‹ Histoire de BourgogneChapitre 124 sur 177 · BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSUET

d'aprks le tabliîau de hic.aud.

(Musée du Louvre.)

PI. 2S, p. 32li.

QUATRIÈME La Société sous l'ancien Régime

breuses lectures, voyagea en Italie et en Angleterre, observa beaucoup, et devint, à trente-deux ans, membre de l'Académie des sciences, intendant du Jardin du Roi. Cependant, il préférait au séjour de Paris celui de Montbard; il y faisait des expériences pour vérifier l'hypothèse de Franklin sur l'identité de la foudre et de l'électricité. « Nous faisons tous les jours de belles expériences sur le tonnerre », écrit-il. Suivant la mode du temps, qui était aux encyclopédies, il travailla toute sa vie, assisté de quelques auxiliaires, à son Histoire naturelle, dont le premier volume parut en 1749 et le dernier en 1789, un an après sa mort. OEuvre inégale, ÏHistoire naturelle renferme des morceaux achevés, comme la Théorie de la terre et les Époques de la nature, où la phrase large, grave et sans prétention, offre un exemple de « cette éloquence didactique, ordonnée, lumineuse, animée, dont Buffon a donné la formule dans son discours de réception à l'Académie française », le Discours sur le style (1753). Au contraire de Bossuet, Buffon fut très apprécié en Bourgogne. « La science, disait-on, est sortie de ses mains, comme Minerve sortit de la tète de Jupiter. Il a su à la fois la faire connaître et la faire aimer. Jamais on n'a fait un plus bel emploi de l'éloquence ; c'est Démosthène qui écrit les observations d'Aristote. »

Buffon n'est cependant pas le premier Bourguignon qui se soit illustré dans les sciences. Avant lui, Edme Mariotte (1620-1684), prieur de Saint-Martin-de-Beaune, résolut, en même temps que l'Anglais Boyle, le problème fondamental de la statique des gaz, et contribua à créer la physique expérimentale'. Daubenton (de Montbard, 1716-1800) et Guéneau de Montbéliard (né à Semur, 1720-1785), ont écrit pour ÏHistoire naturelle de Buffon, le premier sur les quadrupèdes, le second sur les oiseaux, des chapitres qui dépassent la valeur d'une simple collaboration. Daubenton, qui avait fait des études de médecine, fut aussi un anatomiste et un paléontologiste distingué.

1. Mariotte a formulé, en 1O76, dans son Traité de la nature de l'air, la fameuse loi qui porte son nom.

( San >

La Bourgogne Monarchique. chapitre

En dehors de Bossuet et de Bufîon, la

LES ÉCRIVAINS Bourgogne compte des historiens, des poètes,

SECOND ORDRE, un Hioraliste, des auteurs d'ouvrages en

patois qui ne manquent pas d'un certain

mérite.

Les études historiques commencent avec HISTORIENS Jacques Févret (de Semur, 1583-16G1), avocat ET ÉRUuiTS. au Parlement de Dijon, auteur du De claris fori divionensis oratoribus imité du Dialogue des orateurs. Philibert de la Mare (de Beaune, mort en 1G87) s'inspire, dans son Conspectus hisioricorum Burgundice\ de Tite-Live et de Tacite. Etienne Pérard (mort en 1663) et Hector Joly (1581-1660), sont d'incomparables fouilleurs d'archives; grâce à eux ont été éclairées les origines de la féodalité bourguignonne et de la Chambre des comptes de Dijon. Le goût de l'histoire s'affirme davantage encore au xv!!!*^ siècle, avec les historiens particuliers de la Bourgogne, Courtépée, dom Plancher^, et quatre grands érudits : Lebcuf, Févret de Fontetle, dom Clément et de Brosses.

Jean Lebeuf (1687-1766), chanoine de la cathédrale d'Auxerre, sa ville natale, qu'Augustin Thierry et Chateaubriand appelaient leur maître, compose des Mémoires concernant rhistoire ecclésiastique et civile d'Auxerre et une Histoire de la ville et du diocèse de Paris, qui témoignent d'un rare talent d'analyse. Févret de Fonlette (de Dijon, 1710-1772), conseiller au Parlement de Bourgogne, remanie la Bibliothèque historique du P. Lelong, ce grand ouvrage destiné à « faire connaître les matériaux qui permettent d'écrire l'histoire de France et à donner ainsi de bons historiens ». Aidé par Barbeau de la Bruyère, il rassemble en quinze ans de quoi doubler et par-delà le livre du P. Lelong; le roi le protège et lui accorde une subvention de 25 000 francs. Dom François Clément (de Bèze, 1714-1793), bénédictin de

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