CHAPITRE XXX
Le gre el iytère itU eiire de Bonsbee^iie. — Cenetrnetioii de Taaeiaa presbytère. — ConventiOB entre M. Selosee, enré et les heimneB de lei de Beubeeqne. — Biens et reyeniis de la enre. *- Propriétés oceipées par les ecclésiastiqiies avant la réTOlntion.
La maison du curé n'avait pas été épargnée dans les pillages, exactions ei incendies que notre malheureux village eut à supporter dans les dernières années du XVP siècle, et les habitants, sans ressources, n'ayant pas même de semence pour cultiver leurs terres, les trois quarts ayant déserté l'endroit, ne pouvaient songer à reconstruire le presbytère. Le pasteur fut forcé de prendre sa résidence dans la sacristie. Le 27 Août 1601 » sur la remontrance du curé de Bousbecque, demandant qu'on lui prolonge son terme pour déloger de la sacristie de l'église, dans laquelle il a habité jusqu'ici, jusqu'à la fin de l'hiver, parce que, pendant ce terme ses paroissiens entendent lui construire un presbytère: Monseigneur l'évêque de Tournay, accorde ce terme avec plaisir, à charge toutefois au curé de Bousbecque de déloger au terme fixe, et aux paroissiens de lui construire un presbytère pour cette époque. » (1)
On conçoit que dans les conditions où se trouvait la paroisse, la reconstruction du presbytère devait être aussi modeste que possible. Aussi, nous voyons, à plusieurs reprises, les curés solliciter l'autorisation d'abattre des arbres pour réparations à faire à leur habitation. L'une d'elles datant
(1) Archives de Belgique^ évécké de Toumay» vol. n* 272, page iSt*.
de 1658, (1) nous devons supposer que la maison du pasteur eut encore à souffrir, lors du combat de Bousbecque. n y a quelques années, on trouva dans le jardin de Pancien presbytère, en creusant les fondations pour y établir une fabrique, des débris d'armes, semblant remonter à cette époque. On sait que le presbytère se trouvait adossé à la Lys, au chemin de la procession, aujourd'hui maison occupée par MM. Castelain frères qui en sont les propriétaires.
Une réparation assez importante faite quelques années plus tard, nous donne Tidée de Tensemble de Tédifice. Nous trouvons dans les registres de la parpisse de Bousbecque en 1662 : « Payé à Antoine Nauwinck couvreur en paille^ pour avoir couvert la maison d'habitation de M. le curé, la somme de XI Uvres XII sols. » (2)
La maison pastorale avait sans doute été construite en terre et couverte en chaume, comme la plupart des maisons de notre village à cette époque. Elle ne fut complètement restaurée qu'en 1717 ; On y fit cette année là, une dépense relativement élevée de 2.313 livres 10 sols. (3)
En 1781, M. Alexis Selosse ayant été nommé curé de Bousbecque ne trouva pas la maison de sa convenance, et il résolut de s'entendre avec l'administration pour la construction d'un nouveau presbytère. La lettre qu'il adresse à ce sujet à S. A. Mgr. le Prince de Salm-Salm et du S. Empire Romain évêque de Tournay, etc. nous renseigne sur les causes qui ont décidé le vénérable pasteur à solliciter la construction du nouveau presbytère. Le curé constate : que sa maison presbytérale dont la distribution n'est guère corn-
(1) 1658 -^ Vu ravis du àoyén de la chrétienté du lieu, notre T. K aei*gneur a accordé, au pasteur de Bousbecque, la permission de couper vingt ai'bres croissant dans les biens du presbytère, pour y être employés à la construction du presbytère, à la condition qiïon plante d*autres arbres, à la place de ceux abattus. (Archives de Belgique, évéché de Tournay, vol. 273, page 48).
(2) Archives de Bousbecque. G. G. 3.
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modia, ne contient pturmi bâtiment, cour et jardin que cent dix nenf verges ou environ, et qu^elle esA située dans un terrain fort bas et aquatique, confinant à la rivière, terrain consequemment humide et malsain; qu'outre cela, elle est voisine de deux rouissoirs et d'un rivage, où Ton décharge des fiimiers et d'autres engrais, ce qui £Edt qu'on n'y respire depuis le printemps jusqu'en automne qu'un air infecte et préjudiciable à la santé ; que le fond de cette maison appartenait au seigneur de l'endroit dont il fut arrenté par la communauté qui est chargée de procurer le logement au pasteur remontrant, et pour lequel arrentement la dite communauté paye au seigneur, trois florins, annuellement.
« Qu'il y a à l'opposite de cette même maison, c'est-àdire de l'autre côté de l'église, un fond de terre, appartenant à la cure, contenant cent et onze verges, sans y comprendre la moitié du pavé qm conduit de la place du village à Linselles, et que la dite communauté, voulant seconder les vues du remontrant en lui fournissant un logement plus commode, elle est convenue avec ledit suppliant, sous l'agréation de S. A. des points et articles suivants: tt 10 que la communauté payera audit sieur curé la somme de deux mille trois cens florins, comme aussi lui laissera suivre tous les deniers provenans de la vente de la maison presbytérale actuelle et les trois cens cinquante florins dont étaient, chargés les héritiers de feu M. Biié son prédécesseur en cette cure, pour fournir aux réparations locatives et usufruitières. 2^ qu'au moyen de ces payement et cession, ledit sieur curé, suppliant, se chargera et entreprendra luimême de b&tir la. nouvelle maison presbytériale sur les dits cent et onze verges, conformément au plan annexé ; 3^ qu'il ne pourra rien répéter à ladite communauté pour la cession du terrain sur lequel est bâti le presbytère actuel •• n (1)
Les conditions rappelées par M. le curé Selosse dans la {>étition que nous venons de reproduire avaient été arrêtées
(i) Archives da Royaume de Belgique. «• Evéché de Tournay, volume Httmâro 274 page 22.
par un acte authentique, passé pardevant M® F. Vermandère, notaire à Menin, le 2 Septembre 1782, entre ledit M. Selosse pasteur de Bousbecque et les sieurs Louis François Façon, Bourgmestre, Pierre Gâteau, J.-B^ Gatrix, Silyestre Bonduel, Jean François Desmarécaux, J. J. J. Lecomtè et A. J. Gourouble, échevins dudit Bousbecque. Nous voyons dans ce document que le terrain où le nouveau presbytère doit être construit, *< situé sur un emplacement très-sec et a portée de Téglise appartenait à la cure depuis si longtemps «( qœ Vofi doit présumer qu'il est une partie de sa donation. »
Nous y voyons aussi que le devis fait par M. J. B** Leduc, charpentier à Linselles, montait à 6.000 florins, argent de France. Nos magistrats, ne pouvant supposer qu^une maison aussi solide et aussi élégante puisse être construite à ce prix, M. le curé Selosse s^était chargé de prendre à son compte toute somme qui dépasserait le devis ; de plus, la commune avait tout le temps nécessaire pour le paiement de sa quote-part dans cette construction.
La liquidation, que nous avons dans nos archives, porte le chiffre de la dépense à 6,000 florins. La vente de Fancien presbytère ayant produit une somme de 2,493 florins, 15 patars, 6 deniers. Gette somme jointe aux 750 florins que la communauté aurait dû payer pour les réparations de Tancienne maison curiale et à 6 fl., 7 pat., 10 den. de recettes supplémentaires, laissait un écart de 2,749 florins, 16 patars, 8 deniers. Les livres de taille portent un premier paiement de 480 fl. en 1783, la même somme en 1784, et 414 fl., 18. p., 4 d. pour le parfait paiement de la moitié de la différence dont s'était chargé la commune, soit 1374 fl., 18 p., 4 deniers. (1)
C'est ainsi que le village est entré en possession du presbytère, certainement Tun des plus beaux du pays : mal-
(1) Archives de Bouibecque D. D. 1.
La « déclaration des héritages et dismes que les sieurs ecclésiastiques et privilégiés ont occupés au village de Bousbecque pendant Vannée 1789 et de ce que les dits héritages et dismes sont cottisés à chaque vingtième, porte que « le sieur et maître Alexis Selosse, prêtre pasteur audit Bousbecque a occupé pendant ladite année 1789, cinq cent quatrevingt-huit verges cottisés à 10 sols 2 deniers parisis par chaque vingtième, et une portion de la dîme pastorale dudit lieu cottisés à deux bonniers, six cents et à 2 livres 3 sols, 8 deniers parisis par chaque vingtième ; que le sieur Du haut, prêtre vicaire audit Bousbecque, a occupé pendant la dite année au même Bousbecque cinquante cinq verges cotisées par chaque vingtième à 2 sols parisis. »
Le 2 Novembre 1789 la sécularisation des biens ecclésiastiques fut décrétée. Ce fut le plrélude des maux que la révolution devait nous amener quelques années après.