BATAILLE
Cependant les Espagnols, commandés par le connétable de Castille, Velasco, avaient
DE FONTAINE- * , , o , 11 1 1 n»
FRANÇAISE. passé la Saône sur la demande de Mayenne et marchaient contre la capitale de la Bourgogne. Henri IV se porta au-devant d'eux le 5 juin, de grand matin, en compagnie de Biron, du baron de Lux et du marquis de Mirebeau. Il rencontra Tavanl-garde ennemie à Fontaine-Française. Là s'engagea un violent combat de cavalerie, où les royalistes luttèrent un contre cinq. Le roi chargea plusieurs fois en avant de ses troupes ; Biron fut blessé à la tète et au ventre ; le baron de Lux eut un cheval tué sous lui. Velasco, effrayé de cette furie, n'osa faire donner son infanterie, et repassa la Saône, laissant la Bourgogne à son vainqueur. Seule la petite place de Seurre, défendue par un capitaine italien, Jérôme Rossi, surnommé La Fortune, résistait encore. Après les traités de Folembray (1596) et de Vervins (1598), par lesquels Henri IV fil sa paix avec Mayenne et les Espagnols, le roi jugeant « la voie de clémence et douceur plus convenable », fit passer à La Fortune 40 000 écus, que celui-ci accepta « par l'honneur qui lui était accordé de traiter avec un si grand prince » et qui assurèrent sa soumission.
1. Journal de Pépin, chanoine de la Sainle-Chapelle de Dijon, p. i3i.
CONQIKTE l)i: LA BULKGUGAE PAU IIEMU IV
OCCUPATION DK DI..O.N PAR ,,E MAK..:,;„A,, DE BIKO.X (28 mai 1595).
liibl. nul., Ertampei. Qb 24.
HATAIll.E Di: K.NTAI.M-FRANÇAISE (5 juin 1595).
liibl nat.. AV/a»ipe«. (jb 24.
PI. 17, p. 2J0.
Il semblerait qu'une époque aussi trou- LA jiENAissAxcE blée quc le xvr siècle, aussi remplie de EN BOURGOGNE, désastrcs et de ruines, ne pût être favorable aux lettres et aux arts. On ne saurait en effet la comparer, à cet égard, avec celle qui l'a précédée. Cependant les traditions artistiques ne disparaissent pas avec les ducs; les circonstances font éclore des genres littéraires nouveaux. La Bourgogne, comme toute la France, a eu sa Renaissance.
Les luttes entre les partis donnent lieu à LES LETTRES, '^l^^^^^^^ ^^^ uiémoircs, de journaux, de discours, de pamphlets, de consultations juridiques. Les principaux auteurs de mémoires sont Gaspard et Guillaume de Tavanes, le conseiller Breunot, le chanoine Pépin. Parmi les orateurs figurent Philippe Pot, Jacques Bretagne, le président Bégat, Etienne Bernard : les registres des États généraux du royaume et de la province, ceux de la Chambre de ville de Dijon et du Parlement, gardent la trace de leur éloquence à la fois forte et abondante ^ Bégat prit une part prépondérante aux travaux de la grande commission instituée pour la réformation de la coutume de Bourgogne; le protestant Hugues Donneau, de Chalon-sur-Saône (1527-1592), enseigna le droit aux Universités de Heidelberg et de Leyde, et fut le rival de Cujas. La Bourgogne a donné naissance à deux polémistes du parti réformé, Théodore de Bèze et Hubert Languel. Originaire de Vézelay, Théodore de Bèze (1519-1605) fut le fidèle disciple de Calvin, auprès duquel il vécut à Genève ; il a traduit le Nouveau Testament en français. Hubert Languet, de Vitteaux (1518-1581), diplomate habile, ami de Melanchton, fut en relation avec tous les savants de son temps ; on lui a a attribué, probablement à tort, le fameux écrit politique intitulé Vindiciœ contra tyrannos. Tous deux sont des heJlénistes distingués, mais ils le cèdent comme érudition à