‹ Histoire de BourgogneChapitre 13 sur 177 · LES BURGONDES · texte numérisé non relu

LES BURGONDES

SUR le littoral de la mer Baltique, entre les bouches de TOder et celles de la DES BURGONDES. Vistulc, vivait au sccoud siècle de notre ère un peuple barbare, le peuple des Burgondes ou des Burgondions (en latin, Biirgundiones). Rapprochant son nom de celui de l'île de Bornholm, certains historiens lui ont attribué une origine Scandinave. Cette opinion ne saurait être prise en considération. D'après le témoignage autorisé de Pline le naturaliste, les Burgondes appartiennent au groupe vandale de la nation germanique. Le pays qu'ils habitaient, et qui correspond à la Poméranie orientale, était brumeux, rempli de cailloux et de marécages ; souvent des bandes s'en échappaient pour tenter quelque expédition lointaine. Cependant, il était convoité par un peuple voisin, celui des Gépides. Conduits par leur roi Fastida, ceux-ci

1. Sources : Ammien Marcellin, Bisloires, liv. XVIIl, XXYIII écl Gardhausen, 1874-75. Grégoire de Toms, Hisloire ecclésiastique des Frcu'vs et OEuvres diverses, éd. Arndt, 1890; trad. Gtiadet, 2 vol., iS36-38. Marins d'A vendiez Chronique, éd. Mommsen, 1894. Passion de saint Siqismond, éd. Krusch iSSs' Sidoine Apollinaire, Lettres et œuvres diverses, éd. Luetjohann, 1SS7; traduction Barret, 1887. Avitas, Lettres, éd. Peiper, i883. La loi des Burgondes [lex Durgandionum), éd. de Salis, 1892. - Tous ces textes, sauf le premier, se trouvent dans les Monumenta Germanix liistorica, série in-4.

Ouvrages moderjves : Bindin», Das burgundisch romanische Kônirjreich, in-8 1869. Yahn, Geschichte der Durgundionen, 2 vol. in-8, 1S74, avec une biblio''r'apliie très complète au t. I, p xvii et suiv. Longnou, Géographie de lu Gmde au sixième siècle, in-8, 1878. Roget de Belloguet, Questions bourguignonnes, dan^ Courtépéc, t. I, p. 9-220, éd. de 1847. Hauréau, L'Eglise et l'Etat sous les premiers rois burgondes. dans Mémoires de l'Académie des Inscriptions, 18G7. Fustcl de Coulanges, Histoire des Inslilulions politiques de l'ancienne France; l'Invasion germanique, iu-8, 1891. Kurlh, Clovis, 2 vol. in-8, 1901. Baudot, Mémoire sur les sépultures des Barbares de l'époque mérovingienne découvertes en Bourgogne el particulièrement à Charnaij, dans Mémoires de la Commission des antiquités de la Cote-d'Or, t. V et IX. Perrcnot, Les établissements burgondes dans le pans de Montbéliard, 1904. Barrière-Flavj-, Les arts industriels des peuples Ijarbares de la Gaule, 1901.

Les Origines . chapitre

se jetèrent, au iii^ siècle, sur les Burgondes, et en massacrèrent un grand nombre. Les survivants se retirèrent vers l'ouest, et, d'accord avec les Romains auxquels ils avaient promis de servir de défenseurs, ils s'installèrent entre le Main et le Danube, sur la rive droite du Rhin, d'où ils passèrent plus tard sur la rive gauche.

A ce moment, les Burgondes formaient une nation de 300 000 individus environ, gouvernée par un roi appelé « hindinos » assisté d'un grand-prêtre nommé « sinistos ». Leur territoire s'étendait à peu près sur la Hesse et la Bavière rhénane; ils avaient pour villes principales Spire, Mayence, Worms où le roi résidait. Leurs relations avec les Romains étaient bonnes. Quelques-uns d'entre eux prirent part au pillage de la Gaule en iOC, mais ils constituent une exception. Une fois seulement, ils parurent se détacher de Rome, en occupant sans autorisation une partie de la Belgique. Le général romain TEtius les traita comme des rebelles et les fit rentrer dans l'obéissance par la force.

Cet état de choses dura jusqu'à l'arrivée des Huns, en 437. Les Burjj'ondes ne se lais-

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sèrent pas eiirayer par ces petits liommes au teint jaune, au corps velu, à la tête énorme et profondément sillonnée de cicatrices, qui, montés sur des chevaux légers, avaient traversé l'Europe en faisant le vide sur leur passage. Fidèles à la parole donnée, ils voulurent les empêcher de pénétrer dans l'Empire. Ils ne firent qu'attirer sur eux un épouvantable malheur. D'après la célèbre épopée des Niebelungen, 37 464 guerriers furent tués, parmi lesquels le roi Gunther. Ainsi réduits, les Burgondes émigrèrent encore; ils vinrent s'établir, toujours avec l'assentiment du gouvernement romain, dans les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise et la cité de Genève. Mais leur race avait une vitalité extraordinaire. Ils crurent rapidement en nombre, et furent bientôt assez forts pour aller jusqu'à Astorga en Espagne faire la guerre aux Suèves et les vaincre.

DEUXIÈME Les Burgondes.

Tous les contemporains s'accordent pour PORTRAIT faire l'éloge des Burgondes. Grands, blonds, DES BURGONDES. portant de longs cheveux graissés avec du beurer rance, ils sont w la belliqueuse race des Burgondes, dont la vaillante et inépuisable jeunesse est l'effroi de tous ses voisins ». Braves guerriers, leurs armes, telles qu'on les a retrouvées dans leurs sépultures, notamment à Charnay, sont : pour la défensive, un bouclier circulaire fait d'un cadre de bois recouvert d'une peau d'animal, au centre duquel une armature de fer rivée par des clous à grosse tête forme une cavité commode pour mettre le poignet; pour l'offensive, l'épée à deux tranchants suspendue à un baudrier ou à un ceinturon, la lance, le dard barbelé, et le scramasaxe, couteau de soixante-dix centimètres de long, d'un seul tranchant et à lame droite, extrêmement dangereux. Cependant, les Burgondes n'ont pas pour la guerre une passion exclusive. Ils aiment et pratiquent l'agriculture et l'industrie; une moisson manquée leur laisse autant de regrets qu'une bataille perdue. Beaucoup sont gens de métier, charpentiers ou menuisiers. Tandis qu'ils rabotent leurs planches, ils chantent de cette voie gutturale qui est le propre des peuples germains. Grands mangeurs de mets assaisonnés à l'ail et à l'oignon, ils se délassent de leurs fatigues dans d'interminables festins*.

Primitivement, l'odinisme fut leur religion, mais ils l'abandonnèrent, vers 413, pour se convertir au christia-

1. Ua évèque allemand du x" siècle, Liutprand, a soutenu que cette voracité avait valu aux Burgondes leur nom de Burgondions, qui serait le même que Gurgulions (œsophage); on a dit aussi que ce nom venait des bourgs habités par les Burgondes à la lisière du territoire romain, et l'épithète de salé s'expliquerait par des conflits avec les Alamans au sujet de la possession de quelques salines. De son côté, La Monnoye rapporte que, le 25 janvier 1421, les habitants d'Aigues-Mortes, dévoués au roi Charles VII, ajant saisi les Bourguignons qui tenaient garnison dans leur ville, les salèrent par crainte d'infection, d'où letu' vint leur sui'nom. La vérité sur ce point a été dite par dom Plancher : i' Il y a longtemps que l'on cherche, mais toujours inutilement, les commencements et l'origine des noms de Bourgogne et Bourguignons. Je me suis appliqué à celte recherche comme les autres, et tout ce que j'en ai tiré, c'est la persuasion où je suis que les auteurs anciens ou modernes qui ont écrit sur cela n'ont rien dit qui suffise pour nous apprendre l'étymologie de ces noms, et que ce n'est pas sans raison que plusieurs historiens ou critiques habiles ont écrit que tout ce que l'on en a dit et écrit est fabuleux et même ridicule >•.

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nisme, et leur foi nouvelle se manifesta jusque dans leur costume. Les fibules en or et en pierreries qui ornaient leurs manteaux, et dont quelques charmants spécimens ont été conservés, affectent parfois la forme de la croix, parfois celle du poisson symbolique.

Vers le milieu du v^ siècle, les habitants

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ÉTABLISSEMENT dc la Lyounaisc, accablés par les charges DANS financières, manquant de bras pour cultiver

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