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CHAPITRE III LES DUCS DE LA MAISON DE VALOIS

L'ISTERP.EGS'E.

ORSQUE Philippe de Rouvres mourut, sa succession était mal définie. Son testament instituait ses héritiers « ceux qui par droit ou coutume du pays le doivent et peuvent être », mais ne les nommait pas; ses conseillers écrivaient aux prévôts et châtelains « qu'ils se donnassent bien garde de dire en leur gouvernement que messire le duc était trépassé, car Ton ne savait à qui répondre ni à qui la seigneurie du pays pouvait appartenir ». Profitant de ces hésitations,

1. Sources : Chroniques de Froissart (éd. Kervyn de Leltenhove) et de Monstrelet (éd. Douel-d'Arcq). Georges Chastellain, Clironiqua des choses de ce lemps et autres œuvres historiques, éd. K. de Lettenhove, 8 vol., iS63-65. Jean Molinet, Chronique, dans la Collection Buchon. Lefebvre de Saiiit-Remy, Mémoires, éd. Morand, 2 vol. 187G-81. Olivier de la Marche, Œuvres, éd. d'Arbaumont et Beaune, i883. Commines, Mémoires, éd. de Mandrot, 2 vol., igoS. ou éd. Dupont, 3 vol. i84t>-47. Kervyn de Lettenhove, Chroniques relatives à l histoire de la Belgique sous la domination des ducs de Bourgogne, 3 vol. in-4, 1870-1876. Gingins la Sarra, Les dépêches des ambassadeurs milanais sur les campagnes de Charles le Téméraire, 2 vol. in-8, i858. Cosneau, Les grands traités de la guerre de Cent Ans, dans la Collection de textes pour servir à l'étude et à l'enseignement de l'histoire, 1889. — Il n'existe aucun recueil des Ordonnances des ducs de Bourgogne, mais on en trouvera un certain nombre dans Dom Plancher, 0. c, et Champeau.x, Les Ordonnances des ducs de Bourgogne, 190S. Les documents français de la même époque, en particulier les Histoires de Charles VI du Religieu.x de Saint-Denis et de Jouvenel des Ursins, et VHistoirc de Charles VII de Thomas Basin, sont également à consulter.

Ouvrages modernes : Dom Plancher, Histoire générale de Bourgogne, t. III et IV. De Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, éd. ReilTenbcrg, 10 vol. )n-8, 183-5-36. Pirenne, Histoire de Belgique, t. II, 1907 (excellent comme idées générales). Ernest Lavisse, Histoire de France, t. IV, 1902 fpar Coville et Petit-Dutaillis). Coville, Les Cabochiens et l'Ordonnance cabochienne. i888(important pour Jean sans l*eur). Dufresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, G vol. ia-8, 1881-1891 (important pour l'iiilippe le Bon). De Fréniinville, Les

Le Duché de Bourgogne. chapitre

le roi Jean le Bon, parent du défunt au cinquième degré, déclara « de sa pleine science et royale autorité » la Bourgogne unie indissolublement au royaume de France (novembre 1361). Le traité de Cîteaux (13 janvier 1362) reconnut ses prétentions. L'un de ses officiers, le comte de Tan carville, assisté par Guy de Saint-Sépulcre, doyen de la cathédrale de Troyes, et Nicolas Braque, vieux serviteur d'une fidélité éprouvée, prit possession du duché en son nom. La grande compagnie, redevenue menaçante, fut victorieuse de l'armée royale à Brignais près de Lyon (6 avril 1362), mais consentit une trêve en faveur de la Bourgogne.

Cependant les Bourguignons n'avaient pas vécu pendant plusieurs siècles sous des souverains particuliers, sans que leur goût pour l'autonomie se trouvât fortifié. De son côté, Jean 11 désirait « pourvoir à la sûreté de l'état de son très cher fils Philippe, pour les bons et agréables services qu'il lui avait faits ». 11 le nomma lieutenant général du duché le 27 juin 1363, duc et premier pair de France le 1" septembre. Charles V ayant confirmé ces décisions par lettres patentes du 2 juin 1364, Philippe fit son entrée solennelle à Dijon le 17 novembre suivant. Avec lui commence une nouvelle dynastie, celle des "Valois.

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