CHAPITRE XXVII
Intérieur de l'église. — Tableaux. — Volets de triptyque^ — Statues* Chapelle dé Saint Antoine. — Pierres tomliales. — Inscriptions. Diverses familles Boosbeeqnoises. — Reliques. -* GonMries. Cliapelles.
L'intérieur de Téglise de Bousbecque aurait besoin d'une importante restauration ; les magnifiques colonnes de grés blancs débarrassées depuis peu, d^un lourd badigeonnage, devraient être retaillées ; le plafond, d'un effet diagracieux et sans architecture, devrait être remplacé par des voûtes arcadées comme celles que Ton admire dans la nouvelle partie de rédifice ; les autels, placés après le pillage de Toglise, en 1658, bien que n'étant pas sans mérite au point de vue architectural de l'époque, offrent un contraste frappant et regrettable, avec l'ensemble gothique du monument.
Nous devons constater, toutefois, que beaucoup d'améliorations ont été apportées, déjà, à l'embellissement de la partie intérieure de l'église. Un jubé gothique 7 fut placé en 1848 et un harmonium en 1856 ; une nouvelle balustrade en fonte a remplacé l'ancien banc de communion, lourd et sans style; le pavement des chapelles, la pose de vitraux peints, de statuts et de tableaux ont contribué beaucoup à l'ornementation de l'église. H est vraiment remarquable de voir combien cette petite commune de Bousbecque, si peu riche et de mœurs si peu fastueuses, est cependant libérale envers la maison de Dieu; la plupart des objets qui concourent à la décoration de l'église rappelleraient, si nous pouvions en donner l'énumération, les pieuses offrandes des habitants et de leur généreux pasteur.
Les tableaux que possède Téglise de Bousbecque n'offrent rien de remarquable. Nous trouvons, cependant, que celui qui se trouve encadré dans le retable de lautel de la sainte Vierge, représentant FÂssomption, n'est pas sans mérite, bien que manquant de coloris. Une guirlande de fleurs, entourant un médaillon où Tenfant Jésus est représenté, dans le chœur, à gauche, mérite aussi d'être mentionnée; mais nous devons citer particulièrement les deux panneaux d'un triptyque, qui sont Tobjet de Tattention des coimaisseurs. Le savant chanoine Dehaisne, en a fait la description suivante, dans le bulletin historique du Nord.
Parmi les tableaux que renferme Téglise de Bousbecque, deux nous ont paru attirer Tattention, ce sont les deux volets d'un triptyque dont la partie centrale a disparu. L'un de ces volets représente, sur une face, le mariage mystique de sainte Catherine, et l'autre, sur la face correspondante, la sainte Vierge remettant l'enfant Jésus à saint François. Sur l'autre face du premier volet, Notre Seigneur est représenté debout, portant sa croix, et pressant de ses mains la plaie de son côté, d'où s'échappe un filet de sang, qui tombe dans un calice; sur la face correspondante, du second volet, est représentée la sainte Vierge pressant de ses doigts son sein, d'où, sans doute, s'échappait aussi un filet de lait.
Ce double sujet a été plusieurs fois représenté; nous possédons une gravure faite pour labbaye de S. Pierre-de-Loo où Ton voit S. Augustin, au-dessus duquel se trouvent le Christ avec le filet de sang et la Vierge avec le filet de lait, entourés des devises svivautes : Hinc pascor a vulnere, hinc lactor ab ubere.
Ces deux volets qui nous paraissent être de la fin du XVP siècle, ne sont pas sans intérêt pour l'histoire de l'art. Il est à regretter qu'ils soient appliqués contre le mur de relise, et que Tune des deux faces ait beaucoup souffert. Si on ne les adapte pas à un gand mobile, qui permettrait de les isoler du mur, les faces disparaitront complètement. Déjà, maintenant. Tinscription qui se trouvait sur les bords
des panneaux a disparu. Il n'en reste plus que quelques lettres dans lesquelles il est impossible de retrouver aucun sens. (1)
Près de la porte d'entrée, à droite, un tableau représentant « lIEcce Homo n a aussi servi de volet à un triptyque. La face intérieure représente une religieuse, les mains jointes, près d'un prie-Dieu sur lequel se trouve un livre ouvert. Au-dessus, le Christ est représenté tenant sa croix, d'une main, et un mouton dans ses bras. Ce volet provient, sans doute, d'une ancienne communauté religieuse. Il ne peut se rapporter à Bousbecque, car il n'a été acheté que depuis une vingtaine d'années.
Dans la chapelle de S. Martin, formant la droite du transept, deux consoles, sculptées, supportent des statues en pierre, l'une de S. Nicolas, et l'autre de Ste. Anne, mère de la Sainte Vierge. Cette dernière statue offre cette singularité que Sainte Anne porte la Sainte Vierge, qui elle-même tient l'enfant Jésus au bras. Au socle de cette statue, on remarque deux écussons, accolés, dont il n'est plus possible de découvrir les émaux.
Legroux constate que S. Antoine était particulièrement honoré à Bousbecque. Les archives de l'évêché de Tournay nous apprennent qu'une confrérie était érigée en. son honneur : En effet, le 12 Mars 1644, Monseigneur écrivait au curé de Bousbecque « pour que ce pasteur rende les comptes des confréries de Notre-Dame et de S. Antoine. »
La chapelle de S. Antoine dut avoir, anciennement, un chapelain spécial, car les livres de comptes constatent, en 172d, que des messes sont dites, à la charge de l'église, qui recevait alors, les revenus de la chapelle de S. Antoine. Nous voyons aussi figurer, chaque année, avant la révolution française,
(1) Bulletin scientifique du Nord, année 1874.
en recettes, aux livres de la fabrique, une somme relativement élevée, provenant des produits de la vente de chandelles, de la chapelle de saint Antoine.
La dévotion à saint Antoine est encore fidèlement pratiquée à Bousbecque. On voit fréquemment de pieux pèlerins venant de pays éloignés, et particulièrement de la Belgique, pour invoquer ce grand Saint dans Téglise de Bousbecque, réclamant par son intercession, outre les faveurs spirituelles, la préservation de Tincendie, le recouvrement des objets égarés, la réussite des produits de la terre et la préservation de la maladie du bétail. En 1848, M. le curé a obtenu une précieuse relique de saint Antoine, que l'on soumet à la vénération des pèlerins.
La plupart des pierres tumulaires, que Ton voit dans réglise de Bousbecque, et dont plusieurs sont presque entièrement effacées, se rapportent aux pasteurs de la paroisse; nous les reproduirons avec la chronologie des curés. Les autres concernent les deux familles principales du village : la famille Claies, dont les membres, cultivateurs à la ferme du Gros Chêne, ont rempli pendant plusieurs siècles, la charge de bailli, d^échevin ou de lieutenant, et Tautre, la famille Hespel; qui occupa aussi diverses fonctions, habitait la ferme du château.
Les épitaphes qui se rapportent à la famille Claies, mentionnent que plusieurs membres de cette famille sont entrés dans les ordres religieux. On découvre encore, sur une pierre presque entièrement effacée, le nom d^un Claes » capusin » celui de « Don Romain Claes relisieu de S. Amand,n celui d'un « carme chaussé, n et de Marie Barbe, religieuse de saint Jean-Baptiste dit gantois à Lille. Dans les documents les plus anciens, nous trouvons toujours le nom de Claes, parmi les administrateurs de ce village, ce qui semble indiquer que cette fîEunille habite Bousbecque depuis une époque très reculée.
Une des pierres tumulaires, paraissant la plus ancienne de
— igS —
celles qui se rapportent à la famille Hespel, est si effacée qu^il est impossible de savoir y découvrir aucune date, ni le prénom de celui qu'elle mentionne : nous y lisons.... Hespel, natif du village de Croix ; dans d'autres épitaphes qui se rapportent à la même famille, nous voyons un Ferdinand Hespel, auparavant lieutenant bailly du village de Croix, et un autre Ferdinand, décédé le 3 Avril 1754, âgé de 42 ans « fils de Ferdinand, bourgmaître de Bousbecque et auparavant lieutenant du village de Croix. »
Nous ne trouvons nulle part le nom de la famille Hespel dans les documents se rapportant au village de Bousbecque, avant le XVIP siècle. Comme ce nom coïncide avec celui de la mère d'Auger de Bousbecque, fille de basse condition qui s'appelait Catherine Hespel ou Hespiel, n'y aurait-il pas lieu de supposer que grâce à la position d'Auger, les membres de la famille de sa mère aient pu occuper de belles cultures à Croix, d'abord, et, ensuite, la ferme du château de Bousbecque? Quoiqu'il en soit, nous avons cru devoir signaler cette coïncidenee, comme nous devons, aussi, rapporter que des membres de cette famille, dont quelques-uns ont rempli les charges de Bouiigmestre, lieutenant ou échevins de Bousbecque, n'étaient pas de mœurs irréprochables, ainsi que le constatent les registres de l'état-civil de cette commune, notamment le livre des baptêmes de l'année 1671.
Mentionnons encore les pierres tumulaires de N... Grimonpont, lieutenant de la paroisse de Bousbecque, de Marie Chombart son épouse et de leur famille, à une époque qu'il est aussi impossible de découvrir; celle de Pierre Becquart, marguillier et échevin, décédé le 28 Mars 1728, et celle de « Monsieur Pierre Polie De le fortrie, vicaire de cette paroisse, » décédé le" 23 Mai 1714, âgé de 29 ans.
Outre les nombreuses reliques que contient la châsse de Bousbecque, que nous allons mentionner, et celle de S. Antoine dont nous venons de nous entretenir, l'église de Bousbecque possède encore une relique de Ste. Fhilomène, obtenue par
— lÇ)b —
M. le ohanoine Lescouf, curé de Bousbecque, en 1841, et dq>uiB le 26 Mai 1845, une relique de saint Martin, patron de la paroisse, accordée à la demande de notre dévoué curé, M. Duez*
Les documents les plus anciens établissent la paroisse de Bousbecque, de la doyenné de Courtrai, et nous trouvons encore Bousbecque cité avec 31 autres paroisses du décanat de Courtrai, le 3 Décembre 1593. Une charte de 1539, dont Toriginal, en langue latine, se trouve aux archives générales de Belgique, comprend, cependant, Bousbecque dans le décanat de Menin. A compter de 1675 nous trouvons cette paroisse de la doyenné de Wervicq, dont elle faisait encore paitie, au siècle dernier. Depuis le concordat la paroisse de Bousbecque est de la dépendance de Tourcoing St. Jacques, qui a pris, depuis, le vocable de Notre-Dame.
Les auteurs qui se sont occupés de l'histoire ou de la géographie des communes de la châtellenie de Lille, rapportent que depuis longtemps la dédicasse ou kermesse a lieu le dernier dimanche d'Août, et que la fête patronale se célèbre le jour de la fête de saint Martin, 11 Novembre, ou le dimanche suivant.
Quatre confréries sont érigées dans Téglise de S. Martin à Bousbecque.
1** La confrérie du très-saint Sacrement érigée eu 1806 et dont les statuts ont été approuvés par Mgr. Belmas, en 1822.
2^ La confrérie de la très-sainte Vierge, dite du Rosaire, aussi reconstituée par Mgr. Belmas en 1822.
3^ La confrérie réparatrice des blasphèmes et du travail des dimanches.
4^ Enfin, Fapostolat de la prière.
L^églifie est le seul grand édifice religieux de la paroisse, laais on y rencontre sur les chemins plusieurs de ces petites
chapelles qui témoignent de la piété des habitants. L^image du Sauveur des hommes s'élève au hameau du Chemin des Vaches et le long de la route d'Halluin. Une chapelle est dédiée au sacré cœur de Jésus, au coin de la rue de Linselles et du petit chemin de Wervicq; la Ste. Vierge a des statues près de la drève du château, et au hameau des Bois, sous le nom de N. D. de Bons Secours; un modeste sanctuaire, au hameau de la Basse- Ville, et une chapelle élégante, le long du pavé de Linselles, sous le titre de N.-D. de Lourdes ; un sanctuaire est dédié à saint Rocq, sur la route de Roncq, et un autre, d une élégance peu commune, à saint Joseph, dans la rue du petit chemin de Wervicq.