‹ Histoire de BourgogneChapitre 147 sur 177 · THERMIDO- •' .... · texte numérisé non relu

THERMIDO- •' ....

RiENNE. accueillie en Bourgogne par des manifestations de soulagement. La municipalité de Bourg remercia la Convention d'avoir découvert « l'infâme conspiration des scélérats, Robespierre, Couthon et Saint- Just » ; elle s'apitoya sur les détenus dont les prisons regorgeaient au point de faire craindre une épidémie. Les Jacobins de Saône-et-Loire députèrent à la barre de rassemblée pour la féliciter « du courage et de l'énergie qu'elle avait montrés en faisant périr par le glaive de la loi les triumvirs et leurs complices ». La Société populaire de Dijon, qui avait souhaité qu'on conservât au gouvernement révolutionnaire « toute sa force et son énergie », fut désavouée par les sociétés de Beaune et de Chalon, et déclara finalement qu'elle avait voté sous l'empire de « la cabale ». De nouveaux représentants furent envoyés en mission, Calés dans la Côte-d'Or, Boisset dans lAin et Saône-et-Loire, Borel dans l'Yonne. Us réorganisèrent les administrations locales, épurèrent les Comités de surveillance et les Sociétés populaires de leurs éléments violents. Les principaux terroristes, Sauvageot, RoUet, Baron, Delmasse, furent emprisonnés, sous l'inculpation d'abus d'autorité et d'arrestations arbitraires. Les anciens détenus furent élargis. 59 à Autun, 78 à Mâcon, reçurent leur liberté le même jour. « Les fers de l'opprimé ont tombé sur l'oppresseur, écrit Boisset au Comité de salut public, et des familles nombreuses ont inondé des larmes de la joie les fronts blanchis de leurs parents détenus par les ordres des complices des Hébert et des Robespierre. Partout, j'ai fait succéder la justice à l'effroi, le calme au désespoir et la liberté à l'esclavage. L'Ain est libre. »

La réaction devait être dirigée uniquement contre les terroristes ; ses auteurs ne voulaient plus que « la Terreur

PREMIER La Révolution.

fût à Tordre du jour ». Mais ils entendaient garder en prison les nobles et les prêtres suspects et surveiller les autres. « L'exécution des lois révolutionnaires, dit Fun d'eux, n'est pas l'oppression des citoyens; elle est leur sauvegarde, le garant du succès de la révolution et raffermissement de la liberté et de l'égalité. » Il se forma en Bourgogne, comme ailleurs, un parti qui jugeait ces concessions insuffisantes. A Dijon, le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), les muscadins, armés de cannes et suivis de femmes qui leur criaient de frapper fort, marchèrent « sur trois rangs et huit au front » des Allées de la Retraite à la Place d'Armes « pour se promener, disaient-ils, et se défendre en cas d'attaque », en réalité pour provoquer les jacobins. Les royalistes de l'Ain déclarèrent qu'ils sauraient faire justice des «mathevons » (républicains) et s'affilièrent à la fameuse société des Compagnons de Jéhu. A Bourg, le 30 germinal an III (19 avril 1795), la foule, composée de citoyens de tous âges et de tout sexe, assaillit à coups de pierres, de bâtons, de fusils, de pistolets, les terroristes qui sortaient de prison en voiture, et, malgré la résistance des gendarmes, elle en tua six [Tuerie de C halles). Conseillés par leurs représentants, les républicains se rapprochèrent. La Constitution de Fan III, « dégagée de tout alliage de royauté et d'anarchie », et la disposition additionnelle d'après laquelle les deux tiers des membres des nouveaux conseils devaient être pris par les électeurs dans le sein de la Convention, furent ratifiées par les assemblées primaires à une forte majorité. Dans l'Yonne, 011 il y eut le plus de votes hostiles, le nombre des opposants fut seulement de 1 081 contre 8444.

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