ROMAINE . : 1 -.X
EN BOURGOGNE. ^ Empire romain, iorma deux cités, qui eurent pour capitales respectives Autun et Langres, et firent partie, la première de la Province lyonnaise dont Lyon était le centre, la seconde de la Province belgique qui avait pour chef-lieu Trêves. Chacune d'elles fut administrée par un conseil de cent membres, T « ordre des décurions », et par deux magistrats annuels, les « duumvirs », chargés du pouvoir exécutif. Chaque province eut à sa tète un légat impérial. Sous cette nouvelle direction, le pays se transforma. Aux oppida succédèrent de vraies villes, régulièrement construites et entourées de fortes murailles; leurs rues étaient bordées de temples, de théâtres, de thermes, de tombeaux; les maisons des riches étaient peuplées de statues et pavées de mosaïques. Dijon {Divio), Beaune {Belniim), Tonnerre {Tornodorum) , Araïlon {Aballo) datent de cette époque-. Dans les campagnes, les cabanes des paysans gau-
1. Jullian, Vercingétorix, p. Sog-Sii. — On a contesté qu'Alise-Sainte-Reine fût l'ancienne Alésia. Certains arcljéoloîçues revendiquent cet lionneur pour Alaise (Doubs) ou Iseniore (Ain). Leur opinion n'est plus soutenable, depuis que les relevés topographiques exécutés par le colonel Stotîel, sous Napoléon III, se sont montrés en concordance parfaite avec les textes historiques. D'autre part, les fouilles, actuellement en cours, ont amené la découverte de substructions, qui témoignent de l'existence en cet endroit d'une localité habitée avant l'époque romaine et qui fut très fréquentée dans la suite : on y a retrouvé les vestiges d'un théâtre, d'un petit temple, d'un portique, d'un monument à trois absides (Voir la revue Pro Alesia qui donne, au fur et à mesure, les résultats des fouilles).
2. Ces villes portent le nom de casirum (camp), qui s'explique par leur enceinte fortifiée, et s'oppose au nom de civilas (cité) réservé à Autun et à Langres.
Les Origines. chapitre
lois firent place à de belles villas construites sur le modèle des villas italiennes. Elles comprenaient deux parties, la demeure du maître, luxueuse, avec des portiques de marbre et des salles de bain, et la maison des serviteurs entourée de cultures. Les villages, qui s'appellent aujourd'hui Fleury, Pouilly, Flavigny, Aubigny, Savigny, sont d'anciennes villas gallo-romaines, qui avaient pour propriétaires respectifs Florus, Paulus, Flavius, Albinus, Sabinus.
Les Romains développèrent en même INTRODUCTION tcmps toulcs Ics rcssourccs économiques de DE LA VIGNE. \^ contréc. Ils apprirent aux paysans l'emploi des engrais. Les Lingons fabriquèrent des sayons de drap de laine et des cuculles, sortes de manteaux à capuchon qui se vendaient jusquà Rome, où les élégants ne craignaient pas de les attacher à leur robe de pourpre violacée. L'industrie du fer grandit : quantité de ferriers, qui marquent la place d'anciennes forges, ont été reconnus dans l'Yonne, autour de Tonnerre, où ils atteignent dix à douze mètres de haut, dans la Côtc-d'Or, entre Semur et Saulieu, où plus de quatre-vingt forges se trouvent groupées autour de Précy-sous-Thil. Les carrières de pierre, les bois du Morvan, furent exploités. Des foires se tinrent chaque année à Chalon et au mont Beuvray. Grands amateurs d'eaux minérales, les Romains créèrent les stations de Bourbon- Lancy, Santenay, Vertault. Mais le plus grand service qu'ils rendirent au pays fut d'y introduire la culture de la vigne.
Celle-ci n'existait pas en Bourgogne avant la conquête. Les Éduens faisaient venir du vin d'Italie; mais leur boisson habituelle, faite avec de l'orge, ressemblait assez à de la bière. La vigne, rencontrant un terrain et une exposition favorables, se développa avec une rapidité surprenante, tout le long de la Côte. Une stèle, trouvée en Bolard près de Nuits et conservée au musée de Beaune, figure un personnage qui verse du vin dans une bouteille à long col avec un entonnoir, et porte celte inscription : vinarius (vigneron).
PREMIER VEpoque gallo-romaine.
Une vaste association commerciale se LES NAUTES chargca d'exporter le vin et le blé, la « très DE LA SAONE, splcndicie » corporation des nautes de la Saône. Composée de gros capitalistes, elle était administrée par un curateur et un patron, et ses membres avaient des places d'honneur dans les théâtres. Son siège social était Lyon, mais c'est à Ghalon que les denrées s'entreposaient avant de descendre la Saône et le Rhône. A Marseille, se trouvaient les immenses caves auxquelles la Cannebière doit son nom; à Arles, une nouvelle corporation se chargeait des transports par voie de mer. Les nautes de la Saône pénétraient au cœur de la Gaule par l'intermédiaire des nautes de la Loire, au delà des Alpes par celui des sociétés commerciales italiennes. Ils étaient aussi en relations suivies avec les marchands d'outrés, auxquels ils achetaient ces vases qui tenaient alors lieu de tonneaux, pour les revendre ensuite aux vignerons.
D'ailleurs le transit par eau n'était plus LES VOIES le seul. Suivant leur coutume, les Romains ROMAisES. couvrirent la Bourgogne de routes destinées à faciliter la marche des armées et des négociants. On en rencontre presque partout, reconnaissables à leur pavage de gros cailloux ou de dur rocher, reposant sur quatre couches de maçonnerie et serré entre des marges de grosses pierres. La plus importante, la voie d'Agrippa, se dirigeait du sud au nord, en passant par Lyon, Anse, Mâcon, Tournus, Chalon, Saint-Bernard-les- Cîteaux, l'est de Dijon, Norges, Til-Ghâtel, Aubigny, Prauthoy, Langres; là, elle bifurquait, d'un côté, vers l'Océan, par Bar-sur-Aube, Reims et Boulogne-sur-Mer, de l'autre, vers le Rhin, par Toul, Metz, Trêves, Mayence et Gologne. Deux autres voies s'en détachaient : celle de Langres à Besançon et à Bâle, et celle de Ghalon à Autun, d'où se déployaient en éventail les routes de Paris par Bourbon- Lancy et Orléans, de Bordeaux par Bourges, de Reims par Saulieu, Avallon, Auxerre et Troyes. Des miliaires de pierre,
Les Origines. chapitre
rectangulaires ou cylindriques, gravés de belles capitales, marquaient les distances, comme font aujourd'hui nos poteaux indicateurs. A Autun se trouvait un miliaire récapitulatif, analogue à celui de Tongres, portant sur ses faces les noms des principales stations de Rome à la capitale de la cité éduenne '.
Avant la conquête romaine, les habitants lE pratiquaient le druidisme : une légende veut
PAGASisME. même que les druides aient tenu leurs assises au mont Dru, situé à une demi-lieue d'Autun. Après la conquête, les dieux de Rome furent honorés tantôt seuls, tantôt associés à d'anciennes divinités locales, Moritasgus, Ségomon, Epona, Rosmerta. Mercure eut un temple sur le mont de Sève, près de Santenay, un autre sur le Montmartre d'Avallon ^ A Cussy, entre Arnay-le-Duc et Nolay, se voit une colonne antique reposant sur un piédestal octogone dont les pans sont décorés de huit figures empruntées à la mythologie païenne, Jupiter, Hercule, Minerve, Junon, un captif, Bacchus, Ganymède, une nymphe. A Alésia, les fouilles en cours d'exécution ont mis à jour deux beaux bas-reliefs figurant, l'un, la Triade capitoline (Jupiter entre Minerve et Junon), l'autre, un des Dioscures. Les fleuves bienfaisants, l'Yonne, la Seine, la Saône, eurent leurs autels. Aux carrefours des chemins, au coin des bois, près des sources, on rencontrait des idoles de moindre importance, et, parmi elles, les trois déesses mères tenant une corne d'abondance à la main ou des fruits dans le pan de leurs robes, divinités rustiques que les hommes redoutaient et aimaient, et qui, travesties par l'imagination populaire, sont devenues les fées.
1. Sur les voies romaines de Bourgogne, voir notamment : Foisset, Voies romaines du déparlemenl de la Côle-d'Or, 1872; Carlct, Voies romaines de l'arrondissement de Beaune, dans Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Beaune, 1878; Quantin et Boucheron, Voies romaines du déparlemenl de l'Yonne, avec cartes, dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 1866.
2. E. Petit, Le Temple de Mercure sur le Montmartre d'Avallon, avec illustralions, dans Bulletin des sciences historiques et naturelles de l'Y'onne, 1904.
PREMIER L'Epoque gallo-romaine.
Le culte des morts était rigoureusement observé. Mais ce qui donnait à ce paganisme un caractère original, c'était rimportance des divinités orientales, Isis, et surtout Gybèle. Sous le nom de Bérécynthia, celle-ci était honorée sur toute l'étendue du territoire des Éduens et des Lingons, et chaque cité lui voua un temple. A Autun, la foule en délire escortait en vociférant son image portée sur un char, tandis que retentissaient le son de la flûte et le bruit des cymbales agitées par les corybantes.
Créée sous le règne d'Auguste dont elle porte le nom [A iiguslodunum) , pour remplacer Bibracte, Autun fut la grande ville de la Bourgogne romaine. Une enceinte carrée de 5 922 mètres, flanquée de soixante-deux tours semi-circulaires et percée de quatre portes monumentales, la protégeait. Cette enceinte n'était pas seulement d'une solidité éprouvée; elle avait été revêtue d'un parement de petits cubes de grès taillés avec soin et posés à plat, qui produisaient un très bel effet. A l'intérieur de la ville s'élevaient un Capilole, un théâtre pouvant contenir plus de 30 000 spectacteurs, un amphithéâtre dont le grand axe mesurait 154 mètres et le petit 130, des arènes, des temples consacrés à Jupiter, Apollon, Minerve, Pluton, Janus, Proserpinc. Deux portes, la porte d'Arroux et la porte de Saint-André, décorées, l'une de chapiteaux ioniques, Tautre de pilastres corinthiens, sont encore debout; les gradins de l'amphithéâtre se dessinent sous le gazon ; des fragments de maçonnerie, des sculptures, des mosaïques en scories de verre ou en marbre, ont été mis à jour. Cet art, dont on trouve des manifestations analogues en maints endroits de la Bourgogne, se faisait remarquer, en ce qui concerne la sculpture, par des formes un peu lourdes et un caractère nettement réaliste qui devait persister à travers les siècles. Les mosaïques étaient fort belles. L une d'elles, entièrement noire et semée de larges points blancs disposés avec régularité, est bordée d'un encadrement blanc et noir; sur une
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autre, des figures géométriques s'enchevêtrent, formant des cercles, des ellipses, des combinaisons d'une certaine originalité; on remarque aux quatre angles de celle-ci des animaux fantastiques, au milieu de celle-là deux colombes se désaltérant dans un vase.
Autun possédaitaussi desécoles fameuses, LES ÉCOLES les Ecolcs méniennes, véritable Université où MÉNiESSEs. venait s'instruire dans les lettres latines la jeunesse de toute la Gaule. Elles se dressaient « au front de la cité, entre ses deux yeux, le temple d'Apollon et le Gapilolc », et sur le passage des cortèges solennels, « afin qu'elles attirassent constamment l'attention des officiers impériaux cl de tous les citoyens ». Le recteur et les professeurs étaient largement rétribués, ce qui attirait à Autun les maîtres les plus illustres de Rome et d'Athènes. De nombreux étudiants se pressaient à leurs leçons, heureux de s'instruire dans l'art de bien dire ; mais, avec la rhétorique, on enseignait aussi la géographie et l'histoire, les mœurs des peuples étrangers et les actes glorieux des empereurs, « afin de préparer à l'État des fonctionnaires instruits dans leurs devoirs, et de grandir chez chacun d'eux le culte du prince et celui de la patrie ».
Parmi les Gaulois, qui tous bénéficièrent CULTE DE ROME plus OU moius dc la civilisation romaine, les ET D'AUGUSTE, i^clucus ct Ics Lingons furent en somme des mieux favorisés. Ils n'étaient pas considérés par les Romains comme des sujets, mais comme des frères, et, plus de cent ans avant l'étlit de Garacalla, le droit de cité leur fut reconnu. En vain l'Éduen Sacrovir (21 ap. J.-C.) et le Lingon Julius Sabinus (79 ap. J.-C.) cherchèrent à les soulever : ils ne purent grouper autour d'eux que des gens sans aveu et quelques égarés. La fidélité de leurs compatriotes envers Rome resta inébranlable. Elle alla même jusqu'au culte. En maints endroits de la Rourgogno, on rencontre de petits monuments dédiés à la maison impériale,
LKPOQUE GALLU-UOMALNK
ALISE SAI?sTE-REINE ET LE PLATEAU D ALESIA.
PORTE I) AHKdlX A AVTUX.
PREMIER UEpoque gallo-romaine.
des pierres votives porlant le nom d'Auguste uni à celui de divinités telles que Mercure ou l'Yonne. Ce sont les manifestations de la reconnaissance vouée par les habitants au peuple qui leur avait assuré la prospérité et la paix. Il y en eut d'autres plus imposantes. Un grand temple fut bâti par les Lingons en l'honneur de Rome et d'Auguste et inauguré par Drusus au retour de sa guerre contre les Alamans; un autre fut élevé à Lyon par les Trois Provinces de Gaule. Les Éduens contribuèrent à la construction de ce dernier et lui fournirent son premier prêtre.
Malheureusement, le gouvernement impé- LA BouRGOGSE Hal uc sut pas maintenir les règles de sagesse AU ivo SIÈCLE, politique et administrative qui avaient dicté ses premières résolutions et produit de si heureux effets. Les Éduens et les Lingons étaient assujettis à l'impôt foncier, suivant un plan cadastral dressé au lendemain de la conquête. Au wr siècle, on continuait de percevoir cet impôt, sans tenir compte des changements introduits dans la valeur des terres, et les habitants payaient en outre un impôt personnel. Appauvris, ils désertèrent les fonctions de décurion qui étaient gratuites, s'enrôlèrent parmi les brigands. Bientôt arrivèrent les premiers Barbares. L'étendue des champs cultivés s'amoindrit encore; la vie municipale s'arrêta. A la fin de Tannée 269, Autun fut enlevé d'assaut, après un siège de sept mois, par les bandes de l'usurpateur Tetricus, et dévasté de fond en comble. En 301, plusieurs milliers d'Alamans s'avancèrent jusque sous les murs de Langres.
Le directeur des Écoles ménicnnes à cette époque, Eumène, un rhéteur d'origine grecque, a tracé de la Bourgogne vers 311 un tableau vraiment lamentable :
Les parties du sol auxquelles il restait encore un peu de fertilité ont perdu toute valeur, ensevelies sous les marais ou envahies par les ronces et les épines. Et même c'est à regret qu'on ensemence le pays Arebrignus (entre Nuits et Beaune), seule localité où se fai^se sur une très petite échelle la culture de la vigne; car, au delà, on ne
Les Origines. chapitre
rencontre que des forêts et des rochers inaccessibles, où les bêtes sauvages ont une retraite assurée. Ouant à la plaine adjacente et qui s'étend jusqu'à la Saône, elle était, dit-on, autrefois, d'une délicieuse fécondité entretenue par une culture non interrompue, dont le travail dirigeait le cours des eaux à travers les vallées ouvertes et dans les terres de chaque particulier; mais aujourd'hui la dévastation a fermé ses canaux, et tous les lieux bas, que celle position même rendait fertiles, sont changés en fondrières et ensevelis sous des eaux dormantes.
Les vignes elles-mêmes, qui sont un objet d'admiration pour ceux qui ne les connaissent point, ont tellement vieilli que la culture leur est presque inutile; car les racines des ceps, dont nous ignorons l'Age, réunies en mille replis, ne permettent pas de donner aux fosses la profondeur convenable, et le provin trop à d couvert est exposé à l'action corrosive des eaux ou aux ardeurs brûlantes du soleiî. Et nous ne pouvons pas, selon l'usage de l'Aquitaine et des autres i)rovinces, planter partout de nouvelles vignes; car, dans les l'égions supérieures, on ne trouve qu'un sol toujours pierreux, et ailleurs ce sont des bas-fonds exposés à la gelée blanche.
Que dirai-jc du l'este du pays?... On n'y rencontre pas, comme dans les campagnes des autres villes, un sol partout cultivé, découvert, émaillé de fleurs, des routes faciles, des fleuves navigables qui baignent les portes mêmes des cités. Mais, depuis l'endroit où le chemin, faisant im détour en arrière, conduit en Belgique, on rcmar(|ue partout l'aspect de la désolation, le défaut de culture, le deuil, le silence et de sombres horizons. La voie militaire elle-même est pratiquée dans un sol pierreux; une succession de montagnes la rend tellement escarpée et dangereuse par ses précipices, qu'on peut à peine y conduire les chars à demi chargés et quelquefois entièrement vides 1.
Des efforts furent faits pour enrayer le
FORMATioss mal. Réunies à la cité de Lyon, les deux
ADMi- cités d'Autun et de Lanp^res formèrent, sous le
SISTRATIVES. , t • " 11
nom de Lyonnaise première, une nouvelle province organisée pour la défensive. Des soldats auxiliaires, Altuariens etChamaves, s'installèrent entre la Seine, TOuche et la Saône, sous le commandement de deux officiers généraux établis, l'un à Langres, Fautre à Époisses, près de Semur. Clialon devint le port d'attache dune flotte de guerre commandée par un préfet. Des fabriques d'armes lurent créées, à Autun, pour les boucliers, les balistes, If^s
1. lùimène, Discours d'acHon de grâces adressé à Conslanlin, a Trêves, VI-VIl (éililion de l'abbé Rochel, p. i5S-i57).
PREMIER Le Christianisme.
cuirasses ordinaires et les cuirasses de fer, à Mâcon pour les flèches; à Toulon-sur- Arroux, on teignit les habits mihtaires'. Les empereurs donnèrent de leur personne. Constance envoya de l'argent et des ouvriers pour relever Autun, des prisonniers germains pour repeupler les campagnes. En 356, Julien, apprenant une brusque attaque des barbares contre Autun, se hâta d'accourir, et l'ennemi se dispersa à son approche.
Ces mesures de circonstance ne donnèrent pas de résultats durables. Les murailles des villes, ébréchées par l'ennemi et non entretenues faute d'argent, se mirent à crouler : l'étendue des terres en friches augmenta. Les étudiants quittèrent Autun pour Bordeaux. L'édit d'Honorius de 418, qui transférait de Trêves à Arles la résidence du préfet du prétoire, désorganisa la défense.
TRANs- Pendant ce temps , le christianisme avait
muGiEufE ■ ^^^^ ^^^ enivéQ en Bourgogne . D'après la tradi- LE tion, il fut introduit par un évèque originaire
CHRISTIANISME. d'Asic Mincurc, saint Bénigne, disciple de l'évêque de Smyrne, saint Polycarpe. Débarqué à Marseille, Bénigne aurait remonté la vallée du Bhône avec deux compagnons, le prêtre Andoche et le diacre Thyrse. Reçu à Autun dans la famille déjà chrétienne du noble Faustus, il aurait baptisé le fds de son hôte, le jeune Symphorien, et converti de nombreux habitants; après quoi, il se serait rendu à Dijon, tandis qu' Andoche et Thyrse se fixaient à Saulieu auprès d'un riche marchand nommé Féhx. Tout allait bien, quand survint en 179 la persécution de Marc- Aurèle. Sur l'ordre de l'empereur, le préfet Terentius fit amener Bénigne devant son tribunal, et, comme on offrait à l'apôtre de le faire grand-prêtre et de le combler de richesses s'il sacrifiait aux dieux : « Jamais, répondit-il, non, jamais vous ne me séparerez de mon divin maître Jésus-Christ, le verbe du Père, la vie et la lumière incréée,