‹ Histoire de BourgogneChapitre 144 sur 177 · LES BOURGUIGNONS DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

LES BOURGUIGNONS DE LA RÉVOLUTION

BRII.I.AT-SA\ AKIX. HERXOLX.

/iib!. nat., EstarniKs. y a 43.

liASIRE. I.A/.AKE CAU.NOT.

lUbl. nal., ICélampea. Coll. de l'orlrails.

PI. 30, p. 3rs.

PREMIER La Révolution.

vieux couvent. Elles ont juré un « attachement inviolable » à la Société des Jacobins de Paris; elles correspondent avec elle, lui envoient des renseignements sur l'état politique de la contrée où elles se trouvent; elles équipent des cavaliers, surveillent l'extraction du salpêtre et la fabrication des souliers « pour le compte de la république ». Elles ont ellesmêmes des filiales dans les villages voisins.

La plus importante et la mieux connue de ces sociétés populaires est celle de Dijon. Elle comprend 800 membres, âgés de dix-sept à quatre-vingts ans, petits commerçants ou artisans, et accepte à côté d'elle des « écoliers ardents » et des femmes. Elle a un journal, le Nécessaire., rédigé par Gabet, et trois locaux : l'ancienne salle du Parlement pour les séances publiques, la salle du bailliage pour les réunions du bureau, l'auberge du Marais où s'élaborent les motions. Les séances publiques se tiennent tous les trois jours; des fêtes civiques et des banquets patriotiques ont lieu, à l'occasion de la visite des représentants en mission ou des délégués des sociétés du département ; les orateurs prononcent des discours enflammé^, parmi les applaudissements de l'assistance. Prospères aussi sont la Société des Ursuliiies de Tonne7Te, qui réunit dans son local 800 citoyens et citoyennes ; la Société populaire cTAuxonne, qui envoie une épée à poignée d'argent destinée au premier républicain qui entrera dans Valenciennes . Le conventionnel Chambon raconte en ces termes une séance de la Société populaire de Chalon-sur-Saône, à laquelle il a pris part :

Qu'il fut beau, le jour d'hier à Chalon ! J'avais invité la Société populaire vendredi dernier (29 septembre 1793) à tenir sa séance à Saint-Vincent et à faire un appel au peuple. Ce ne fut pas sans succès que j'eus l'espoir de réunir tous les Chalonnais. Déjà longtemps avant la séance, un peuple immense était dans l'église; là, on ne distinguait plus le riche du pauvre, l'aristocrate du patriote; les uns abjuraient leur erreur, les autres ouvraient leur trésor à la patrie, et le temple sacré ne retentissait que des cris de : Vive la République! Union, fraternité, amour de la patrie! Vive la liberté! Vive la montagne sainte, qui a sauvé le peuple *!

1. Recueil des Actes du Comilc de salul public, t. Vil, p. 147.

La Bourgogne Contemporaine. chapitre

LES

Pour surveiller l'exécution de ses décrets, la Convention avait envoyé des représen-

REPRESESTANTS . . *^ ^

ES MISSION. lants en mission, que i on a comparés quelquefois aux intendants de l'Ancien Régime. Les premiers, Amar et Merlino (Ain), Léonard Bourdon et Prost (Côte-d'Or), Turreau et Garnier (Yonne), Reverchon et Pressavin (Saône-et-Loirc), nommés à la suite du décret du 9 mars 1793 sur le levée de 300 000 hommes, travaillèrent à « réprimer les menées des ennemis de la Révolution », firent arrêter les « personnes notoirement suspectes d'incivisme »; mais ils s'occupèrent surtout « d'exciter les courages et de provoquer de nouveaux enrôlements ». A la fin de 1793 et au début de 1794 furent envoyés, « pour établir le gouvernement révolutionnaire » et « prendre les mesures de sûreté générale » jugées nécessaires, Maure dans l'Yonne, Bernard de Saintes dans la Côte-d'Or, Javogues dans Saôneet-Loire et l'Ain, auquel succédèrent Gouly, puis Albitte et Méaulle. Avec l'assistance des Agents nationaux, nommés par eux auprès des communes et des districts, ils organisèrent la centralisation cl la Terreur.

La Terreur n'eut pas la même violence partout et ne régna pas avec une éarale inten-

Page 1