‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 81 sur 120 · LIVRE SEPTlÈlVIF. Îî3l · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTlÈlVIF. Îî3l

tavoit s'abaisser quand il le falloit, pour se mettre à la portée de toutes les classes, de toutes les conditions, de tous les âges, et parler aux enfans mènies lîne langue accessible U leur foible intelligence. C'est ce qu'on peut observer dans le Catéchisme qu'il donna au diocèse de Meaux (").

Un catéchisme est peut-être, dans la science de la théologie , l'ouvrage le plus difficile et le plus important que le zèle et l'amour de la religion puissent inspirer. 11 doit réunir au degré le plus éraineut la précision ,1a clarté, l'exactitude. Il ne doit pas offrir un seul mot inutile, indifférent ou équivoque. Il exige une connoissance profonde de la doctrine et de l'histoire de l'Eglise, puisée dans les sources les plus pures et les plus antiques.

Le théologien le plus consommé dans l'étude de l'Ecriture, des Pères, des conciles et des docteurs qui ont écrit sur le dogme , doit en quelque sorte se méfier de ses connoissances mêmes. Il doit se défendre, pour ainsi dire, d'un zèle exagéré pour la pureté de la doctrine. Il doit éviter de laisser apercevoir sa préférence personnelle pour des opinions qu'il croit plus exactes, on son opposition à des sentimens qu'il juge suspects ou dangereux. Un catéchisme ne doit exposer que les principes généralement admis par toute l'Eglise catholique , comme fondemens de la foi. On doit en écarter toutes les questions abandonnées à la liberté des écoles , ou qui ne sont pas d'une nécessité immédiate pour le salut. Mais en même temps tout ce qui est nécessaire au salut doit être compris dans ce code abrégé de toutes les lois de Dieu et de l'Eglise. Enfin ce code si important dans l'ordre des rapports de Dïqw

(i) OEui^r, de Bossuet, tom. yi, éd. de Vers. in-So.

a32 HISTOIRE DE BOSSUET ,

avec l'homme et de l'homme avec Dieu, doit être exprimé dans un langage si simple, et se présenter sous une forme si facile et si naturelle, qu'il puisse se graver sans effort dans la mémoire naissante des enfans, 11 doit se borner à préparer leur raison à pouvoir comprendre , lorsqu'elle sera plus développée , tout ce que la religion permet à la raison de comprendre^et àse soumettre , par un effort même de raison , à tout ce qu'elle a interdit à l'intelligence des hommes. Tel fut l'esprit dans lequel Bossuet composa son Catéchisme,

Il avoit observé qu'on s'étoit borné jusqu'alors à enseigner aux enfans les élémens de la doctrine chrétienne , sans leur apprendre l'histoire de la reli gion j connoissance cependant si indispensable pour suivre les vues de la Providence et l'ordre de ses desseins envers les hommes, pour lier le temps à l'éternité, la succession des siècles à l'origine du monde, tout ce qui est créé à tout ce qui a précédé la création, le genre humain à son auteur, la loi nouvelle à la loi ancienne, et montrer Jésus-Christ fondant de sa main divine une Eglise immortelle sur les ruines d'un temple bâti de la main des honimes.

Il est vraisemblable que jusqu'alors on avoit été arrêté par la difficulté ou par l'impossibilité apparente de renfermer tant de choses dans un ordre assez simple et assez abrégé, pour que l'intelligence d'un enfant pût les saisir , les embrasser, et s'en pénétrer. Mais il existoit un abbé Fleury , digne de concevoir la pensée de Bossuet , et capable de l'exécuter.

De même que le Catéchisme dogmatique demandoit un théologien aussi sage et aussi éclairé que Bossuet, le Catéchisme historique ne pouvoit cire

Page 1