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C"eàl-à-dire un Ijail à long terme

DEUXIÈME La Cwilisation du XI" an XI V Siècle.

villages appelés Collonge ou Coulangcs ' ; les serfs, attachés à la terre qu'ils cultivent et passant avec elle à chaque mutation entre les mains d'un nouvel acquéreur; les familiers, sortes de serfs volontaires, d'ailleurs peu nombreux. Au siècle suivant, il n'y a plus que des vilains [villani), exploitant, les uns, le domaine seigneurial, les autres, des terres que le maître leur a abandonnées. Ces terres sont des champs labourables, des blés, des vignes, des saulaies, des oseraies; les champs se mesurent par journaux, les prés par soitures {secturœ), les vignes par ouvrées. L'ensemble des terres d'un village constitue le finage, et chaque village se divise en portions d'inégale grandeur appelées meix [manselliis, diminutif de manse), réparties entre les vilains.

Tout vilain a sa case et son pécule; mais son travail est grevé par de nombreuses redevances ou prestations , en argent, en nature. La corvée l'oblige à faucher les moissons et à vendanger les vignes du seigneur, sans recevoir aucune rétribution. Les dîmes lui enlèvent une partie de sa récolte. La taille est une contribution en argent, qui se lève généralement « à volonté ». La mainmorte i^ est le droit du maître de retirer à soi les biens meubles et immeubles du tenancier mort sans laisser d'héritiers directs vivant en communauté ». Le formariage interdit à la femme serve d"épouser l'homme d'un autre seigneur, à moins de renoncer à sa terre et à ses biens. Les banalités du four, du moulin, du pressoir, contraignent le vilain à faire cuire son pain au four^ à moudre son grain au moulin, à presser son vin au pressoir du seigneur, le tout moyennant finances, à payer pour avoir la jouissance partielle des bois, des pâturages, des étangs du domaine. Un prévôt de village veille à l'exécution de ces mesures, ainsi qu'à l'entretien de la terre seigneuriale.

Le régime est le môme partout, sur les domaines des ducs comme sur ceux des nobles, des églises, des abbayes. Avec leurs vastes dépendances, celles-ci constituent de

1. Collonge-cn-Cliarolais et ColIonge-la-Madelcine (Saone-et-Loirc); Collonse-les-Premières cl Collonges-les-Bévy (Côle-d'Or); Coulanges-la-Vineiisc et Coulanges-sur-Yonne (Yonne); CoUonge prèrf de Gex (Ain).

grandes exploitations agricoles autant que des centres religieux :

En 1178, le palrimoinc de l'abbaye de Saint-Seine se composait de sept domaines assez éloignés les uns des autres : 1° sur le territoire de Beaune, des vignes ou des églises h Corboin, Chassagne, Savigny, Serigny et Bouze; 2° sur le territoire de Chalon-sur-Saône, des vignes ou des dîmes à Rully, Mellecey et Gigny; 3" à Barbonne, cinq arpents de ten-e et les hommes qui iiabitaient ce domaine; 4° des terres, des moulins et des hommes à Rouvres et Fauverney; 5° à Langres, l'église de Saint-Martin; 6° à Salins, un droit sur les salines ; 7° enfin et surtout le domaine principal qui entourait l'abbaye et s'étendait dans la direction nord-sud, de Salives et Lamargelle à Savigny et Saint-IIélier, et, de l'est à l'ouest, de Daix à Chanceaux et Salmaise.

Grâce à de nombreux actes de vente, d'échange, de donation, ce domaine principal se resserra peu à peu. Dans sa forme définitive, il comprit, en un seul bloc, les territoires de dix-huit villages actuels, soit une superficie de 28 641 hectares.... En face des religieux, dont le nombre fut réduit à 14 vers l'année 1320, les non-nobles étaient environ 2 000 '.

L'agriculture était trop asservie pour LE COMMERCE {q\yq (je séricux progrès : elle se maintint

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