LIVRE SEPTIEME. tijjj
noître et l'aimer, et qui leur réserve pour prix de leur foi et de leur soumission la faculté de le comprendre et de le posséder dans une autre vie (■).
Mais ce qui se fait le plus remarquer dans la conception et dans l'exécution de ces deux ouvrages, c'est qu'ils renferment le corps entier de la religion, î.es Eîéi^ations àéve\o^penl tous les dogmes du christianisme j les Méditations en exposent toute la morale ; et lorsqu'on a su se bien pénétrer de ces deux ouvrages de Bossuet, on éprouve une sorte de repos d'esprit et de satisfaclioihdu cœur, qui ne laissent aux mystères de la religion que la sainte obscurité dont Dieu lui-même a voulu les couvrir, et qui répandent sur la morale de l'Evangile une pureté, une douceur et un éclat qui montrent qu'elle n'est pas moins faite pour rendre les hommes heureux que pour les rendre vertueux.
Bossuet , en écrivant ses Elévations et ses MécUtations j ne s'astreint à aucun plan. Il parle àesmys'
(0 Elles étoient aclie\ée3 en 1690 , ainsi qu'on le voit par la lettre qu^il écrivit le 6 juillet 1695 a iix religiexi&es de la Visitation de Meaux.
« Je vous adresse , mes filles , ces Mc'ditalions sur VEy> vanille y comme à celles en qui j'espère qu'elles porte- » ront les fruits les plus abondans. C'est pour quelques-unes j) de vous qu'elles ont été commencées, et vous les avez re- 3) eues avec tant de joie , que ce m'a été une marque qu'elles » étoient pour vous toutes. Recevez-les donc conune un » témoignage de la sainte aflfection qui m'unit à vous, comme » étant d'humbles et véritables filles de saint François de y Sales, qui est l'honneur de l'épiscopat et la lumière de » notre siècle. »
Les religieuses de la Visitation de Meaux avoient conservé précieusement l'original de cette lettre ayec Touvrage même.
tères de la religion , selon qu'il les trouve indique's dans les livres saints j et de la morale chrétienne, selon que Jésus-Christ Ta exposée lui-même dans son Evangile. Ses réflexions, ses preuves, ses mouvemens d'éloquence sortent naturellement et sans effort, quoiqu'avec une force irrésistible, du fond même du texte sacré. C'est le texte seul de l'Ecriture qui le conduit et l'entraîne. Il ne cherche jamais à ramener l'inspiration divine à l'appui des pensées d'un homme.
Lorsque Bossuet veut parler de la génération éternelle du Verbe , son vol audacieux semble le porter jusqu'aux hauteurs d'où saint Jean l'Evangéliste révèle ce grand mystère :
« Où vais-je donc me perdre? dans quelle pro- » fondeur? dans quel abîme? Jésus-Christ avant » tous les temps peut-il être l'objet de nos connois- » sances? Sans doute, puisque c'est à nous qu'est » adressé l'Evangile. Allons, marchons sous la con- » duite de l'aigle des évangélistes, de Jean, enfant » du tonnerre, qui ne parle point un langage hu- » main, qui tonne, qui étourdit, qui abat tout es- » prit créé sous l'esprit de la foi, lorsque parmi » rapide vol, fendant les airs, perçant les nues, w s'élevant au-dessus des Anges, des Vertus, des » Chérubins et des Séraphins , il entonne son évan- V gile par ces motsj Au commencement etoit le » Verbe, et c'est par là où il commence à faire » connoître Jésus-Christ. »
Bossuet n'a point voulu dans ses Elévations et ses Méditations, donner un traité dogmatique sur la religion, et il le dit lui-même :
« Vous croyez que j'irai résoudre tous les dou- » tcSj el contenter vos désirs curieux ; vous vous