RÉFORMES DE LA
Malgré son existence agitée, la Convention avait accompli des réformes qui complècoNVENTioN. tcnt heurcusemcnt celles de la Constituante. Elles furent surtout importantes en ce qui concerne le développement de l'instruction publique et la transmission de la propriété foncière.
Nulle cause n'était plus populaire en Bourgogne que
La Bourgogne Contemporaine. chapitre
celle de rinslruclion. Basire disait que « ce sont les sciences et la philosophie, dont les efforts constants ont opéré la Révolution ». Des Bourguignons, Carnot, Prieur, Monge, Guyton-Morveau, Daubenton. figurent parmi les créateurs et les premiers professeurs de l'École normale et de l'École polytechnique. Conformément à la loi du 3 brumaire an IV ("24 octobre 1795), fut instituée dans chaque département, à Dijon pour la Côte-d'Or, Auxerre pour TYonne, Bourg pour l'Ain, Autun pour Saône-et-Loire, une École centrale, avec neuf professeurs (dessin, histoire naturelle, langues anciennes, éléments de mathématiques, physique et chimie expérimentales, grammaire générale, belles lettres, histoire, législation), une bibliothèque publique, un jardin, un cabinet d'histoire naturelle. L'instruction primaire fut organisée complètement dans quelques districts (Is-sur-Tille, Arnay-lc-Duc). Malheureusement les instituteurs manquaient. Beaucoup de cantons (Màcon, Avallon, Tonnerre) ne reçurent que la moitié des écoles nécessaires; d'autres, comme Semur, en furent à peu près dépourvus'.
Ces mesures préparèrent l'émancipation morale des classes agricoles; la Législative, en décidant que les biens d'émigrés seraient vendus par lots de deux à quatre journaux, et la Convention en appliquant celte décision, favorisèrent leur émancipation matérielle. Seuls, le partage des communaux et la revente des biens ecclésiastiques avaient permis jusque-là aux paysans de devenir propriétaires. Cette fois, les marchés se multiplièrent à l'infini. Il y en eut 5 773, rien que pour les quatre districts de Dijon, Saint-Jean-de-Losne, Semur et Châtillon. Dans le département de la Côte-d'Or, on a compté jusqu'à 500 ventes par village, portant sur les deux-tiers du finage, et, pour un groupe de dix villages, 399 propriétaires nouveaux contre 137 anciens. Les biens des émigrés du district de Joigny se vendirent avec une facilité prodigieuse; ceux des Montmorency, estimés 52380 livres, atteignirent,
1. Voir les enquêtes publiées par Guillaume, dans le Recueil des procèsverbaux du Comité de l'inslruclion publique, t. VI, p. 892-899.
PREMIER La Révolution.
morcelés en petits lots, 143273 livres; d'autres, estimés 2428 livres, furent adjugés 17 285. « Ne sont-ce pas là, dit celui qui rapporte ce trait, les Romains adjugeant le terrain sur lequel était campé Annibal? »
Cependant les changements politiques et les violences dont ils s'accompagnaient