‹ Histoire de BourgogneChapitre 90 sur 177 · COMBATS ENTRE · texte numérisé non relu

COMBATS ENTRE

Les royalistes ne se contentèrent pas de rédiger des arrêts. En 1591, Henri IV envova

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ET LIGUEURS, ©w Bourgoguc unc armée commandée par le maréchal d"Aumont. Celui-ci avait alors soixante-huit ans, et il avait toujours été un médiocre général; il se couvrit de ridicule au siège d'Autun, bloqua inutilement Dijon, échoua devant Chalon et Avallon, si bien que le roi le rappela, trouvant « qu'il ferait mieux près de lui qu'en Bourgogne ». Il fallut renoncer, pour l'instant, aux expéditions régulières et se contenter de la guerre de partisans. Du moins cette guerre fut-elle rudement menée. Tavanes était sans cesse en campagne, arrêtant les convois de vin et de marchandises qui se dirigeaient vers •es villes ligueuses, vidant les dépôts de sel de Paray-le- Monial et de Digoin, où l'ennemi s'approvisionnait. Il pilla l'abbaye de Cîteaux, attaqua Montbard, Auxonne, et quantité de châteaux, souvent battu, jamais découragé. De son côté, Vaugrenanl, qui avait quitté le bonnet et la robe pour prendre le casque et le corselet, « l'épée étant devenue plus nécessaire que la plume », s'établit à Saint-Jean-de-Losne, et fît de cette petite place soigneusement gardée la terreur des Dijonnais. II arrivait à l'improviste devant leurs murs,

1. Correspondance de la mairie de Dijon, t. II, p. 2ii-2i3. — Voici une partie de cette très belle lettre :

<< S'il est un crime d'être serviteur du Roi, et de se retirer dans une ville qui est sous l'obéissance de S. M., j'ai failli. Si c'est crime encore à un homme de bien que l'on court à force et que l'on veut injustement et sur fausses impressions et par cela faire perdre la vie. de se retirer et chercher un couvert pour la défense de sa vie, je suis coupable. Mais, Monsieur, vous êtes trop sage pour imputer à crime toutes ces choses. Et quand j'aurais failli en cela, je ni'esbahis pourquoi l'on en veut jeter la vengeance sur mon fils et sur mes frères et sœurs et proches parents qui sont innocents.... J'aime mieux mourir tôt ayant la réputation entière que vivre longuement sans réputation. »

PREMIER La Lisue.

y glissait quelque pétard ou des saucisses, mettait à mal un chanoine de la Sainte-Chapelle égaré dans la campagne; ou bien il enlevait les laboureurs avec leur bétail, les vignerons avec leur vendange, et les emmenait à Saint- Jean-de-Losne travailler aux fortifications, les contraignant à crier tout le long du chemin : Vive le roil si fort qu'on les entendait des faubourgs de la ville. « Il ne cherche pas des coups, dit un ligueur, mais des larcins et voleries. » Vaugrenant repoussa aussi une attaque contre Saint-Jean-de-Losne, menaça Ghalon, Autun, Auxonne, où il fût entré de nuit si les sentinelles n'avaient été réveillées par les aboiements des chiens; il hébergea le maréchal de Retz qui ramenait à Henri IV une armée de 3 000 Suisses.

Les résultats eussent été meilleurs, si les deux capitaines royalistes s'étaient entendus. Malheureusement ils se détestaient. Vaugrenant accusait Tavanes de s'attribuer la plus forte part de la solde des troupes; Tavanes soupçonnait Vaugrenant de trahison. Les chefs du parti ligueur, le baron de Sennecey, un goutteux, le vicomte Jean de Tavanes, frère de Guillaume, une sorte de chevalier errant, profitèrent de cette discorde. Non seulement ils ne perdirent aucune ville, mais ils réussirent à prendre le château de Montsaugeon, qui assurait leurs communications avec Mayenne et leur permettait de surveiller la population de Langres restée fidèle au roi.

r^rr^rc-c-r^,. Hcuri IV fut à Vrai dire le meilleur auxi-

SOUMISSIOn

DE liaire du parti royaliste en Bourgogne. La

LA BOURGOGNE nouvcllc dc SOU abjuration (25 juillet lb93]

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