‹ Histoire de BourgogneChapitre 156 sur 177 · LE SECOND · texte numérisé non relu

LE SECOND

Ce régime dictatorial, sanctionné par le rétablissement de l'Empire, dura environ dix

EMPIRE, , ; , .c^nr.

JUSQU'EN 1860. ^ns, jusqu au décret du 24 novembre 1860

qui modifiait la Constitution dans un sens

libéral. Ce sont dix années pendant lesquelles la vie publique

1. PiEKRE Joigneaux, né à Ruffey-les-Beaune le 23 décembre i8i5, moii à Bois-Colombes le 25 janvier 1S92. Ancien élève de l'Ecole centrale, il fonda la Feuille du village, organe de propagande républicaine. Exilé au 2 décembre, il revint après l'amnistie de 1859 et se consacra à la vulgarisation des sciences agricoles, fut nommé député (1871), puis sénateur (1S89) de la Côte-d'Or.

2. Théodule Changarn'ier, né à Autun le 26 avril 1798, mort à Paris le i4 février 1877. Ancien garde du corps de Louis XVIII, il fit, comme lieutenant, la guerre d'Espagne, et gagna tous ses grades, de capitaine à général de division, dans les guerres d'Algérie {expédition des Portcs-de-Fer). Elu représentant à la Constituante le l, juin i8/,8, il reçut le commandement supérieur des gardes nationales et se montra opposé à Louis-Napoléon. Arrêté le matin du 2 décembre, enfermé à iSIazas, puis exilé, il revint après l'amnistie de 1809 et vécut dans ses terres de Saône-et-Loire jusqu'en 1870, où il rentra dans la vie politique. Il fut président de la commission de revision des grades après la guerre franco-allemande et sénateur inamovililc.

La Bourgogne Contemporaine . chapitre

en Bourgogne fut, pour ainsi dire, suspendue. Toutes les sociétés qui existaient au moment du coup dÉtat avaient disparu; tous les journaux indépendants avaient été supprimés, à Texception du Journal de Beaiine, du Sénonais et delà Constitution d'Auxerre, qui restaient d'ailleurs étroitement surveillés et soumis au régime des communiqués. La loi de sûreté générale du 18 février 1858 permit d'arrêter « selon les rites de la gendarmerie » et de transporter en Afrique sans jugement quelques citoyens « qui troublaient encore la paix publique' ». Les préfets et fonctionnaires de tous ordres exercèrent sur les électeurs une pression sans limites. Lors des élections au Corps législatif de 1857, le préfet de Saône-et Loire écrit :

M. de C, membre du Conseil général, peut seul revendiquer les sympathies de l'Empereur et le concours de l'administration. Le dévouement n'existe plus où l'opposition commence, et c'est faire de l'opposition que se mettre en lutte avec les candidats officiels.

Dans laCôte-d'Or, le député sortant, M. Louis Bazile, a pour concurrent M. Philippon. Le Moniteur de la Côle-d'Or, journal officiel, apprécie ainsi la circulaire de ce dernier :

M. Philippon désirerait que le gouvernement rendît de l'initiative aux mandataires du pays et ouvrît un champ plus large à la discussion, c'est-à-dire que M. Pliilippon voudrait nous replacer précisément dans la situation périlleuse d'où le 2 décembre nous a si heureusement fait sortir... Tout le monde a déjà remarqué que M. Philippon garde un silence absolu sur les institutions impériales, qu'il n'exprime pas la moindre adhésion à ces institutions qui ont rendu à la France sa force, sa gloire, sa grandeur et sa prospérité. Les électeurs, qui connaissent M. Philippon, sauront parfaitement ce que veut dire ce silence intentionnel.

De son côté, l'inspecteur d'académie du même département invite les instituteurs à lui fournir les noms et adresses de tous les électeurs anciens militaires habitant la commune, des médaillés de Sainte-Hélène, des débitants de tabac, des cabaretiers, des pères d'enfants au service, pour en faire les auxiliaires de la candidature officielle; il exhorte en ces termes les instituteurs eux-mêmes à prendre part à l'action :

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