ENTRÉE DES B<JLKGUICNO.\S A PARIS EN 141. S
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TROISIÈME Les Ducs de la maison de Valois.
le voir, et il n'y eut homme là étant qui se pont tenir de plenrer ' ».
Philippe le Bon, fils aîné de Jean sans LE TRAITÉ Peur, gouvemait alors la Flandre, et y me- DE rnoYES. nait joyeuse vie. Lorsque l'évêque de Tournai lui eut appris, avec tous les ménagements possibles, la fatale nouvelle, il se jeta sur son lit en poussant des cris horribles, « et là gisant devint subitement défiguré de visage, privé de parole et tout amorti d'esprit ». Une se borna pas à gémir. Parmi les projets que Tambitieux Jean nourrissait pendant les dernières années de sa vie, se trouvait un projet d'entente avec les Anglais. Il lui avait semblé qu'en agissant ainsi, il deviendrait l'arbitre entre la France et l'Angleterre; prévoyant les dernières conséquences de son acte, il s'était montré prêt à reconnaître dans le roi d'xVngleterre l'héritier légitime des rois de France et à lui prêter hommage « comme sujet doit faire à son souverain seigneur ». Malgré quelques conseillers qui le suppliaient de demander justice et non point de rechercher sa vengeance, « laquelle appartient à Dieu tant seulement », Philippe le Bon reprit le dessein de son père. Le 21 mai 1420, Charles VI et Isabeau de Bavière signèrent, à son instigagation, le traité de Troyes. Le roi d'Angleterre Henri V était fiancé à Catherine de France, fille de Charles VI ; il recevait à perpétuité pour lui et ses héritiers « la couronne et royaume de France avec tous leurs droits et appartenances ». En attendant la mort de Charles VI, il prenait le titre d' « héritier de France » et se chargeait de « gouverner et oi donner la chose publique dudit royaume » ainsi que la personne du roi, avec le conseil du duc de Bourgogne. Charles VI,
1. Ce récit du meurtre de Jean sans Peur diflerc de celui qu'on fait habituellement; en particulier, il n'y est plus question du coup de hache porté par Tanneguj' Duchàtel. L'examen minutieux des documents m'a en effet conduit à cette conclusion que c'était là une légende. J'ajouterai que le crâne soidisant fracturé, qu'on montre à Dijon comme étant celui de Jean sans Peur, a appartenu à Philippe le Hardi. Cf. L. Morillot, La question des restes de Jean sans Peur, au t. Xl\ des Mémoires de la Commission des anliquilés de la Cole-
Le Du elle de Bourgogne. chapitre
Philippe le Bon et Henri V, « considérés les orribles et inutiles crimes et délits perpétrés au royaume de France par Charles, soi-disant dauphin de Viennois », déclaraient ne vouloir traiter avec lui de « paix ou de concorde..., sinon du conseil et assentiment de tous et de chacun des trois et des trois états des deux royaumes * ».
Les résultats du traité de Troyes furent liouRGViGNONS tcrriblcs pour la France. Tandis que Char- ET ANGLAIS. les Yi. après avoir renié son fils, mourait dans l'inconscience, un prince anglais, le fils de Henri V et de Catherine de France, Henri VI, était proclamé roi à Paris. Les soldats bourguignons aidèrent les soldats anglais à vaincre les Français à Cravant (1423), à Verneuil (1424). Jeanne d'Arc fut prise devant Compiègne, en faisant une sortie contre les Anglo-Bourguignons, « et menée à franche joie devers le duc..., lequel fut moult joyeux de la prise d'icelle pour le grant nom qu'elle avait (1430) ». René d'Anjou, qui était l'allié des Français, fut battu à Bulgnéville (2 juillet 1431) par son rival, le comte de Vaudémont, allié aux Bourguignons, et emmené à Dijon, où il employa sa captivité à composer des poésies; dans ce combat, 6000 Bourguignons commandés par le maréchal de Toulongeon défirent, en moins d'une heure, 20 000 ennemis et en tuèrent près de 4000. Le dauphin avait réussi à jeter dans Avallon 200 hommes « raides et instruits à la guerre », sous le capitaine d'Épailly dit Fort-Épices ; l'un des meilleurs officiers de Philippe le Bon, le bâtard de Saint-Pol, enleva la place avec ses gens et l'occupa solidement (1433).
Mais les Anglais ne surent pas ménager le duc de Bourgogne. Le duc de Glocester, oncle de Henri VI, travailla à lui enlever le Hainaut qu'il convoitait. Philippe s'aperçut qu'au lieu d'alliés, il s'était donné des maîtres et des maîtres dont l'arrogance ne faisait que croître. D'autre part, il voyait les soldats anglais enorgueillis par le succès, piller les villes, rançonner les provinces, oublier la discipline, tandis que les