Quicherat, Rodrigue de Villandrado
2. Garnier, Les /îec/ierc/ie.s de /"eu.r.e/i Bouryogne aux XIV" el XV' siècles, iSjô. — Voir aussi, sur les exploits des Ecorcheurs en Bourgogne, des choses intéressantes dans le Journal de Jehan Denis bourgeois de Màcon (1430-1438), publié par Canat, Documents pour servir à iliisloire de Bourgogne.
Le Duché de Bourgogne. chapitre
et entre les autres certains ctievaux qui étaient à Claude etAnthoine de la Grange frères. De laquelle fut accordé esdits gens d'armes à un marc d'or devant le château de la Mo te de Leyve par le moyen de Guillerme Cadot, lors capitaine dudit château, à la requeste de la plus grant partie des habitants dudit Leyve '.
Il était opportun d'agir, si l'on ne voulait voir « la totale destruction et perdition du pays ». Le comte de Fribourg, maréchal de Bourgogne, adressa aux nobles bourguignons 220 lettres closes, contenant chacune plus d'une feuille de papier, pour les inciter à se ressaisir; de lourdes amendes frappèrent Beaune, Auxonne, Nuits, toutes les villes qui, par crainte des Écorcheurs, avaient refusé d'accueillir les officiers du duc de Bourgogne. En l'i38, les capitaines et seigneurs du pays, rassemblés à Chalon-sur-Saône, décidèrent de faire aux Écorcheurs une guerre impitoyable. Ceux qu'on prit furent aussitôt exécutés, comme « larrons, pillards et gens abandonnés », et leurs corps liés par paquets jetés à la rivière. Si l'on en croit l'historien contemporain Olivier de la Marche, la Saône et le Doubs se remplirent de cadavres, à tel point que les pêcheurs les ramenaient avec leurs filets, en guise de poisson. Beaucoup périrent de la sorte. Les survivants furent emmenés par Charles VII au siège de Metz, et les derniers disparurent à la bataille de Saint-Jacques (14i4).
APOGEE
Alors se place l'apogée de l'État bourguignon. Son étendue est immense. Depuis
DP'î'h'TAT
BOURGUIGNON. ^6 mariage de Philippe le Hardi, les ducs n'ont jamais cessé de convoiter les Pays-Bas, mais, par des combinaisons savantes, des acquisitions, des mariages, ils ont réussi à les occuper presque entièrement. La Hollande, la Zélande, la Gueldre, la Flandre, le Brabant, le Namurois, le Hainaut, l'Artois, la Picardie, la Franche- Comté, leur appartiennent; toute la côte de la Manche et de la mer du Nord, de l'embouchure de la Somme au
1. Bazin, Un épisode du passage des Écorcheurs en Chalonnais (liJSS), dans Mémoires de la Sociélé bourguignonne de Géographie et d'Histoire, 1890, p. 93-112.
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PHU.Il'l'E I.i; BON. DUC DK BOURGOGNE ENTOUnÉ DE SES DEVISES ET DE SES ÉlUSSONS
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PI. n, p. 16-'-
TROISIÈME Les Ducs de la maison de Valois.
Zuyderzée, est à eux. Sur le plateau ardennais et lorrain, ils empiètent largement par le Luxembourg- et les comtés de Thionville et de Rethel. En Bourgogne, ils dominent de la Loire au Jura suisse et de FYonne au-dessous d'Auxerre à la Saône au-dessous de Màcon. Amsterdam, Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges, Lille, Amiens, Dijon, Besançon, Auxerre, Nevers, sont leurs villes principales. Cela fait en tout quatre royaumes grands comme la Belgique ou la Hollande actuelle, et dont la Belgique et la Hollande font partie. De précieuses relations économiques se sont établies entre ces contrées que la politique a réunies. Les vins de Bourgogne en particulier ont trouvé dans les Pays-Bas un débouché qu'ils ne perdront jamais. Partout, la population est dense. Aux Pays-Bas, elle atteint deux millions d'habitants; dans le duché, elle dépasse de 15 p. 100 les chiffres de 1376'.
Sur ce vaste territoire, l'obéissance au duc est absolue. Même les villes de l'Escaut et de la Meuse, si attachées à leurs libertés, durent en faire le sacrifice. Celles qui tentèrent une résistance furent cruellement punies. Des forêts de roues et de gibets, des noyades, des incendies, en vinrent à bout. Déjà sous Jean sans Peur, Liège, «. cette ville merveilleusement peuplée et où il se disait par jour autant de messes comme il faisait à Rome », avait vu 25 000 de ses enfants massacrés dans la plaine d'Othée (1408). Les Liégeois furent écrasés de nouveau par Philippe le Bon à Montenaker, en attendant que Charles le Téméraire livrât leur ville aux flammes, après y être entré par une brèche de vingt brassées (1467). Dinant, la ville des batteurs de cuivre « qui font pots et poêles et choses semblables », fut déraoH (1466)2.
1. En vingt-cinq ans, la population do Dijon monta de G71 feux (33-55 habitants) à 2 6k', feux (i3 070 iiabitants). Le môme progrès s'observe dans les villages. La population totale des dix premières paroisses inscrites dans la « cerche'de feux .. du bailliage de Dijon, qui était cmî i43i de 5i6 feux (aSSo habitants), s'éleva à 889 (4445 habitants).
2. Sur l'histoire de la Belgique au temps des ducs de Bourgogne, qui n'entre pas dans le cadre de notre travail, voir le tome II de ÏHisloire de Belgique de Pirenne.
Le Duché de Bourf^o^ne. chapitre
Philippe le Bon, qu'on devrait plutôt LE DUC appeler Philippe le Mas'nilique. était le chef