‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 98 sur 120 · XXII. — Affaire de Tabbaye de Jouarre · texte numérisé non relu

XXII. — Affaire de Tabbaye de Jouarre

Si Bossuet fut en partie redevable de la facilité avec laquelle il termina l'affaire de l'abbaye de Rébais, à l'estime qu'inspiroient ses vertus et son caractère , on peut croire aussi que la vigueur avec laquelle il avoit attaqué et conquis l'abbaye de Jouarre, n'avoit pas peu disposé les religieux de Bébais à céder à l'ascendant d'un évéque qui avoit toujours le grand art de mettre de son côlé la raison^ la justice, les canons de l'Eglise, et les lois de l'Etat.

La singularité de quelques circonstances de l'affaire de Jouarre nous invite à entrer dans des détails qui pourroient paroître aujourd'hui assez indifférens 5 s'ils ne servoient à faire connoître le caractère de Bossuet, l'esprit de suite et de fermeté qu'il apportoit dans tout ce qu'il entreprenoit, et cette sorte de supériorité naturelle qui Télevoit au-dessus de toutes les considérations capables d'arrêter les hommes plus sensibles à des égards intéressés , qu'à l'accomplissement de leurs devoirs.

L'exemption de l'abbaye de Jouarre paroissoit fondée sur les titres les plus imposans , et affermie parle temps et parles contradictions mêmes qu'on avoit tenté de lui opposer. Il falloit qu'elle eût déjà été l'objet de quelques discussions entre les évêques de Meaux et les abbesses de Jouarre dans des temps bien anciens, et dont les traces n'existent plus parmi les monumens historiques, puisqu'en iii5, le cardinal Romain , légat du Pape, fut choisi par toutes les parties intéressées pour arbitre de leurs différends et de leurs prétentions.

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