CHAPITRE XXVIII
Chftsse de Bonsbeeqne, émail du XII an Zin« siècle. — 8a desoriptioB. — Sa restanratioii par Gilles Ghiselin. — Armoiries qui y ftirent ijontées. ^ Inscription. — Croix de Bonsbecqne (Xin« siècle). — Belle exécution de ce traYail. — Intérêt archéologique de ces objets d'art.
Dans les premiers temps du christianisme et durant tout le moyen âge, les reliques des saints étaient en grande vénération. En ces temps de croyance, on considérait les reliques comme les plus précieux trésors. C'était par elles qu'on invoquait la bénédiction du ciel. Dans les grandes solennités publiques on les portait en procession, afin d'apaiser la colère divine; aux fêtes patronales, on les exhibait en signe de reconnaissance pour les bienfaits obtenus; elles étaient aussi l'objet de pèlerinages et d'expiations. Cette grande vénération explique le soin qu'on mettait à décorer les châsses contenant ces précieux restes. L'or, les émaux, les pierreries et tout ce que l'art pouvait inventer de plus riche, de plus splendide, et de plus parfait, étaient réservés pour Tomementation de ces fiertés^ comme on les appelait alors.
K Le reliquaire de Bousbecque est un de ces petits monuments, n nous est parvenu à peu près intact, àtra^rers les vicissitudes du temps et les orages révolutionnaires. Son existence est restée longtemps inaperçue, et Ton ne semble en avoir connu d'abord ni la valeur, ni l'intérêt artistiques. C'est peutrêtre à l'ignorance oîi l'on a été à son égard, qu'on doit sa conservation. Quoiqu'il en soit, on doit se réjouir de voir le pays en possession d'aussi précieux restes de l'art chrétien, dont la rareté vient encore ajouter au prix qui s'y rattache. (1)
(1) Châsse et croix de Bouabecque par M. De Ciouasemacker.
C1!ASSK 1. .
La châsse de Bousbecque est un petit édicule en cuivre rouge, doré, haut de 21 centimètres, et d'une longueur égale à sa hauteur, représentant une église. A Textrémité du petit édifice est la porte, par laquelle les reliques sont introduites dans cet asile sacré.
Deux personnages, les pieds nus et la tête nimbée, sont placés à rentrée et à l'extrémité opposée. Le premier tient de ses deux mains un livre qu'il serre contre sa poitrine; il est imberbe. L'autre, dont la figure est garnie de barbe et la tête fournie de cheveux abondants et bouclés porte àans la main gauche un rouleau sur lequel Tindex de la main droite appelle Tattention.
La face antérieure de la châsse représente six personnages : trois sur la face proprement dite et trois sur le couvercle ou toit, de ce même côté. Ces six individus ont la tête nimbée et sont assis sur un arc, ce qui montre qu'ils sont au paradis. Tous, excepté celui du milieu du 'couvercle, ont les pieds nus. D'après les règlea de l'archéologie ce sont au moins des apôtres; quant au personnage qui a les pieds chaussés et la tête ceinte d'un nimbe, c'est un saint. Le sceptre qu'il tient à !a main droite indique un monarque canonisé. C'est sans doute le saint dont les reliques étaient primitivement déposées dans la châsse, mais il n'a pas été possible de connaître quel saint il est.
Les personnages sont placés dans des médaillons en forme de losanges qui ressemblent à des auréoles. Les médaillons sont reliés entre eux, trois par trois, au moyen d'autres petits médaillons, ronds, en cuivre doré, au milieu de chacun desquels figure un quadrilobe en émail de sinople.
Quelques mots, maintenant, sur le travail artistique de la châsse.
Les huit personnages sont en cuivre cicelé et doré. Les figures de six d'entre eux sont saillantes et sculptées en relief ou en cabochon. Le fond des six médaillons est en émail
de sinaple. Chaque médaillon est entouré d'une bordure en cuivre doré, et garni de six petits ronds décorés chacun d^un quadrilobe émaillé.
tt ... La porte d'entrée de la chasse est en émail bleu azurton, chargé de huit petits ronds, garnis chacun d'un quadrilobe noir, à pointe d'azurton. La porte est garnie d'une traverse en émail de gueules, bordée d'un filet en cuivre doré, et de seize doubles clous dorés, placés à l'entour. Des fleurons à tiges, élégamment découpées et cicelées en or, sur un fond d'azur, serpentent autour du personnage. Ce côté ou pignon du petit édifice est orné d'une bordure composée d'un fond alternativement de gueules et d'azurton, garni de croisettes en cuivre doré. »
«... Cette variété de tons donne au petit monument un aspect riche, et prouve combien les artistes de cette époque, loin de reculer devant les difficultés, semblaient au contraire, ^n créer, pour avoir la gloire de les vaincre. »
« La face postérieure est une riche mosaïque, composée d'ornements circulaires avec étoiles à six pointes, le tout sur un fond d'azur. Les cercles étoiles sont séparés par des ronds garnis de quadrilobes formant fleurs, qu'on trouve dans la plupart des ornements de la même époque. L'harmonie qui règne dans cette mosaïque est d'un effet ravissant et grandiose. Elle présente un ensemble délicieux de couleurs et de tons variés.
Cette châsse a été restaurée à la fin du XVP siècle, comme l'indiquent la lourde bordure du bas, les quatre contreforts des arrêtes et les crêtes du toit, qui ont altéré son caractère.
Sur la face antérieure du socle, sont aujourd'hui attachés trois écussons : celui de gauche porte « de gueules, à la face fuselée de cinq pièces d'argent; n ce sont les armes de Gilles Ghiselin, seigneur de Bousbecque. Celui de droite porte:
écartelé au 1 et au 4, d'argent, au chevron de gueules, qui est d^Hingette; au 2 et 3, d'argent à trois lions de sable, qui est d'Halluin. Ces écussons nous font supposer que la restauration de la châsse a été faite par Gilles Ghiselin, époux d'Adrienne Hingette dit de le Lys, dont nous avons entretenu nos lecteurs dans la première partie de ce livre.
M. Rouzière a comblé le vide qui se trouvait entre les deux écussons en y plaçant celui de Imbert de la Phalecque, d'aeur à la bande d'argent, accompagnée de deux molettes d^épéron de même placées une en chef et une en pointe. Si un écusson devait se trouver à cette place, dit M. De Coussemacker, auquel nous empruntons beaucoup, peut-être portait-il les armes de Bousbecque, mais il est plus probable que cette place était occupée par un autre ornement.
M. Th. Leuridan suppose que le milieu portait, accolés, les deux écussons que Ton voit encore de chaque côté. A Tappui de cette opinion le savant bibliothécaire de la ville de Roubaix nous a communiqué diverses copies de fiertés de cette époque, portant, au centre, les blasons réunis, qui se trouvent posés, séparément, aux extrémités du reliquaire.
Au moment de la restauration de cette châsse, on y mit une inscription, conçue en ces termes : << En ceste fiertre a de le sainte vraie crois et biaucop d'autres dimtes, (1) laquelle a faict réparer noble homme Gilles Gisselins : proés pour lui. »
Notre pays, presque ruiné, subissait en 1796 toutes les misères de la guerre et de la cherté des vivres. Le bureau de bienfaisance, â bout de ressources, ne savait comment pourvoir aux besoins des nécessiteux ; l'idée vint aux administrateurs do la commune de vendre le reliquaire et d'employer le produit au soulagement des indigents.
(1) Dignitates. - Reliques des Saints. - Bolietia scientifique (année 1874).
Dans ces temps difficiles, les principaux habitants de Bousbecque n'entreprenaient aucune affaire sérieuse sans consulter un religieux, dont nous n'ayons pu trouver le nom, qui avait toute leur confiance, et qui répondait à leurs lettres sous le pseudonyme de Michez. Voici en quels termes ce conseiller intime répondait, le 9 Février 1796, par une lettre ne portant aucune indication de lieu, à la demande qui lui avait été faite à ce sujet : « Pour vous mettre à Tabri de tout reproche et de poursuites, tôt ou tard, quelques soient les événements, il conviendrait de ne procéder à Taliénation en question, sans que, préalablement, le marguillier légitime ou autre de ses prédécesseurs, s'il n'existait plus, ne justifie la nécessité de ladite aliénation, et n'y donne son consentement, lequel, aux termes du droit civil et canonique, est nécessaire dans pareil cas. L'on pourrait aussi vous objecter que dans les grandes nécessités, plusieurs estiment que les biens ou acquêts d'église ne se peuvent donner qu'à titre de prêt ou de gage, mais il est certain que la chose, ici, n'est que de la classe des mobiliers, sans être d'une utilité première et d'une consécration particulière et nécessaire au culte. Je ne fais ces réflexions que pour dissiper les scrupules qu'on pourrait vous faire naître à cet égard. Je suppose avec vraisemblance, que la chose a été donnée sans charge ni condition, autrement la pauvreté devrait s'obliger auxdites charges et conditions, autant que possible. 1) (1)
Heureusement que ces raisons n'étaient pas de nature à édifier complètement les administrateurs de la commune, à cette époque, car il est probable, que sans ces considérations, notre châsse aurait été vendue, à un prix, peu élevé, et qu'elle ferait aujourd'hui l'ornement de quelque musée, en Angleterre.
La quantité de reliques contenues dans cette châsse est relativement importante. On y trouve un nombre considé-
(1) Papiers de famille.
rable de fragments d^os, une particule de bois, de trois millimètres de longueur, qui ne peut être que la relique de la vraie croix indiquée dans Tinscription, et un petit coffret en cuivre contenant une dent. Il est vraiment fâcheux que les pièces constatant Fauthenticité de ces précieux restes aient étaient égarées.
« En somme, cette châsse, travail limousin de la fin du XIP ou du commencement du XIII® siècles, est un des plus précieux restes d'orfèvrerie et surtout d'émaillerie du moyen âge, qui soient conservés dans le Nord de la France. Aujourd'hui qu'on se met à reproduire ces curieux travaux d'art, on ne saurait trop les. signaler à l'attention des archéologues et des artistes; on ne saurait trop les recommander à la vigilance et aux soins de leurs dépositaires, n
Indépendamment de la châsse que nous venons de décrire, l'église de Bousbecque possède une croix d'une beauté re<marquable.
n y avait, au moyen âge, trois sortes de croix : La croix d'autel mobile qui était sans pied et sans hampe, que l'on portait de la sacristie â l'autel au moment du saint Sacrifice, et qui se plaçait sur un pied préparé d'avance ; la croix à reliques, qui différait de la précédente parce qu'elle était ornée; et, enfin, la croix de procession, ordinairement de dimension plus grande que les précédentes, qui était attachée à une hampe, et servait, comme l'indique son nom, pour les processions.
La croix de Bousbecque est probablement une croix d'autel, sa hauteur est de ô9 centimètres et sa largeur, à la traverse, de 41. Le Christ, est en cuivre doré. H est représenté les genoux ployés, la tête ceinte d'une couronne d'épines, les cheveux longs et pendants sur l'arrière du cou, la figure garnie d'une barbe bouclée. Sa physionomie est douce, calme et pleine de dignité. La statue est attachée avec trois clous, ce qui semble indiquer le XŒ" siècle.
Au centre de la traverse est un carré dont la grandeur dépasse, d'environ un centimètre, la largeur de cette traverse et de la tige principale. Le centre de ce carré est occupé par un médaillon, en nielle, représentant des branches de lierre et au milieu duquel est incrusté un nimbe crucifère en or. Huit pierres de couleurs diverses ornent la bordure du carré; elles y sont fixées en forme de têtes de clous.
Les extrémités du montant et de la traverse se terminent en feuille tiercée ou en tierce feuille comme on dit en blason. n semblerait y avoir là une allusion aux armes de Bousbecque dont les attributs sont des tierces feuilles, à moins qu'il ne faille considérer cette forme comme des fleurs de lis, privées de leur partie intérieure, et pour cette raison appelées, en blason, fleurs de lis a pied noirci.
Le médaillon du haut et celui du côté droit paraissent indentiquement les mêmes; les trois apôtres figurés sur la croix de Bousbecque sont imberbes.
Les extrémités que nous croyons être des fleurs de lis au pied noirci, sont en cuivre dore. Elles sont séparées du reste par un tore ou bourrelet en nielle sur lequel figurent des fleurs de Ks de la belle époque du XIII® siècle. Du bourrelet sort une double tige dont les branches de lierre, ciselées, serpentent à droite et à gauche autour des. médaillons.
Le montant et la traverse de la croix sont ornés de rinceaux en argent repoussé, garnis d'une bordure en cuivre doré et ciselé, à fond quadrillé.
La face postérieure est semblable à la face antérieure, sauf les différences que nous allons signaler: le caiTe du milieu n'est pas en cuivre fondu; il est ciselé comme les extrémités trilobées. Le nimbe crucifère est remplacé par un médaillon. Les fleurs de lis sont remplacées, dans les bourrelets, par un autre ornement.
Etat actuel de la croix : le médaillon inférieur de la face antérieure n'existe plus; la main droite du Christ est brisée;
le clou de cette main et celui des pieds ont été remplacés par des morceaux de cuivre. Les médaillons de la face postérieure ont été enlevés et remplacés par des morceaux de glace. Le reste de la croix est en bon état.
Pas plus que de la châsse, on ne connait Forigine ou la provenance de cette croix. On peut suposer avec quelle raison qu'elle aura été Tobjet d'une offrande de la part d'un des seigneurs de Bousbecque, à Toccasion de quelque événement de famille ou de quelque circonstance publique à laquelle un membre de la famille aura pris part.
« Il serait sans doute intéressant, dit M. de Coussemacker, de savoir de quels ateliers sont sortis ces objets, mais c'est là une question des plus difficiles. On n'y trouve ni nom, ni initiales, ni monogramme, qui puisse nous mettre sur la voie. H serait même difficile de décider d'une manière certaine s'ils sont d'origine française. Ce qui porterait néanmoins à le croire, ce sont, d'une part, les fleurs de lis qu'on remarque sur la croix et, de l'autre, le genre d'émaux de la châsse; mais tout cela est trop vague pour se prononcer avec certitude. Nous laissons à de plus hables le soin de résoudre ces questions dont l'intérêt semble augmenter, au fur et à mesure des découvertes nouvelles qu'on fait de monuments du même genre. »
CHAPTRE XXIX.
Biens et reYeniu de l'église an XV« siècle. — Amortissement an profit des margnilliers de Boosbecqne, par Gharles-Qnint en 1615. — Dîmes de 8. Martin. -- Chasserel des biens, dîmes, reyenns^ fondations et charges de l'église jusqu'à la révolntion française. ^ Bndjet aotnel de la fabrique.
Le plus ancien titre, que nous trouvons dans nos archives» concernant les comptes de l'église, porte cette suscription : « Ci-après suivent les rentes, terres, dîmes et joyaux de l'église paroissiale de Bousbecque, renouvelés par la loi de Gilles Ghyselin, seigneur de Bousbecque, le curé et les marguilliers ; curé M. Nicaise du Buus, marguilliers Gilles de Jonghe, fils de Golart, Louis Chrétien, Jean Beirte fils de Bauduin, en Tan MCCCCLXI à la S. Jean d'été. Quarante-deux annotations de rentes, la plupart de 2 deniers à 8 sols, et d^autres d'un franquart de blé, garanties sur des terres, sont spécifiées dans ce chasserel.
Viennent ensuite les propriétés, consistant en 9 parties de terre en labour, formant un total d'un peu plus de deux bonniers, quatre parcelles de prairies d'une contenance approximative de quinze cents et les dîmes dites de S. Martin comportant deux gerbes, par cent, sur environ 28 cents de terres. (1)
Une charte de Charles-Quint, datée de Bruxelles, en Décembre 1515, et portant pour titre « amortissement au
(1) Archives de Bousbecque G. G. 18.
prouffit des égliseurs de Téglise de Bousebdce moyeimaiit finance, » constate que depuis plus de quarante ans, Téglise* de Bousbecque avait acquis diverses rentes et des propriétés, spécifiées dans cet acte, et notamment : « six livres cincq sols de rente héritière au rachat du denier seize que doit Franchois Carbonnel ypothecquée sur pluiseurs héritages par la justice de Hallewin. Item quatre livres de rente héritière sans rachat que doit Mahieu du Bus sur vingt cincq cens de terre en pluiseurs pièces tenuz du seigneur de Bousebecque. Item XXXn solz de rente héritière sans rachat due par Martin Brunnel pour Tarrentement d^aucun héritage a luy faict par les ministres de la dicte église. Item XXXII solz de rente héritière que doit Maillin Serrus sans rachat sur 11^ et demy de terre tenuz dudict seigneur de Bousebecque. Item douze livres de rente héritière, au rachat du denier seize, que Messire Gilles Ghiselin, chevalier, seigneur dudit Bousebecque donna à la dite église, à prendre sur sa seigneurie dudict lieu. Item XIII livres XVI solz de rente héritière, au rachat du denier seize, donnée par ledit seigneur de Bousebeque à prendre comme dessus ; Item dix livres de rente héritière au rachat du dernier seize, que doibvent Anthoine de le Val et sa femme. » Bien que la jouissance de ces biens n'ait reçu aucunes entraves, pour l'égUse, les marguilliers avaient crû devoir solliciter de TEmpereur des lettres d'amortissement, sans lesquelles il pourrait arriver qu'il leur adviendrait « très-grand préjudice et dommage n « Pour ce est-il, dit le titre, que nous, les choses dessus dictes considérées, et que tenons et créons faire service agréable à Dieu, nostre créateur, quand nous entendons aux choses concernans le bien, accroissement, augmentacion et entretenement de la fondation des églises et du service divin en icelles, affin mesmement que nos prédécesseurs, nous et nos successeurs soyons participans es dévotes prières, oraisons et bien faiz qui se font et ferons en la dicte église de Bousebecque, et eu sur ce Tadvis de noz amez et feaulx les
chief et trésorier général accordant ausditz supplians
pour eulx et leurs successeurs égliseurs de ladicte église de Bousebecque, qu'ils puissent et pourront dores en avant tenir et posséder toutes les dictes parties de rentes et chacune
d^oelle plainement paisiblement perpétuellement et tonjoun comme choses mortes et dédiées à Dieu et à Téglise... • (1)
Un registre de 1581 mentionne « les terres qui doivent deux gerbes, le dixième du cent, à Téglise de la baronnie de Bousbecque, nommé dîme de S. Martin patron de la dite ^lise, ainsi que les anciens baux maintenant renouvelés, avec les changements des abouts, le tout à la connaissance de Antoine Claies, fils d'André, et de Josse de Conte, iils de Pierre, administrateurs desdites dîmes, ainsi qu'il suit....»
Kénumération des parcelles de terre chargées de rentes se termine par ces lignes : « Le total des terres sus-mentionnées qui doivent la dîme de S. Martin monte à cincq bonniers quatorze cents, ainsi que les susdits Anthoine Claies fils d'André et Josse de Conte fils de Pierre, en présence de la loi, l'ont déclaré véritable, et ont signé avec ceux de la loi le XnP jour de Juin 1581. » (l)
Nous ne voyons rien de remarquable dans les papiers de l'église, depuis cette époque, et les faits les plus importants semblent avoir été négligés par les receveurs chargés de les spécifier. Nous devons citer, toutefois, la donation &ite par Robert Casier, Bailli de Bousbecque, de 1588 à 1595, d'une rente destinée à acheter chaque année douze pains d'un sou et douze harengs distribués dans l'église, le jeudi saint, à douze enfants les plus pauvres qui assistaient le pasteur à imiter la sainte cène, comme cela se pratique encore dans quelques localités de nos environs.
Jusqu'à l'époque de la reconstruction de la nef du Sud» en 1637, les comptes de l'église se soldaient toujours avec bénéfice : celui de 1629, porte en recettes, 563 livres 9 sols 10 deniers et en dépenses 323 livres 16 sols, formant un excédant de 245 livres 9 sols, 10 deniers, et constatant un encaisse de 969 livres, 17 sols, 5 deniers.
(i) Archives du département du Nord. — Livre des Chartes. (2) Archives de Boushec<{aa Q. Q. 19.
Au milieu des vicissitudes du temps et des événements malheureux que nous avons traversés, les rentes de Téglise avaient été respectées et elles augmentaient, progressivement, chaque année. Aussi ce n'est pas sans intérêt que nous voyons Tétat favorable des finances de notre église, et Tinventaire de son actif dans un chasserel dresçé en 1760 par Louis Façon, receveur. Le revenu des terres à labpur était de 237 livres ; oelui des prairies de 147 livres; les dîmes dites de S. Martin rapportaient 16 livres ; les nombreuses petites rentes foncières montaient à 11 livres 2 sols, 1 denier. Les recettes de fondations d'obits à 69 livres 18 sols 10 deniers et les autres recettes, formant un total de 725 livres 2 sols 5 doubles, portaient à 1206 livres 10 sous 4 deniers le montant des recettes de Téglise.
Les paiements, comportant les décharges d'obits, les messes du T. S. sacrement et les frais généraux n'occasionnaient qu'une dépense de cent vingt et une livres. Un actif de plus de douze cents livres, chargé d'un passif de cent vingt et tme livres, tel était l'heureux bilan de l'inventaire de la fabrique de l'église de Bousbecque à la fin du siècle dernier. Pourquoi faut-il que l'orage révolutionnaire soit venu engloutir, en quelques années, les ressources accumulées pendant des siècles par l'amour des seigneurs et des habitants de Bousbecque pour la maison de Dieu ? Rentes, dîmes, fondations, tout a disparu, et l'église de Bousbecque n'a plus à son actif, aujourd'hui, qu'une pièce de terre de 17 ares donnée en 1829 par Prosper Façon, et le produit de ses cierges, services et chaises formant la sonmie, bien modeste, de 1883 francs.