‹ Histoire de BourgogneChapitre 46 sur 177 · CREATION · texte numérisé non relu

CREATION

DE NOUVEAUX Clairvaux furent peu suivis; les Cisterciens ORDRES eux-mêmes linirent par oublier les recommandations de leur londatcur, et les monastères se mirent à péricliter. Au début du xiii* siècle, l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, que saint Bernard avait plusieurs fois honorée de sa visite parce qu'elle renfermait la sépulture de sa mère, était ruinée « dans ses biens et dans ses mœurs »; elle dut emprunter de l'argenl aux Juifs, ce qui n'empêcha pas l'abbé Adam de vendre les ornements de l'église, chapes et tentures de soie, croix d'or, calices d'argent. De nouveaux ordres religieux. Templiers, Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Chartreux, firent alors leur apparition en Bourgogne. Beaune semble avoir été leur ville de prédilection. Elle reçut les Templiers en 1241, les Hospitaliers vers la même époque. Un commandeur s'y établit à demeure, avec charge de gouverner « douze maisons de l'hôpital et la maison de Temple de Beaune ».

1. Saint Bernard, Apologie, 9-12, dans Migne, Palrologie laUne, t. 182, col. 909-913.

2. Luchaire, dons Vllisloire Je France de Lavisse, II, 2, p. 282.

DEUXIÈME Le Régime communal.

Éude IV et sa femme Jeanne de France y fondèrent en 1328, dans leur maison de Fontenay, une Chartreuse de douze religieux et de trois frères.

Pendant que la noblesse et le clergé s'or- LE MouvEMEXT ganiseut, les habitants des villes ne restent COMMUNAL. pas fnactifs : dès le milieu du xiii" siècle, ils s'associent au mouvement qui entraîne la majeure partie des villes du royaume vers la conquête des libertés municipales. C'est le moment où le trésor ducal se trouve obéré par les frais de guerre et de croisade et où les ducs cherchent à se procurer de l'argent pour combler le déficit financier et acquérir des terres*. Trouvant dans la vente des chartes de communes une nouvelle source de revenus, ils acquiescent avec empressement au désir de leurs sujets, et, l'élan donné, ne s'arrêtent plus. Hugue 111, Eude III, Hugue IV, concèdent, à prix d'argent, des chartes à toutes les principales villes du duché : Dijon (1183-1187), Avallon (1200-12U)2, Beaune (1203), Nuits-Aval (1212), Chaumont de Châtillon (1213)'', Chalon (1256), Semur (1276); même à de simples bourgs ou châteaux : Rouvres (1215), Talant (1216), Saint-Jean-de-Losne (1227), Montbard (1232), Argilly (1234), Vitteaux (1250). La somme, proportionnée aux ressources de chaque localité, consiste généralement en annuités payables aux jours et lieux fixés par le contrat. Dijon, qui est la capitale, paiera 500 marcs d'argent, le mardi avant les Rameaux à Dijon ou le samedi-saint à Bar;

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