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QUATRIÈME Lcs Institutions au XV'' siècle.
la chaire et le dos du duc sont empris les écuyers du duc, c'est assavoir ceux de la chambre, qu'en France on dit enfants d'honneur, qui aucunefois servent à l'état d'eschanson, panetier et oscuyer Iranchant, quand le prince est en chambre à sa privauté '.
Les ducs de Bourgogne ont deux hôtels dans la capitale du royaume, les hôtels d'Artois et de Conflans, des palais dans toutes les villes importantes de leurs États. A Paris, la Tour de Jean-sans-Peur est un reste de leur ancienne habitation. A Dijon, leur demeure a été en grande partie conservée. Elle comprend une tour carrée, la Tour de Bar, construite sous Philippe le Hardi, et un grand corps de logis remontant à Philippe le Bon, dont le premier étage fait salle de réception ; une tour de 46 mètres d'élévation, la Tour de la Terrasse, sert de montée et de guette. Il y avait autrefois des jardins plantés de tilleuls et de rosiers, des salles de bain, une chapelle bâtie dans le style gothique, la Sainte- Chapelle, ainsi nommée parce qu'elle renfermait une hostie miraculeuse, don du pape Eugène IV. Sur les toitures flottaient des étendards aux armes ducales.
Le duc a cinq grands officiers : le maré-
LES OFFICIERS ^^^^^ ^^ Bourgognc, qui commande l'armée de terre; V amiral de Flandre^ qui dirige la marine; le premier chambellan, qui a la clef de la chambre ; le grand écuyer, qui porte la bannière les jours de bataille; le chancelier. Celui-ci n'a pas seulement la garde du sceau et la nomination des notaires; il est le chef de la justice, le plus écouté de tous les officiers : c'est un homme de confiance, presque un premier ministre. Son traitement, de 400 francs d'or sous Jean sans Peur, monte à 2 000 francs sous Philippe le Bon, sans compter les gratifications et les frais de tournée :
Après le service faict de Dieu en l'église, la justice est le second service dont Dieu doit être servy. Et pour le conseil, tant de ses grans affaires comme pour ladite justice, le duc a un chancelier
1. Olivier de la Marche, Élat de la maison de Charles le Téméraire, éd. Beaune, t. IV, p. 5.
en chef.... Et me passe de deviser de l'autorité et prééminence du chancelier pour ce que l'on sait bien partout que un chancelier préside, et même en la présence du prince il demande les opinions. Il a le grand seel * en ses mains, et est le premier homme nommé et le premier officier et devant tous en toutes choses 2.
Au-dessous de ces hauts personnages vient la foule des petits officiers, chambellans, maîtres d'hôtels, écuyers tranchants, pannetiers, échansons, écuyers d'écurie, pages, fauconniers, veneurs, plus nombreux encore qu'au temps des Capétiens directs et ayant sous leurs ordres des nuées de
valets.
Chaque prince ou princesse a également sa^maison. Celle de la duchesse Marguerite de Flandre comprend trois maîtres d'hôtel, quatre écuyers, plusieurs dames d'honneur, le confesseur en titre Beaupère et frère Jean son compagnon, le médecin en titre, quatre chevaucheurs, un palefrenier avec cinquante valets « pour le service de la haquenée et de la litière de madame », quatre fous traînés par quatre chevaux sur le « chariot des fous ». La suite d'Isabelle de Portugal, femme de Philippe le Bon, est à peu près la même. Lorsque Charles le Téméraire atteint l'âge de douze ans, on lui constitue une cour avec des « jeunes gens de grande maison, de son âge ou moindre », Jehan de la Trémoille, Philippe de Croy, Guyot de Brimeu, Charles de Ternant, Phihppe de Crèvecœur, et tous sont montés sur de petits chevaux harnachés comme celui de leur maître.
Les officiers qui ont joué un rôle dans
LE CHANCELIER l'histoirc de Bourgogne sont : parmi les
ROLiN. chambellans, Guy de la Trémoille ; parmi les
maréchaux, Guy de Pontailler, le comte de
Fribourg, le sire de Toulongeon ; parmi les chanceliers,
Jean Thoisy, évêque de Tournay, et surtout Nicolas Rolin.
Il naquit à Autun vers 1380, d'une famille de petits
bourgeois originaire de Poligny, et devint avocat au barreau