XIX. — Conduite de Bossuet envers les religieuses de soa
diocèse.
Mais il étoit une portion de son troupeau que jBossuet affectionnoit avec une tendresse vraiment C") Mts. de Ledieu.
paternelle ; il donnoit à la direction des religieuses de son diocèse des soins aussi assidus et aussi constans que s'il n'eut pas eu d'autres devoirs à remplir , et des travaux bien plus importans à suivre et à conduire à leur perfection. Les volumes XI et XII de l'e'dition de ses (ouvres donne'e par D. Déforis («) renferment près de sept cents lettres de direction spirituelle adressées à de simples religieuses. Nous en avons les originaux entier em^ent e'crits de la main de Bossuet. Par le nombre de celles qui ont échappé aux ravages du temps €t qui ont été publiées , on peut se faire une idée du nombre de celles qui ont été perdues ou anéanties.
Ce n'est pas le phénomène le moins extraordinaire de la vie de Bossuet , que celui qui présente la correspondance d'un tel évéque , qui consent à s'arracher aux études et aux travaux de tous les genres qui remplissoient tous sesmomens, pour s'entretenir avec de simples religieuses des peines , des scrupules , des inquiétudes , et de toutes les recherches délicates et quelquefois minutieuses , qui agitent si souvent ces âmes pieuses, sensibles et craintives. On ne sait comment concilier le temps que cette correspondance a dû de- :mander à Bossuet , avec celui qu'ont exigé de sa part tous les ouvrages qui sont restés de lui, et tant d'affaires importantes où il a joué un si grand rôle.
Mais ce qui étonne encore, ou plutôt ce qu'il faut admirer avec un respect religieux, c'est le sentiment inaltérable de patience , d'indulgence et de bonté qui respire dans toutes ces lettres. Elles le montrent sous un point de vue qui semble avoir
(.") Tomes xxxvni et xxxix de redit, de Versailles, m-8<».