COMMERCE
commerce, tavorisé par 1 union douanière avec les provinces des cinq grosses fermes et par Tédit royal de 1764 qui réduit de moitié les octrois sur la Saône. Le marché de Chalon est toujours fréquenté. Le Charolais a onze foires, pour le bétail seulement. Digoin-sur-Loire entrepose les' vins du Maçonnais et du Chalonnais, pour les envoyer à Paris, Orléans et Nantes. Malgré le refus des Lyonnais « d'accorder passage sur les rivières de la Saône et du Rhône », les blés de Bourgogne s'écoulent vers le Dauphiné, le Languedoc, la Provence. Ils sont rassemblés à Auxonne « où la rivière commence à devenir navigable »; de là, ils descendent par Saint-Jeande-Losne, Verdun, Chalon. « port le plus considérable sur la Saône », Mâcon « dont le port se remplit de grains dès octobre ».
Parmi les industries bourguignonnes, INDUSTRIE celle qui accomplit les plus grands progrès MÉTALLURGIQUE gg^ lindustric du fer. Les forges, alimentées jusque-là par les forêts, ne produisaient ni en assez grande quantité ni à un bon marché suffisant ; le Parlement protestait d'ailleurs contre les coupes excessives qui rendaient les bois de chaufTage et de construction de plus en plus rares. La découverte des gisements houillcrs de Blanzy et de Montcenis supprima ces difficultés. L'Académie des sciences consultée déclara qu'ils renfermaient « un excellent charbon de forge » ; les arsenaux de Strasbourg et d'Auxonne certifièrent sa « qualité supérieure ». En 1769, BufTon crée sur ses terres deux forgestypes, afin d'instruire les paysans dans la métallurgie. Les hauts fourneaux du Châtillonnais, ceux de Drambon, de
TROISIÈME L'Ancien Rémme
Bèze, de Marey, dans le Dijonnais, sont en pleine prospérité. C'est de cette époque que date l'établissement du Grcusot. Fondé par le subdélégué François de Lachaise et d'abord exploité par une société du nom de Saint- James qui compta Louis XVI parmi ses actionnaires, il comprend une fonderie de canons (1782), une cristallerie (1784), et occupe 500 ouvriers, sans compter les charbonniers. Grâce à lui, un canton « mort pour ainsi dire au commerce, à moitié sauvage et sans communications >>, fut bientôt parmi les plus animés de la province.
Ces nouveautés économiques, création
EFFETS SOCIAUX . i • i i
DU de routes et de canaux, mtroduction de cul-
MouvEMENT turcs ct d'industrics nouvelles, venant après ÉCONOMIQUE. ^^^ réformes de Colbert, modifièrent la physionomie de la Bourgogne. Il ne faut pas croire cependant qu'elles aient eu des effets heureux pour toute la population. La taille resta toujours « limpôt des paysans », et la construction des routes, exécutée en grande partie par les corvéables, fut pour les campagnes un véritable fléau. Malgré plusieurs tentatives faites « à la plainte, clameur et doléance des pauvres gens de métiers » pour atténuer le despotisme des communautés-jurées, ou même les supprimer, le régime corporatif persista, et les ouvriers pauvres, exclus du patronat, cherchèrent vainement dans l'organisation du « compagnonnage » un remède à leur condition ^ Sous l'Ancien Régime, la haute société seule, composée de nobles et de bourgeois enrichis, vit dans l'aisance et le plaisir. Fidèle aux traditions de la province, elle s'intéresse également aux lettres et aux arts. L'étude de cette société, de ses caractères et de ses occupations, devient ainsi le complément indispensable de Thisloire proprement dite.
1. Voir sur la Misère des paysans sons l'ancien régime, les débuts du chapitre de la Révolution (p. 35i-3r33). Pour la question des ouvriers, qui n'a pas encore été complètement éclaircie, consulter Ilauscr, L'organisation du travail en Bourijoyne au AT/" et dans la première moitié du XVII" siècle, igo^, et Les Compaynonnages darls et métiers à Dijon aux XVII' et XVIIL siècles, 1907.