‹ Histoire de BourgogneChapitre 89 sur 177 · Regisfres des délibéralions du Parlement, t. III, p. 3o · texte numérisé non relu

Regisfres des délibéralions du Parlement, t. III, p. 3o

PREMIER La Liiiiie.

arrêts du parlement' ». Des nobles, des magistrats, le baron de Chantai, les sires de Conforgien, de Cipierre, de Ragny, de Tintry, les conseillers Saumaise, Odebcrl, Bouhier, Bossuet, le procureur général Picardet se joignirent à eux, ne doutant pas que Tentreprise fût téméraire et même dangereuse, « mais ayant considéré que, où le péril est grand, la gloire en est plus grande ».

Retirés dans le Morvan, qui par sa valeur défensive leur offrait un sûr asile, ils jurèrent « qu'ils voulaient et entendaient vivre et mourir pour la conservation de la religion catholique, mais ne reconnaissaient d'autre roi que Henri IV, roi de France et de Navarre ». Flavigny, ville « forte d'assiette, commode pour loger quantité de gens de guerre, tant de pied que de cheval », puis Semur, chef-lieu du bailliage d'Auxois, furent leur quartier général. Ils y constituèrent un gouvernement identique à celui des ligueurs, avec un lieutenant général, Guillaume de Tavanes, un Parlement d'une dizaine de membres dont Frémyot eut la présidence ', une Chambre des comptes, des États, des Élus. En réponse aux déclarations du Parlement de Dijon, le Parlement royaliste enregistra solennellement la déclaration de Henri IV concernant son avènement au trône, et rendit un arrêt par lequel il ordonnait à tous les nobles de se rendre, dans le délai de huit jours, auprès de Tavanes, pour l'aider à « empêcher les desseins pernicieux des rebelles de Sa Majesté », sous peine de voir leurs biens confisqués et employés aux frais de la guerre (12 mai 1589). Frémyot, dont l'intégrité n'avait d'égale que l'intelligence, fut l'inspiraleur énergique de ces décisions qui assurèrent la légalité des actes de Henri IV en Bourgogne. Les Ligueurs voulurent se venger de lui. L'un des lieutenants de Mayenne, Fervaques, s'étant emparé de son

1. Scipion Doncicux, Le Président Frémijol el la liyiie en Bourgogne, î865* Galniiche. Le Président Baillel de Vaugrenanl, igoS.

2. Les membres de ce parlement fiireiil, an délitit, les présidents Frémyol el Bonrgeois de Crespy, le prornrenr général l'icardcl, les conseillers Valon, Bretagne, Odeljcrt, Tisserand, Saumaise, Boidiier, Millotcl et Bossuet. l'aïeul de levèque de Meaux.

La Bourgogne Monarchique. chapitre

fils, menaça de le mettre à mort si Frémyot ne quittait Flavigny. Le président répondit qu'il aimait mieux voir son enfant mourir « en la première fleur de son âge, pour la chose publique et, innocent comme il est, avoir un sépulcre honorable », que « faire chose contre son honneur et le devoir d'un homme de bien^ ».

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