‹ Histoire de BourgogneChapitre 72 sur 177 · Sceau · texte numérisé non relu

Sceau

2. Olivier de la Marche, Elaî de la maison de Charle!S le Téméraire, éd. Beaune, t. IV, p. 3-4-

LA BOUHGOGiNE AU W ' SIÈCLE

DIJON ANCIliN.

Bibl. liai.. ICslamp".):. Va 33.

Phut. Xeurdein frères, PALAIS DES DUCS DE B<)UKG(JG.\E A DI.IO.N. I.E.LDGIS DE PHILIPPE LE BOX.

PI. 12, p 170.

QUATRIÈME Les Institutions au XV^ siècle.

de Paris, puis conseiller au Parlement de Bourgogne. Légiste érainent, réputé « pour son haut sens et valeur », il fut employé par Jean sans Peur aux négociations les plus délicates, et reçut en récompense les château et seigneurie d'Authume. Philippe le Bon lui confia les sceaux le 3 décembre 1422, et les lui laissa jusqu'à sa mort survenue le 18 janvier 1462. Pendant cette période de près de quarante ans, aucune décision importante ne fut prise hors de sa présence. « Il solait tout gouverner tout seul, dit Chastellain, fut de guerre, fut de paix, fut en fait de finances. De tout et en tout le duc s'en attendait à lui et sur lui comme principal reposait, et n'y avait ni office ni bénéfice, ni par ville, ni par champs, en tous ses pays, ni don ni emprunt fait qui tout par lui ne se fît et conduisît, et à lui ne répondît comme le regardeur sur tout. » Pvolin fut le principal artisan du traité d'Arras, dont il avait formulé, dès 1423, les conditions essentielles; il présida de nombreux conseils de guerre et négocia la plupart des mariages de la maison de Bourgogne. Un chevalier qui conspirait contre lui, Jean de Grandson, seigneur de Pesmes, fut descendu dans une basse fosse et étouffé entre deux matelas. Très laborieux, mais aussi très âpre au gain, le chancelier réunit, par achats, donations ou confiscations, des domaines immenses; il plaça très bien tous les membres de sa famille, entre autre son fils Jean qui devint évêque d'Autun et cardinal. Du moins employa-t-il une partie de sa fortune à protéger les artistes. Il commanda à Van Eyck la Vierge au donateur qui est au Louvre, à Roger van der Weyden le Triptyque du Jugement dernier qui est à Beaune. Il fit construire dans cette même ville, « pour que les pauvres infirmes y fussent reçus, servis et logés », un hospice dont la cour intérieure, décorée de lucarnes et de clochetons, est une des merveilles de l'architecture bourguignonne du xv^ siècle ^

1. Périer, Unchancelier au XV" siccle, I\lcolas BoUn, iQol,. î>Jarc, L'avènemenl du chancelier Bolin, dans Mémoires de la Société hourguitjnonne de géographie et d'histoire, igoS. — Comme monographie d'un maréchal de Bourgogne, voir Dumay, Guy de Poulailler, dans les mêmes Mémoires, 1907.

Le Duché de Bourgogne. chapitre

L'accroissement de FÉtat bourguignon n'eut pas pour unique résultat d'auarmenter le

LES CONSEILS. , , on ■ ^ i • ■, i .-,

nombre des oiticiers du palais ; il aboutit aussi à une administration plus compliquée. Au temps des Capétiens, la cour du duc avait une compétence générale ; vers la fin seulement apparaissent de modestes officiers de finances et une administration judiciaire munie de ses organes les plus essentiels '. Sous les Valois, on rencontre trois conseils savamment organisés : le Grand Conseil, le Parlement, la Chambre des comptes.

Le Grand Conseil est un conseil de LE gouvernement; il a un caractère politique.

GRAND CONSEIL. Toutcs Ics afîaires qui concernent l'administration de l'État et du domaine ou les relations avec les puissances étrangères lui reviennent; il se prononce sur le choix des fonctionnaires, la fixation de leurs droits et de leurs gages, sur l'octroi des lettres de grâce, de rémission, de bannissement et d'anoblissement, sur la répartition des fonds du trésor; il envoie des ambassades et des courriers ; ses membres sont chargés, à l'occasion, de missions spéciales. Sous Philippe le Hardi et Jean sans Peur, l'organisation de ce conseil était flottante. A partir du règne de Philippe le Bon (ordonnance de 1446), il s'assemble régulièrement et comprend : des conseillers, pris d'ordinaire parmi les chambellans et qui prêtent serment aux mains du chancelier; des maîtres des requêtes, chargés d'étudier les pétitions et de faire des enquêtes; un greffier, « notable homme expert « qui tient registre des délibérations; des secrétaires. D'ailleurs le duc peut appeler au conseil telles personnes qu'il lui plaît, dont l'avis peut lui être utile, gens de guerre ou de finances, même de simples baillis. Les conseillers délibèrent sous sa présidence, ou, en son absence, sous celle du chancelier, ce qui exphquela double formule en usage dans les actes : « Par monseigneur le duc en son conseil » ou « Par monseigneur le duc à la relation de son conseil ».

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