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Cosneaii, Traités de la guerre de Cenl Ans, p. loo-iiô

TROISIÈME Les Ducs de la maison de Valois.

nobles français, se pliant aux devoirs militaires les plus rudes, préparaient la revanche de la France. Peut-être aussi le sentiment national n'avait-il pas entièrement disparu de cette âme aigrie par le malheur : un vieux chroniqueur dit que « le sang royal lui bouillait en Testomac et à Tentour du cœur ». Il se rapprocha de Charles VII par les préliminaires de Nevers, et le traité d'Arras réconcilia les maisons de France et de Bourgogne (21 septembre 1435).

Charles VII déclarait que la mort de Jean TRAITÉ sans Peur avait été « iniquement et mauvai-

u'ARnAs. sèment faite », et que, s'il avait eu Fâge et Tentendement qu'il avait à présent, « il y eût obvié de tout son pouvoir ». Une belle croix « bien entaillée et entretenue à toujours » devait être édifiée à ses dépens sur le pont de Montereau, « au lieu où fut perpétré le mauvais cas », et un couvent de Chartreux créé « à bonnes rentes » dans la ville ou proche d'elle, «< avec les cloîtres, celles, réfectoires, granges et autres édifices nécessaires et convenables ». Une haute messe de requiem se dirait chaque jour au grand autel de la chapelle des Chartreux de Dijon où Jean sans Peur avait été enseveli. Charles VII s'engageait à « faire prendre et appréhender, pour être punis en corps et en biens », les meurtriers du duc de Bourgogne, et, comme l'information les concernant n'était pas terminée, il promettait de procéder de la même manière vis-à-vis de tout assassin dont le nom serait découvert dans la suite.

En plus de ces satisfactions morales^ Philippe le Bon obtenait de magnifiques avantages matériels. Il recevait 50 000 vieux écus d'or au marc de Troyes, soit 650 000 francs en valeur absolue, « comme récompensation des joyaux et autres biens meubles » pris à son père au temps de son décès. Il obtenait en héritage perpétuel « pour lui et ses héritiers légitimes, soit mâles ou femelles descendant en directe hgne », les cités et comiés de Màcon et d'Auxerre, les château, ville et chàtellenie de Bar-sur-Seine, le comté de Boulogne, les villes et châtellenies de Péronne, Montdi-

Le Duché de Bourgogne. chapitre

dier et Roye, avec toutes leurs dépendances, tous les profits et émoluments provenant de l'exercice des droits régaliens. Les villes de la Somme, Saint-Quentin, Corbie, Amiens, Abbeville, et le comté de Ponthieu « appartenant à la couronne de France » lui étaient concédés de la même façon, mais avec cette restriction que le roi pourrait toujours les racheter moyennant 400 000 écus d'or. Enfin l'article 28 affranchissait Philippe le Bon, sa vie durant, de ses obligations féodales envers le roi de France :

llem et que mondit seigneur de Bourgogne ne sera tenu do faire aucune foi, ni hommage, ni service au Roy des terres et seigneuries qu'il tient à présent au royaume de France, ni de celles qu'il doit avoir par ce présent traité, et pareillement de celles qui lui pourront échoir cy après, par succession, audit royaume ; mais sera et demeurra exempt, de sa personne, en tous cas, de sujétion, hommage, ressort, souveraineté et autres du Roy, durant la vie de lui: mais, après son décès, mondit seigneur de Bourgogne fera à son fils et successeur en la couronne de France les hommages, fidélités et services qu'il appartient; et aussi, si mondit seigneur de Bourgogne allait de vie à trépas avant le Roy, ses héritiers et ayans cause feront au Roy Icsdils hommages, fidélités et services ainsi qu'il appartiendra.

Les féaux et sujets du duc de Bourgogne ne pouvaient être contraints de s'armer « au commandement du roi ni de ses officiers », mais, au cas où les Anglais feraient la guerre au duc « à l'occasion de ce présent accord », le roi serait tenu de le secourir, « soit par mer ou par terre, à toute puissance ou autrement, selon que le cas le requerrait, tout ainsi comme pour son propre fait ». Si Charles VII violait sa parole, ses vassaux, féaux, sujets et serviteurs étaient déliés de leur serment de fidélité envers lui et obligés de servir contre lui le duc de Bourgogne ou ses successeurs ^

Cette paix était un bonheur pour la Bour-

LEs gogne. Bien qu'alliée à l'Angleterre, elle avait

ÈcoRCHEURS. été fort éprouvée par la guerre; le « doute

des Armagnacs » fut pour elle la cause de

continuelles inquiétudes. Cependant la tranquillité ne lui

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