De Chàlillon-sur-Seine
3 Voir p. 4o5-4o6.
DEUXIÈME Le Dix-Neuneme Siècle.
annonça au monde, dans une magnifique circulaire, « les événements de Paris, la victoire du peuple, son héroïsme, sa modération, son apaisement, Tordre rétabli par le concours de tous les citoyens, comme si, dans cet interrègne des pouvoirs visibles, la raison générale était a elle seSle le gouvernement de la France >>. Le coup d Etat du ^ décembre, en le rendant à la vie privée, fut pour lui une cruelle déception. Sa fm fut aussi triste que sa jeunesse avait été facile et souriante; il mourut pauvre et négligé, réduit à la pension nationale que les Chambres impériales lui avaient votée.
Henri Lacordaire (né à Recey-sur-Ource, 1802-1861) fut un grand orateur saci-é. 11 fit LACORDAIRE. ^.^^^^^^ ^gg ^tudcs dc di'oit, et s'éprit d'une vive admiration pour Rousseau; mais, se sentant c< devenir chrétien tous les jours », il entra au séminaire dlssy. Ordonné prêtre en 1827, il se promit de « servir PÉglise par la parole » et par la plume. Il collabora d abord à Avenir le journal de Lamennais, qui avait pour devise : Dieu et liberté! et, condamné par Rome, fit sa soumission sans réserve. Il prêcha ensuite à Notre-Dame de Pans, a Metz, à Bordeaux, à Nancy, à Grenoble, à Toul, salue partout comme un « nouveau Chrysostome ». Il crut « faire acte de bon citoyen autant que de bon catholique « en rétablissant en France les Frères prêcheurs. On le vit siéger à l'Assemblée législative, où il était député, sous le froc blanc de saint Dominique. Lacordaire fit partie de 1 Académie française; il a laissé des Sermons et des Oraisons funèbres parmi lesquelles les plus célèbres sont celles du général Drouot et de l'Irlandais O'Connell. Le succès de ses discours provenait de l'éloquence de ses gestes, de 1 ardeur de sa parole et surtout de la hardiesse de ses propos; il ne craignait pas de traiter devant ses auditeurs les problèmes d'actuaUté politique, philosophique ou sociale; il nourrissait l'espoir de « réconcilier l'Église et le monde moderne, le dogme et la liberté ».
La Bourgogne Contemporaine. chapitre
^^^^^y, Edgard Ouinet (né à Bourg, 1803-1875)
débuta à vingt-trois ans par une traduction des Idées sur la philosophie de Vhisloire de Ihumanilé de Herder, et fut Tun des premiers Français à faire connaître et apprécier la science germanique. Il écrivit, entre 1833 et 1838, un mystère en prose, Ahasvérus, et deux poèmes, Napoléon^ Prométhée. Il enseigna ensuite les littératures étrangères à la faculté des lettres de Lyon, les littératures du midi de l'Europe au collège de France, et publia plusieurs ouvrages, les Révolutions d'Italie, VHistoire de la campagne de 1815, la Révolution (1865). Lhistoire ne fut jamais pour lui que l'occasion de déployer son imagination de poète, dans un style harmonieux et imagé qui manque trop souvent de simplicité et de clarté. Mais Quinet a été, selon sa propre définition, « un esprit de liberté ». Comme Michelet, son ami, il aimait passionnément la France, pour laquelle il rêvait « la gloire de devenir Tidéal des peuples modernes » , et voyait dans le peuple français « le peuple de la démocratie par excellence », Il n'oublia jamais le coup d'État du 2 décembre, vécut en exil jusiju'à la fin de l'Empire, et, par cet exemple d'une opposition inflexible autant que par ses ouvrages, ses Lettres, et ses leçons, il exerça une action profonde sur les créateurs de la société actuelle.