déjà disposée à écouter avec moins de prévention les témoignages, les raisons, et les explications des défenseurs de l'Eglise romaine. Mais la crainte d'affliger une mère qu'elle chérissoit avec tendresse, combattoit le penchant qui la ramenoit à une religion que ses ancêtres avoient professée pendant tant de siècles. Cependant une lecture attentive et continuelle de Y Exposition de Bossuet acheva de la désabuser des préjugés de son éducation; et sans en convenir encore , elle étoit déjà dans le secret de son ame disciple de Bossuet. Enfin, elle exprima le désir d'éclaircir quelques difficultés qui agiloient encore son esprit. Le choix du moyen qu'elle adopta pour arriver à la vérité qu'elle cherchoit, montroit sa bonne foi et cette rectitude de jugement qui veut tout accorder à la conviction , et rien à des préjugés anciens ou nouveaux. Elle voulut entendre elle-même dans une discussion paisible et réglée les deux hommes de son temps que l'Eglise romaine et la comnmnion protestante présentoient comme les plus habiles interprèles de leur doctrine.