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4. Pierre Legouz a tracé d'eux ce joli portrait : « Ce n'est pas en attendrissant

La Bourgogne Contemporaine. chapitre

Les progrès accomplis au xviii*' siècle MISÈRE clans Tordre économique et social auraient dû DES PAYSANS, atténuer, dans une certaine mesure, les souffrances populaires. Mais, comme on Va dit précédemment*, les grandes entreprises industrielles n'avaient enrichi que quelques familles. Les établissements charitables sont notoirement insuffisants; l'enseignement secondaire est réservé à une élite; l'instruction primaire est payante. La mendicité s'étale dans les villes. Les villages situés en dehors des grandes routes, desservis par des « chemins affreux», sont inaccessibles durant les pluies. Après l'hiver de 1709, est venu celui de 1740 « plus violent encoi'e de 2 ou 3 degrés », puis celui de 1748 qui a détruit la moitié des vignes et « fait périr bien du monde par des fluxions de poitrine, », et après les rudes hivers de 1753, 1760, 1767, 1784, la sécheresse de 1788, suivie d' « un froid excessif, qu'aucun vieillard existant n'en a senti de pareil ». A plusieurs reprises, on rencontre des paysans errant par bandes, mangeant des feuilles de fougère, mettant le feu dans les métairies pour s'emparer du bétail qui fuit aflblé et s'en nourrir. Un rapport des alcades de 1769 dépeint ainsi la condition de ces misérables :

Quelques-uns se sont vus forcés à faire leur nourrilure des mets les plus vils et les plus abjects en allant dans les étables des pourceaux ravir la pâture de ces animaux; d'autres n'ont subsisté qu'en arrachant du sein de la terre des plantes ou des racines que

les cœurs qu'ils veulent se faire payer, souvent ce qu'on ne leur doit pas, ou plus qu'on ne leur doit. Ils veulent intimider et dépouiller tout le monde. Il ont toujours l'œil hagard, la parole rude, l'air fier et chagrin, la niiue tout ensemble basse el liautaine. Enfin leur rusticité n'est pas moindre que celle de ces malheureux ouvriers qui travaillent aux mines d'or; mais ceux-là cherchent et ramassent pour autrui, et ceux-ci travaillent principalement pour eux-mêmes.

« La rusticité des autres personnes est incommode et trouble un peu la douceur de la société civile; mais la rusticité des gens qui s'établissent dans les bureaux est vraiment nuisible, et en troublant notre repos, elle nous fait perdre injustement notre bien. On a comparé galamment ces bureaux et les commis qui les occupent à ces divers départements affreux que Pluton a donnés dans un opéra aux divers supplices des malheureux et l'on a fait une élégante parodie des vers qui s')' chantent en les appliquant à ces bureaux impitoyables comme ceux des enfers. » (P. Legouz, Curaclèrex véritables ou Recherche de la vérité dans les ntœurs des hommes, au chapitre de la Ruslicilé; Bibl. municipale de Dijon, ms. 204, folio 22.)

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