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CHAPITRE XXI

Bndjets de U commime de Bonsbecqne, depuis 1668. — Offices de Greffier-Syndic. — Importance industrielle et commerciale de notre village. — Etablissement des eaux de la Lys, pour les Tilles de Bonbaix et deTonrcoing. '

Lorsque notre pays fut annexé à la France, Louis XIV iit procéder à la vérification et à la liquidation des dettes qui grevaient les villes et les villages du pays conquis. D'après le rapport du sieur Cambier, procureur du roi des eaux et forêts, de Phalempin, le conseil d'état, par arrêt du 28 Décembre 1688, a fixé au chiffre de 87 florins, le montant des dépenses annuelles, ordinaires, de la ^ communauté de Bousbecque » non compris les 20 florins accordés au bailly pour ses « devoirs ordinaires »

Cette somme de 87 florins, qui devait être payée « sur les fonds et en la manière accoutumée » était ainsi répartie : 10 florins au greffier, pour la formation des assiettes et des comptes de tailles et vingtièmes ; le contre (1) de la paroisse recevait 59 florins, pour ses gages ; celui qui enti-etenait et conduisait l'horloge, 6 florins, et le prédicateur, 12 florins.

L'arrêt du conseil d'état reconnaît comme créancières de ce village, les demoiselles Marie et Elisabeth de Rocq, héritières de Pierre de Clippelle, pour une somme de six cents florins, devant être remboursés en deux annuitiés, par une contribution de 28 patars 4 deniers par bonnier et par année, mise sur les 423 bonniers 12 cents, formant l'étendu du territoire.

(i) Coutre — Clerc, sacristain — C'était parfois un prêtre, le plus souvent un laïc. '

Cette créance provenait d'une rente souscrite en faveur de Pierre Hangouart, receveur des aides du roi, pour le paiement de frais de guerre, à la suite des mauvaises années de 1579 à 1585. Elle avait passé, successivement, aux héritiers de Philippe Hangouart, à Bon Gombault, seigneur de Manaing, à Jacques de Glippelle et, enfin, aux demoiselles Marie et Elisabeth de Rocq.

Ce même arrêt rejette le^ prétentions de Pierre de Martiny, exécuteur testamentaire de Jean Wagon, qui se prétendait, aussi, créancier de la communauté de Bousbecque, le renvoyant aux poursuites qu'il serait en droit d'exercer contre ceux qui avaient signé, irrégulièrement, un contrat de constitution de rente.

Le conseil d'état fait défense, « à toutes personneB, de faire aucune poursmte contre ladite communauté de Bousbecque, à peine de cinq cents florins d'amende et de tous dépens n et « aux bailly et échevins de ladite communauté, sous les mêmes peines, d'imposer ou de lever à l'avenir, de plus grandes sommes, que celles contenues au présent arrêt, a

' Un édit du roi ayant institué, en Décembre 1696, la création d'offices de greffiers-syndics, Jacques Glaes bailli de Bousbecque fut appelé à cette charge, qu'il acheta 1400 livres parisis. Le 24 Avril 1698, par acte passé devant M. Col, notaire à Wervicq, les héritiers de Jacques Claes reconnaissent que l'achat du greffe-syndic, fait par leur père, deux ans auparavant, avait été payé par le village, et ils se déclar rènt prêts à en faire la rétrocession au profit de la commune.

Nos archives possèdent la série, presque complète, des livres de tailles et vingtièmes assis par les bailli et échevins de Bousbecque, depuis la fin du XVI® siècle, en vertu de lettres des Etats de Lille, « pour satisfaire aux besoins de l'armée, aux aides présentées au roi ou au gouverneur, au don gratuit et aux dépenses communales. » Les sommes imposées à la commune étaient réparties, entre les habitants, à raison dotant par bonnier, ainsi qu'il avait été procédé en 1658.

A la fin du siècle dernier, l'on supprima les tailles, les capitations et les vingtièmes composant les impôts directs,

et le système de perception, de la quotité et de la répartition fut entièrement renouvelé. Les dépends communales furent établies à Taide d'un budjet, arrêté par le conseil municipal et décidé par le préfet, mode très-régulier, qui peut être constaté comme un véritable progrès.

L'examen des budjets successifs nous montre Taugmentation continuelle dans le chiffre des impôts incombants aux populations, pour Tétat, pour le département et pour la commune.

L'an 10 de la république, le montant de la contribution foncière de la commune de Bousbecque était de 6576 francs, et celui de la contribution personnelle et mobilière de 967 frs,, ce qui portait le principal à 7543 francs. Les charges locales étaient de 1936 francs, répartis de la manière suivante :

Le traitement du secrétaire de la mairie était de 250 frs., le rédacteur des actes de l'état civil touchait 70 francs et les frais d'impressions et de bureau montaient à 45 francs. Le port de lettres nécessitait une dépense de 5 francs, l'abonnement au bulletin des lois coûtait 6 f^rancs, le papier timbré pour la confection des r^istres de l'état civil 40 francs, les frais de chauffage et d'éclairage, les réparations et l'entretien de la mairie étaient de 90 francs.

L'entretien de l'horloge coûtait annuellement 30 francs, le traitement du garde-champêtre, qui recevait en outre une somme de 20 francs comme messager de la sous-préfecture, était dé 200 francs ; le médecin chargé de soigner les indigents et de leur fournir les médicaments avait 100 francs ; 150 francs étaient employés au curement des canaux et des çgoûts, 30 francs pour l'entretien du corps de garde, 40 frs. pour les fêtes publiques et 70 francs pour les contributions des propriétés communales.

Enfin, le budjet portait une somme de 750 francis pour l'entretien et la pension des pauvres et 40 francs pour dépenses imprévues.

En 1821, le budjet communal de Bousbecque portait en

dépenses la somme de 2065 fr. 31 cent., repartie de la manière suivante :

Abonnement au bulletin des lois 6 francs ;' impressions à la charge de la commune 4 ; paiement de Tannuaire départemental 4,50 ; achat de papier timbré pour les registres de l'état civil 57 frs. 62 cent.; le traitement du messager delà préfecture 26 francs 76 ; les remises au percepteur pour la confection des rôles fr. 93 c.

Les frais de mairie montaient à 340 frs. Le service de rhorloge à 30 frs., celui de la cloche de retraite à la même somme. Traitement du garde-champêtre 400 frs., 400 frs. étaient alloués au bureau de bienfaisance, et 80 frs. au service de sage-femme des indigents. L'instituteur recevait une indemnité de logement de 100 francs,- le desservant un supplément de traitement de 300. La pension des aliénés indigents portait 255 fr. 50 cent. Enfin, 30 frs. étaient inscrits pour dépenses imprévues.

D'après le budjet de 1879, les dépenses ordinaire^ de la commune de Bousbecque s'élèvent actuellement à 18.850 frs. 75 centimes.

Le traitement du secrétaire de la mairie est fixé à 600 frs., et le frais du bureau à 40 francs. Les registres de l'étatcivil, en papiers timbrés, coûtent 92 fr. 25 c. ; les imprimés et les timbres à la charge de la commune montent à 70 frs. ; les remises accordées au percepteur sur les impositions communales, à 400 francs, et le traitement du receveur municipal à 431 francs.

Le salaire du garde-champêtre est porté à 900 frs. ; le service de la cloche de retraite coûte 30 frs, ; l'entretien de l'horloge 50 frs. ; le loyer et l'entretien de la maison commune, aussi, 50 francs.

Les frais d'entretien des édifices communaux montent à 450 frs. ; ceux de l'assurance à 100 frs. La construction et la réparation des aqueducs et des sentiers pavés nécessitent : une somme de 500 frs. dont 300 pour les aqueducs et 200 pour les sentiers pavés ; l'éclairage des rues coûte 260 francs.

Les chemins vicinaux ordinaires occasionnent une dépense

d'entretien, en prestations, de 3.475 fr 20 c. dont 948 frs. pour les travaux neufs, et, 'en argent, 742 l'r. 80 centimes. Le contingent attribué à la commune de Bousbccque, pour sa part dans Fentretien des chemins de grande communication est fixé à 845 frs. dont 35 frs. pour le chemin n° 12 de Linselles à Quesnoy-sur-Deûle ; 288 frs. pour celui, n® 36, de Quesnoy-sur-Deûle à Tourcoing, et 522 poui* celui, n^ 69, d'Armentières à Halluin. Le chemin d'intérêt commun n'' 64 de Bousbecque à Bondues, coûte 954 francs, compris 220 frs. en prestations. Les dépenses supplémentaires, pour la vicinalité, s'élèvent à 42 francs.

Le conseil municipal accorde au bureau de bienfaisance un secours de 1 .600 francs, et à Thôspice 1 .000 frs. ; le traitement du médecin chargé du service de sage-femme des indigents est porté à lOO francs, et 20 francs sont attribués à Tencouragement de la vaccine. La pension des aliénés indigents monte à 150 francs ; le contingent de la commune pour les enfants assistés, à 30 francs : une rente de 58 frs. 50 cent, est due au bureau de bienfaisance, pour le fonds d'une propriété, sise, sur la place, appartenant à la commune.

Les dépenses générales de Finstruction primaire dépassent de 2.951 frs. 50 le montant des rétributions scolaires qui s'élèvent à 2.188 fr. 50. La commune alloue un supplément de traitement de 200 francs à M. le curé et de 150 francs à M. le vicaire.

L'entretien des pompes à incendie est porté à 85 francs ; le conseil accorde aux sapeurs-pompiers une indemnité de 200 francs ; 400 francs sont alloués, comme traitement, au chef de musique.

Le chapitre des dépenses ordinaires se termine par une somme de 22 francs pour l'abonnement à diverses publications ; 100 francs pour les fêtes publiques ; 450 francs pour la moitié des frais d'installation du télégraphe, et 100 frs. pour les dépenses imprévues.

Les dépenses extraordinaires comprennent les sommes suivantes : 1.338 francs pour amortissement et intérêts de Femprunt fait en 1876 pour la reconstruction de Féglise ; 2.868 fr.

pour Tamortissement des emprunts faits, successivement, à la caisse des chemins vicinaux ; 18.000 francs pour le solde des annuités de construction du réseau vicinal subventionné, ce qui fait un total de 22.206 £r. 40 c.

Le budjet supplémentaire de cette année, 1879, est considérable. Il comporte une dépense de 4.830 francs, compris celle de 2.000 francs qui reste à ^recevoir pour solde de la subvention accordée par Tétat et le département, pour la reconstruction de Téglise, et une autre dépense de 31.000 frs., pour rétablissement d'une nouvelle maison d'école de garçons et d'une troisième classe à Técole des filles, dont 20.000 frs. empruntés à la caisse des écoles, à cinq pour cent, remboursable en trente années, amortissement compris ; 8.000 francs de secours reçus de l'état et 3.000 frs. du département.

Le principal des quatre contributions, pour cette année, porte :

Contributions directes 6.521 frs.

n personnelle et mobilière 1.819 »

n portes et fenêtres 2.686 »

n patentes 3.279 » 73 c.

Total 14.305 frs. 73 c.

D'après le relevé du rôle , de la contribution des patentes, on compte à Bousbecque : une fabrique de papier d'emballage, 8 teillages mécaniques de lin, une fabrique de tuyaux en fil, 44 fabricants de lin, 3 moulins à vent et un moulin mû par la vapeur. Le commerce et les professions diverses nous donnent : 6 marchands-commissionnaires en lins et étoupes, 17 cabaretiers, 3 boulangers, 2 bouchers, 1 fabricant d'huile, meunier, marchand de charbon, de grains et d'engrais, 3 charpentiers, ua charron, un maréchal, un tonnelier, un bourrelier, un cordonnier, un sabotier, 3 maçons, 13 marchands-épiciers, 4 marchands d'étoffes, un tailleur d'habits, un couvreur, un peintre, 2 messagers sur Lille, un médecin, 35 cultivateurs.

Etablissement des eaux de la Lys — Depuis longtemps dqà) les villes de Roubaix et de Tourcoing manquaient d'eau, et l'industrie, qui fait la richesse de ces deux villes imper*

tantes, se serait trouvée compromise, si Ton n'avait avisé au moyen de fournir de l'eau, pour alimenter les nombreux moteurs mécaniques qui y sont employés.

Des études sérieuses furent commandées, et en 1859, il fut décidé qu'une prise d'eau serait établie, à Bousbecque, pour desservir les villes de Roubaix et de Tourcoing. Les travaux commencèrent, en 1861 , par la construction des bâtiments situés le long de la Lys, des deux réservoirs établis à Tourcoing, pouvant contenir chacun 1000 mètres cubes d'eau, et d'un autre réservoir, de la contenance de 1600 mètres cubes, à Roubaix. En même temps, on posait l'artère principale reliant Bousbecque à Roubaix, par des tuyaux de 0"^ 50 centimètres de diamètre.

En 1863, deux superbes machines, de la force de 80 chevaux chacune, faisant fonctionner quatre pompes élevatoires, don* nant chacune environ trois hectolitres d'eau par coup de piston, furent installées, dans les magnifiques constructions de Bousbecque ; le réseau des conduites fut établi dans chacune des deux villes, et le 15 Août* de la même année 1863, on inaugurait l'arrivée des eaux de la Lys à Roubaix, et à Tourcoing.

Les frais de premier établissement se sont élevés à 2 millions 450 mille francs.

L'exploitation ne fut définitivement établie qu'en 1864. Il avait été distribué, cette année, 1.165.000 mètres cubes d'eau, pour 250 abonnés. En 1870, le nombre des abonnements s'est élevé à 430, qui ont consommé 1.886.000 mètres cubes d'eau. En 1875, 523 abonnés étaient inscrits et la consommation annuelle était de 3.347,411 m. c. Dès lors, le débit des machines se trouvait forcé et l'urgence d'augmenter le matériel de la distribution fut unanimement reconnue.

L'établissement, aujourd'hui doublé, permet aux villes de Roubaix et de Tourcoing de satisfaire entièrement aux be^ soins de leur industrie ; La belle construction des bâtiments, l'importance des machines et l'intelligente direction de l'ensemble, attirent à Bousbecque beaucoup de visiteurs.

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