LES BAILLIS
Le Duché de Bourgogne. chapitre
niale. Les prévôts et les châtelains subsistent partout. Vers le milieu du xiii'^ siècle, on voit même apparaître un nouveau fonctionnaire ducal muni d'une autorité plus étendue, le bailli. Il vérifie les comptes des prévôts et châtelains, surveille les levées d'hommes, perçoit les sommes dues à son maître, juge les causes qui lui sont attribuées. Cinq baillis sont ainsi institués, à Autun, Chalon, Dijon, Châlillon, Semur; mais leurs « bailliages » dépassent les limites de ces villes et ils ont des lieutenants dans les sièges subalternes '.
Les baillis surveillèrent étroitement les communes et garantirent la stricte observation des contrats qui les liaient aux ducs. Or l'impôt payé pour les franchises (prestation des marcs) était lourd, et les communes se trouvèrent parfois dans l'impossibilité de l'acquitter. Les libertés furent alors suspendues et des officiers ducaux exercèrent les charges municipales. L'incident le plus grave eut lieu à Dijon en 1277, sous Robert II, prince peu favorable aux libertés urbaines. Sous prétexte que les cinq cents marcs qui lui étaient dus n'avaient pas été payés à temps, il révoqua le maire Eude de Salmaise et les échevins, les remplaça par un maire et des échevins de son choix. Sans doute il rétablit la charte quelque temps après, mais, par ce coup de force, il avait manifesté son autorité et donné un exemple qui ne fut point perdu.
Quelques villages profitèrent du mouve- LEs CLASSES mcut Créé par l'affranchissement des villes AGiucoLES. pour racheter le droit de mainmorte-; mais, en règle générale, les paysans ne cherchèrent pas à s'émanciper. Au xr- siècle, on distingue parmi eux trois catégories de personnes : les colons {acolœ), qui possèdent la tenure emphytéotique^ et ont donné leur nom aux
1. Les premiers baillis connus de Bourgogne sont ; Guillaume le Fort (Aulun, 1223), Pierre de Corbigny (Chalon, 12!,!,), Guillaume Peau (Màcon, 1245), Jacques Pommard, ancien lieutenant à Beaune (Dijon, i2â3j.