LIVRE SEPTIEME. I^g
ëchappe aux regards de la postérité accoiUurnéc à ne contempler Bossuet qu'au milieu des éclairs du génie et des éclats de la foudre.
Ces lettres peuvent encore donner lieu à d'autres considérations, étrangères peut- être aux gens du monde, mais qui peuvent n'être pas sans utilité pour ceux que leur profession et une vocation particulière appellent à la direction des âmes. On y trouve une multitude de décisions précises et exactes sur des doutes et des difficultés qui arrêtent souvent les ecclésiastiques les plus éclairés et les plus familiarisés avec cette partie de leur ministère. On y voit jusqu'à quel point Bossuet possédoit la science et l'esprit de la religion ^ non-seulement dans son ensemble et dans le vaste développement de toutes les questions qu'elle peut faire naître , mais encore dans les plus petits détails de ces questions spéculatives, sur lesquelles l'Ecriture, les Pères et les conciles n'ont pas cru devoir s'expliquer^ ni prononcer. Il est en effet des conseils évangéliques, et des désirs de perfection chrétienne, pour lesquels l'Eglise se repose avec confiance sur l'esprit de Dieu, pour inspirer les âmes qui cherchent avec un cœur pur et sincère à se conformer à ses vo» Ion tés.
On est frappé , en lisant cette correspondance, d'y observer un sentiment, un langage et un ton de spiritualité, auxquels on suppose trop légèrement que Bossuet devoit être étranger. Quelques fragmens de ces /eZ/re^pourroient même être soupçonnés d'avoir une conformité aj^parente ci^ec ces pieiuc excès d* amour de Dieu qu'il reprocha dans la suite à Fénélon et à quelques autres écrivains mystiques j si, avec un peu d^attention , on ne rc-