Servante
QUATRIÈME Lu ClvUisation au XV^ siècle.
devant chaque étal, et levait son droit sur les victuailles et ustensiles exposés en vente par les marchands forains. 11 désignait chaque chose du bout du petit bâton blanc paincturé qu'il tenait à la main. Nul n'était tenté de s'y soustraire, car on savait qu'en cas de refus il était autorisé à percevoir lui-même mais le plus doucement possible et sans esclandre. Qu'on juge ce que devait être le bourg quand, un jour de marché, la trompette de la ville annonçait du dessus delà rue qu'un acte de justice municipale allait là s'accomplir. Qu'on se représente cette foule se précijiilant des bancs, des allées, des boutiques, pour arriver plus vite au carrefour!...
Quand venait la nuit et que le couvre-feu sonné à Saint-Jean livrait en quelque sorte la ville aux truands et mauvais garçons, le repos de ses laborieux habitants était souvent troublé de plus d'une manière. Sans parler des ménétriers qui, durant TAvent y cornaient le cloraulot, des jeunes gens qui donnaient à leurs amies les ébaillées du mois de mai, c'étaient d'épouvantables charivaris administrés par permission du maire aux veuves du quartier qui se remariaient, ou bien des rixes dont la dague était toujours le dernier mot *.
Les ducs étaient très populaires sur toute ENTRÉES l'étendue de leurs États. Leurs sujets priaient DES DUCS. Dieu pour lui demander « la bonne disposition et tranquillité d'eux, de leur femme et de leurs enfants ». Quand ils traversaient les bourgs, on accourait leur offrir du vin ou des confitures; quand ils visitaient une de leurs bonnes villes, leur entrée donnait le signal de réjouissances sans fin. A Dijon, ces fêtes étaient particulièrement brillantes. Lorsque Charles le Téméraire se présenta le 23 janvier 147 i, le maire et les échevins en robes violettes, suivis des députés des villes, allèrent au-devant de lui jusqu'à Perrigny. Des tapisseries avaient été tendues; des personnages, placés dans de petits théâtres dressés de distance en distance, tenaient des rouleaux sur lesquels étaient écrits des souhaits de bienvenue. Place du Morimont, Notre-Seigneur attendait en personne, couvert dune chape vermeille et accompagné de deux anges; place Saint- Jean, Gédéon vêtu d'une cotte d'armes semée de toisons d'or mettait en fuite une troupe ennemie ; au Coin du miroir
1. Josepli Garnier, Histoire du quartier du Bourg, 1898. — Les dilTùrenles études de Garnier sont ce qu'il y a de mieu.x sur Dijon à celte époque. Comme ouvrages d'ensemble, voir Milsand, Les rues de Dijon, 187^; Chal)euf, Dijon, monuments et souvenirs, i8yV
Le Duché de Boiwgogne. chapitre
étaient les Prophètes; devant Thôtel Macheco, Salomon entouré de chevaliers recevait la reine de Saba avec ses dames. Le duc, richement vêtu comme de coutume, s'avança à cheval parmi la foule, sous un poêle d'or porté par quatre seigneurs; devant lui marchaient le grand écuyer, Tépée nue, et le bailli de Dijon, une longue baguette blanche à la main. Deux pots d'argent furent offerts à Charles au nom de la ville. Le lendemain, il se rendit en grande pompe à l'église Saint-Bénigne; le surlendemain, il offrit un banquet*.
Cette popularité a plusieurs causes. Les ducs honorent grandement le duché; ils l'administrent avec soin ; ils confirment régulièrement les franchises des villes à leur avènement ; ils protègent des bourgeois et au besoin les consultent.
Au temps des Capétiens directs, on ren- LA BOURGEOISIE coutrc à Châtillou, à Talant, des hommes qui DUCALE. s'intitulent « commans » ou « bourgeois du duc ». Leur condition est tout à fait identique à celle des bourgeois du roi dans le royaume de France : ils ne relèvent que de la justice du duc; quelque part qu'ils se trouvent, ils peuvent se réclamer de lui ; leur personne, leurs biens sont en sûreté, et s'il leur survient quelque dommage, ils savent à qui s'adresser pour obtenir réparation. Le nombre de ces bourgeois s'accroit beaucoup au xv* siècle.
Les Etats généraux, qu'on a vus naître
LES ÉTATS pendant la régence de Jean le Bon, se réu-
GÈNÈRAux. nissent fréquemment. Le chancelier Rolin les
harangue plusieurs fois. Ils sont associés
étroitement à la rédaction de la coutume, consultés dès
qu'il s'agit d'ordonner une nouvelle levée de troupes ou de
subsides. Il ne semble d'ailleurs pas qu'ils aient jamais fait
d'opposition. Philippe le Bon, pour ses croisades, Charles
le Téméraire, pour ses premières guerres, obtinrent tout
ce qu'ils voulurent. En 1405, les trois États accordent
1. La relation officielle de cette entrée a été publiée par Cliabeuf dans les Mémoires de la Sociélc bourguignonne de géographie el d'hisloire, i^n.
QUATRIÈME La CwiUsatlon au XV^ siècle.
un « don gratuit » de 36 000 francs; en Î429, ils votent 30 000 francs pour le mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Portugal ; en 1435, 20 000 livres « pour le reboutement des ennemis » (Écorcheurs) ; en 1451, ils donnent 60 000 francs « pour conduire la dépense de monseigneur le duc au voyage qu'il a intention de faire et aller contre le Turc infidèle, lequel se perforée de aller détruire et mettre à perdition la chrétienté ». Seules les dernières entreprises du Téméraire soulevèrent des protestations. Quand, après la bataille de Grandson, il invita tous nobles, vassaux, féaux et autres de ses sujets, à se présenter en armes sous peine d'être pendus, sans excepter les vieillards, et prétendit lever de l'argent de sa seule autorité, les commissaires des États firent à ses officiers la déclaration suivante : « Dites à Monseigneur le duc que nous lui sommes très humbles et très obéissants sujets et serviteurs, mais que, quant à ce que vous nous avez proposé de sa part, il ne se fit jamais, il ne se peut faire et il ne sera pas ».
Il serait exagéré de dire, avec un ancien
totïcw^mS historien, que le xv^ siècle bourguignon a été
AU xv SIÈCLE. « la véritable époque de la Renaissance des
lettres et des arts depuis Charlemagne ». Ce
fut du moins une grande époque.
Les historiens, par leur nombre et leur talent, figurent au premier rang, soit qu'ils aient été chargés officiellement par les ducs de raconter leurs exploits, soit qu'ils écrivent « en manière de passer le temps ». Le « noble orateur » Georges Chastellain, pannetier et conseiller privé de Philippe le Bon (1404-1474), « la perle et l'estoile de tous les historiographes », est l'auteur d'une remarquable Chronique des
c/zoses c/e ce /em/»s, médiocrement continuée par Jean Molinet. Olivier de la Marche* (1425-1502), « natif de Bourgogne », conseiller, maître d'hôtel et capitaine de la garde de Charles le Téméraire, après avoir servi la maison de Bourgogne
1. II. Slein, Olivier de la Marche, historien, poète et diplomate bourguignon,
( 'loi )
Le Duché de Bourgogne. chapitre
pendant soixante ans « tant en armes et ambassades qu'en autres travaux », raconte d'une manière pittoresque, « amplement et de point en point, ce qu'il a vu en celte maison ». Jacques du Clercq écrit un journal sans prétention, « afin que ceux à venir puissent voir les choses passées ». Jean Lefebvre de Saint-Remy (1394-14G8), « un notable et prudent homme » qui fut roi d'armes de la Toison d'Or, désirant éviter « l'oisiveté qui est mère de tous les vices », employé sa vieillesse à « rapporter les hauts louables faits du duc et des chevaliers de son ordre ». Christine de Pisan, veuve de feu maître Etienne de Castel, compose « en style prosal » le Livre des faits et bonnes mœurs du roi Charles V, parce qu' « ainsi plaît être fait à très solennel et redouté prince monseigneur le duc de Bourgogne Philippe (le Hardi) ». Philippe de Commines, originaire de Commines en Flandre et d'abord attaché à la personne de Charles le Téméraire, a laissé des Mémoires qui, par la vigueur du style et la profondeur des idées, font de lui un très grand historien.
La cour de Bourgogne a aussi ses conteurs, ses poètes, ses docteurs. Les Cent nouvelles nouvelles ont été rassemblées « à la requête et avertissement » de Philippe le Bon, à qui elles furent dédiées en 1462. Antoine de la Salle, qu'on a soupçonné d'en être l'auteur, fut peut-être au service de la maison de Bourgogne; il offrit à Philippe le Bon un exemplaire de son Petit Jehan de Saintré. Les grands événements de l'histoire bourguignonne, le désastre de Nicopolis, les noces ducales, le meurtre de Montereau, inspirent des poèmes anonymes comme les Gestes des ducs de Bourgogne, ou d'auteurs connus comme Pierre Michaut et Eustache Deschamps. Jean Wauquclin fait en 1447 une nouvelle traduction de Girarl de JRoussillon. Chastellain et Olivier de la Marche étaient appréciés de leur temps comme auteurs de mystères. Parmi les docteurs, on rencontre Martin Porée, Pierre aux Bœufs, Jean Petit, et le fameux Gerson « maître en théologie et aumônier de monseigneur le duc ».
QUATRIÈME La Cwilisatloii au XV'^ siècle.
Les ducs ne se con tentent pas d'inspirer
BIBLIOTHÈQUE ©t de favoriscr les écrivains modernes; ils
DES DUCS songent à recueillir les ouvrages des anciens.
DE BOURGOGNE. ^, .,. i tt i- i <■ . l
Philippe le Hardi et ses successeurs turent de grands bibliophiles. Ils avaient dans leurs palais de Dijon, de Gand, de Bruges, de Bruxelles, des chambres voûtées et des tours qui renfermaient d'admirables exemplaires de la Bible, des livres d'Heures, des romans de chevalerie du cycle de Charlemagne et d'Arthur, des manuscrits de Tite- Live, de Josèphe, de Grégoire le Grand, de Lucain, les Merveilles du monde de Marco Polo et la Légende dorée de Jacques de Voragine. Des miniatures délicates, des lettres enluminées ornaient les feuillets; les couvertures, aux armes ducales, étaient faites de cuir doré ou de velours vermeil. Les ouvrages les plus précieux étaient enchaînés, pour qu'on ne pût les dérober; quelquefois un étui d'argent y était suspendu « pour les besicles (lunettes) du duc ». La bibliothèque de Bourgogne passait pour « la plus riche et noble librairie du monde » ; la partie conservée aujourd'hui à Bruxelles ne compte pas moins de 18 000 numéros. Philippe le Bon fonda aussi en lii23 une Université à Dôle, sur le modèle des anciennes universités italiennes, avec les quatre facultés de théologie, droit, médecine, arts (lettres). Grâce aux subventions de la ville et des Etats, cet établissement fut bientôt fréquenté par plus de oOO étudiants.
L'éclat littéraire de la Bourgogne au LES ARTS xv^ siècle pâlit cependant devant son éclat LES ARTISTES, artistiquc. On rencontre au service des ducs un nombre incalculable d'architectes, de sculpteurs, de peintres, d'enlumineurs, d'orfèvres, de tapissiers, de fondeurs. Ils sont originaires des contrées les plus diverses, de France, d'Espagne, surtout des Pays-Bas, mais tous sont également bien traités. Les plus importants ont des appointements fixes, un hôtel, et le titre de valet de chambre, qui leur permet d'entrer dans l'intimité du prince. Celui-ci va les visiter dans leur atelier ; il accepte d'être le
Le Duché de Bourgogne. chapitre
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parrain de leurs enfants, s'occupe de leur famille après leur mort.
Parmi les architectes on citera : Jacques de Neuilly et Philippe Mideaul, les constructeurs du palais ducal de Dijon, Drouet de Daramartin, ancien élève de Raymond du Temple, qui fut employé par Charles V aux travaux du Louvre. Les peintres les plus célèbres sont : Jean de Beaumez dont il ne reste rien, Jean Mselweel et Henry Bellechose, auxquels on attribue trois tableaux du Louvre, le Christ mort soutenu par l'Éternel^ le Martyre de saint Denis, le Martyre de saint Georges; Melchior Brœderlam, qui a peint le grand retable du musée de Dijon; Jean van Eyck, valet de chambre de Philippe le Bon, et, comme plus tard Rubens, chargé de missions spéciales; Roger van der Weyden. Les bijoux et les joyaux sont achetés à Paris, chez les orfèvres les plus réputés, Henry Orlaut et Jean Mainfroy, qui s'intitule pour cette raison « orfèvre de monseigneur ». Les tapisseries et « chambres de parement » proviennent des ateliers de haute lice de Paris et d'Arras, Vincent Brossette, Michel Bernard et Jehan Cosset, l'un et l'autre bourgeois d'Arras, Pierre de Beaumez, Jacques Dourdin et Nicolas Bataille, le célèbre auteur de l'Apocalypse d'Angers, sont les fournisseurs attitrés des ducs de Bourgogne. Nicolas Bataille leur vend VIstoire de Godefroy de Bouillon, et Michel Bernard une splendide Bataille de Rosebecque, à fond de verdure, enrichie d'or et d'argent, qui ne mesure pas moins de 285 mètres carrés.
Quelle que soit la valeur individuelle de CLAUS SLUTER ^j^g artistcs, ils n'ont rien créé de comparable sox ÉCOLE à lécole de sculpture, dont Claus Sluter est le fondateur et le chef. Originaire de Hollande, Sluter arriva à Dijon vers 1383; il servit comme ouvrier dans l'atelier du sculpteur Jean de Marville, et devint, le 23 juillet 1389, valet de chambre et imagier en titre de Philippe le Hardi; il garda cette fonction jusqu'à sa mort (janvier 1406). Ce fut un travailleur d'une fécondité et d'une
L'MVi lU)LH(iL:iGi\Oi\ AU XV SIÈCLE
i.i: PUITS Diîs l'iioiMiKTKS (moïsi:, nwin, .n'iiR.Mii ),
l'AH C.I.AIIS si.utkh.
(Cliartreiiso <lo Uijcin.)
PI. Il, 1>, 211(1.
QUATRIÈME La CwiUsation au XV siècle.
originalité exceptionnelles, dont on retrouve la main dans tous les grands ouvrages de l'époque. Gomme tous les maîtres du moyen âge il n'ignorait ni rarchitecture, ni la peinture, mais il ciselait surtout avec un merveilleux talent la pierre, l'albâtre, le marbre. La cour de son hôtel était remplie de blocs extraits des perrières d'Asnières et de Tonnerre ou des carrières de la Meuse. Philippe le Hardi ne cesse de vanter « les bons et agréables services qu'il lui a faits et lui fait chaque jour », et lui accorde en récompense des gratifications considérables. Avant lui, les sculpteurs attachés à certaines conventions hésitaient à imiter franchement la nature ; après lui, ils s'engagèrent résolument dans cette voie, et le triomphe du réalisme fut proprement son oeuvre. Il trouva un digne continuateur dans son neveu et élève Clans de Werve, de Hattem en Gueldre, valet de chambre et imagier des ducs Jean sans Peur et Philippe le Bon, de 1406 à 1439. Sans être comparable à son oncle, Werve fut un artiste consciencieux, honnête, fidèle à ses engagements, sous lequel la sculpture bourguignonne continua de se développer. A côté de ces deux maîtres se placent leurs auxiliaires : Pierre Beauneveu, Jean Hulst. Pîannequin de Prindalle, Jean de Regny.
Les ducs de Bourgogne avaient fait con- LA CHARTREUSE struirc aux portes de Dijon, par Drouet de DE CHAMPMOL. Dammarliu, un vaste couvent de Chartreux, qui comprenait une chapelle, deux cloîtres, des bâtiments conventuels. Cet édifice, où ils se firent ensevehr comme les rois de France à Saint-Denis, s'appelle la Chartreuse de Champmol. Deux monuments dus au ciseau de Clans Sluter et de ses disciples s'y trouvent encore: le Portail de la chapelle et le Puits des prophètes. Le Portail (1388-1390?) est un ensemble de sculptures, qui représente une Vierge à l'enfant ayant à sa droite la duchesse Marguerite de Flandre suivie de sainte Catherine, à sa gauche le duc Philippe le Hardi accompagné de saint Jean-Baptiste. Le Puits des Prophètes (1395-1406), placé jadis au milieu du
Le Duché de Bourgogne. chapitre
grand cloître, consiste en un socle hexagonal entouré de six statues de prophètes, Moïse, David, Isaïe, Zacharie, Daniel, Jérémie; autrefois il était peint et doré; sur sa plate-forme se dressait un Calvaire, auquel était attaché le Christ entouré des saints personnages.
A la même inspiration se rattachent les Tombeaux des ducs de Bourgogne^ placés jadis dans l'église de la Chartreuse, conservés aujourd'hui au musée de Dijon. Ils sont au nombre de deux : le tombeau de Philippe le Hardi, le tombeau de Jean sans Peur et de sa femme Marguerite de Bavière. Le premier est l'œuvre collective de Jean de Marville, Claus Sluter et Claus de Werve (1384-1411); le second est dû à l'Aragonnais Jean de la Huerta et au Dauphinois Antoine Le Moiturier (1443-1470). On y remarque les images funèbres des défunts, d'une admirable sincérité, et, autour du soubassement, une fine galerie d'albâtre, découpée comme de la dentelle, sous laquelle circulent des personnages encapuchonnés, les « deuils » ou « pleurants ». De pareilles dispositions rappellent celles des funérailles faites aux ducs.
Cet art, varié dans ses manifestations, £XPA.\sio.\ ^jj^ dans ses tendances nettement réalistes, a
DE VAUT , 1-r . 1' , 1
- BOVRGuiGA'ox'. nierité d être quaiilic d art bourguignon, parce que, s'il fut créé par des artistes nés hors du duché, il a pris en Bourgogne des caractères originaux dus à l'influence du milieu et à d'anciennes traditions *. .Dans la seconde moitié du xv^ siècle, il se mit à décliner. A celte période appartiennent le Relable de Rouvres, d'un auteur inconnu, le Saint-Sépulcre de V hôpital de Tonnerre, exécuté aux frais d'un bourgeois de Tonnerre par Jean Michel et Georges de la Sonnette, le Tombeau de Philippe de Vienne
1. Les tlucs ne furent pas seuls à favoriser les arts; les nobles et les riches bourgeois les imitèrent. Au xv« siècle appartiennent, pour l'art religieux, les églises Saint-Jean de Dijon, de Meursnult, de Plombières, de Troigny; pour l'architecture civile et militaire, l'hôtel Chambellan de Dijon, la Maison de Bois de Mâcon, les tours d'horloge d'Avallon et d'Auxerre. et le magnifique château de Châtcauneuf (Côte-d'Or) bâti de 1407 à i49A-
TOMBIÎAU DE PHFI.IPPE I.E HARDI.
nniBRAU DE JEAN-SANS-P,,UK ET Di; MAHGUKKITE DR BAVUKE.
Pi. 15, p 208.
^^^^^'^^'^ La Cwilisation au XV^ siècle.
(chapelle du château de Pa^ny), le Tombeau de Philippe Pot (musée du Louvre), et toute une série de Vierges savamment drapées, mais qui manquent de finesse et de grâce En revanche, cette époque est celle où la renommée des monuments bourguignons dépasse les frontières du duché et exerce sur l'Europe occidentale une grande puissance de séduction. Des artistes français, flamands, espagnols, portugais, font le voyage de la Chartreuse pour les visiter L imitation des tombeaux des ducs et des statues de. prophètes se rencontre dans nombre de sépultures et de statues • le Tombeau de Charles de Bourbon et d Agnès de Bourqoqne a Souvigny, le Tombeau du duc de Berry à Bourges le Tombeau d'Anne de Bedford par Guillaume Veluton (musée du Louvre), les sculptures de Poligny, d'Albi, d'Avignon, de loulouse. Ainsi la Bourgogne n'a pas seulement augmenté le patrimoine artistique de la France; mais, avant lltalie elle a préparé l'évolution qui, de l'art gothique, devait conduire à la Renaissance.