‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 96 sur 120 · LIVRE SEPTIÈME. ûSj · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. ûSj

» frompez. Je n'ai pas pris la plume à la main pour » vous apprendre les pensées des hommes. »

Cependant on y trouve souvent des réflexions rapides et lumineuses qui lui échappent malgré lui, et qui obtiennent la conviction de l'esprit : a Si Dieu astreint la nature à de certaines lois , » il ne s'y astreint lui-même qu'autant qu'il lui » plaît. Il se réserve le pouvoir suprême de déta- » cher les effets qu'il voudra des causes qu'il leur » a données dans l'ordre commun, et de produire » ces ouvrages extraordinaires que nous appelons » miracles , selon qu'il plaira à sa sagesse éter- » nelle de les dispenser. »

Bossuet semble avoir voulu renfermer dans ses Ele\>ations ç.1 ses Méditations tout ce qui concerne la foi et les mœurs. Souvent même des observations aussi justes que fines et profondes sur la nature de l'homme et les sentimens les plus secrets de son cœur, viennent se mêler à la contemplation des plus hautes vérités de la religion ; et son style semble prendre alors un caractère plus doux et plus sensible.

En lisant les Elévations sur les mystères et les Méditations sur V Evangile , on apprend à connoître Dieu, les hommes, et soi-même; et ces deux ouvrages peuvent tenir lieu d'un grand nombre de livres sur la religion et la morale. M. de la Harpe a dit avec raison : Ceux qui n'ont pas lu les Méditations et les Elévations ne connoissent pas tout Bossuet (0.

Bossuet ne se borna point à entretenir l'ordre ,

(0 VoyezXts Pièces justijicatiues du livre septième , sur rauthenticité des Ele'wations sur ks MysLères, et des Méditations sur VE^'angile.

la régularité et la piété dans les communautés religieuses immédiatement soumises à son auto« rite; il entreprit de rétablir rexercice de sa juridiction sur plusieurs monastères célèbres qui s'y étoient soustraits , ou qui prétendoient en être exempts , en s'appuyant sur des titres équivoques ou abusifs; il a signalé son épiscopat par plusieurs conquêtes de ce genre, dignes de son zèle pour la pureté de la discipline, et pour le véritable esprit du gouvernement de l'Eglise.

XXÎ. — Bossuet soumet à sa juridiction Tabbaye de Faremoutier.

Dès le moment où il fut nommé à l'évêché de Meaux, Bossuet se trouva engagé dr.k^'.i une procédure que M. de Ligny, son prédécesseur, avoit commencée contre l'abbesse de Faremoutier. Le 21 février 1682 , peu de jours seulement après qu'il eut pris possession de son siège , il eut le bonheur de terminer par une transaction , dont l'archevêque de Rheims et les évêques de la Rochelle et de Beauvais (0 furent les arbitres , toutes les discussions qui existoient entre l'évêché de Meaux et l'abbaye de Faremoutier. Cette transaction, dont il seroit peu important aujourd'hui de faire connoître toutes les dispositions, fut revêtue de lettres-patentes en date du i4 avril 1682 (").

W Histoire de re'glise de Meaux.

CO Toussaint de Forhin-Janson , nommé à l'évêché de Digne en i653 , transféré à celui de Marseille en 16C8 ,• et enfin à Tévêché de Beauvais en 1679 , nommé commandeur de Tordre du Saint-Esprit en 1689, cardinal en 1690, grand aumônier de France eu 1706, mort en 17 13, âgé de quatre-vingts ans.

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