‹ Histoire de BousbecqueChapitre 3 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Antiquité et ori^e de Bovsbeeqne» — itjBioloffie* — Voie romaine, — Donation de l'tntel de Bonsbooqne an chapitre de S. Pierre de Idlle. — Mention de dîTen eheralien dn nom de Bonsbecqne an m* aidcle.

Dans ses intéressantes recherches sur la formation des villages du Nord de la France, M. Tailliar donne à Bousbecque une origine Celto-Bélge. Après avoir constaté la prédilection qu'avaient nos aïeux de placer leurs demeures dans le voisinage des bois, près d'une fontaine ou d'un cours d'eau, ce savant historien ajoute : » Dans un sens rapproché de ruisseau se présente le mot héke qui signifie embouchure,

fossé ou canal de décharge ; de là le nom de BuA>éke ou BousbeJce, » (1)

M. Mannier donne la même étjrmologîe: « Bausbecquef en flamand Boschbeke, ruisseau du bois, de bosch, huch, bois et de beîce, ruisseau. — Boschbeke est le Buchbcxh que l'on trouve en Allemagne, n (2)

Plusieurs auteurs, supposant que la Lys n'était encore qu'un large ruisseau, une becque, à l'époque où notre territoire prit son nom, et fondant leur opinion sur la quantité considérable de bois qui devait s'y trouver alors,' ont attribué à la Lys l'étymologie de notre village, et ont traduit Bousbecque par rivière des bois. Nous ne saurions admettre cette hypothèse, car nous aurons à constater que la seigneurie de Bousbecque n'était pas baignée par la rivière dont elle était séparée, d'un côté par le fief et la seigneurie de la Lys^ et de l'autre côté par le fief de Bume où furent établis, dans la suite, la place, l'église et le cimetière.

La seigneurie de Bousbecque, qui a donné son nom à la paroisse, et plus tard, à la commune ne peut donc tirer son origine que du cours d'eau qui traverse encore aujourd'hui la route de Roncq, à cinq minutes de l'agglomération, et qui a conservé depuis tant de siècles le nom de becque des bois.

Situé sur la Lys, et séparé seulement par cette rivière de l'importante station romaine de Viroviacum^ Bousbecque doit avoir été habité è* une époque très reculée. Nous pouvons d'autant plus espérer qu'on en retrouvera un jour une preuve incontestable, qu'une route antique passait sur son territoire.

En effet, l'itinéraire d'Antonin et la table de Peutinger mentionnent une route allant de Tournai à Wervicq. La

(i) Mémoires de la société d^agriculture, sciences et arts de Douai, 2« série, tome VI (1859-1861).

(2) Études étymologiques sur les noms des villes, bourgs et villages du département du Nord (Paris 1861).

statistique archéologique du département du Nord (1) indique que cette voie passe par Bousbecque, et d'après la carte archéologique de Belgique publiée par M. Van der Maelen, le tracé de cette route de première classe, traverse Templeuve, Lannoy, Roubaix, Tourcoing, Roncq et Bousbecque.

Dans les livres de comptes de la seigneurie de Gruteghem appartenant au XHI** siècle aux dames de TÂbbiette de Lille, une parcelle de terre est indiquée : « àboutant au quemin par ou on va de Wervy à Toumay. » (2) Ayant appris que l'on trouvait fréquemment, à peu de profondeur, d'anciens graviers paraissant avoir séjourné depuis une époque très éloignée, sur cette route qui porte depuis longtemps le nom de « chemin des Oblaers » nous y avons fait faire des recherches, et l'on mit à découvert une couche de gros silex semblables à celles que l'on a retrouvées sur plusieurs voies romaines des environs de Cassel. Dès lors, il nous a semblé qu'il ne devait plus y avoir de doute, et que nous pouvions considérer ce chemin comme étant la voie signalée par les archéologues, « de Wervicq à Toumay. »

Nous trouvons pour la première fois le nom de Ëôusbecque (Bousbeka) dans un titre sans date, mais nécessaire-^ ment circonscrit de 1098 à 1113.(3) Par cette charte, Baudry, évêque de Tournai, fait donation au chapitre de la collé* giale de 8. Pierre de Lille de la totalité de l'autel de Roncq et de la moitié de ceux d'Halluin et de Bousbecque. (4)

(1) Bulledû de la commission historique dU Nord, tome Vl (iâô2)é

(2) Cette mention se trouve, dans un livre des Comptes des Dames de FAbbiette, conservé aux Archives départementales du Nord dans le fonds des Dames de TAbbiette sous le n^' 378, paragr. VIII. .

(3) Baudry occupa le siège épiscopal de Toumay de 1098 à 1113.

(4) Archives du département du Nord, Ponds du chapitre de S. Pierre àe Lille. -• V. Pièces jostificatiiresi.

Wartel rapporte (l) que Tautre moitié de ces dimes était reclamée par Waltefy selon les idées du temps par lesquelles une partie de la ^me d'une église était considérée comme un bien qui pouvait être aliéné, (2) ce qui s'accordait mal, cependant avec la maxime des conciles, si souvent rappelée et si souvent méconnue, qu'il était interdit aux laïcs de posséder des dimes. Des actes nombreux attestent aux XIP et Xnp siècles, avec quelle persistance les évêques, et surtout les souverains retiraient ces dîmes, les rachetant ou les échangeant pour les céder aux corporations religieuses.

La possession de ces autels a été confirmée au chapitre de S. Pierre de Lille, par une bulle du pape Célestin II, prenant la collégiale sous sa protection apostolique, le 7 Janvier 1144, (3) et par Gautier, évêque de Toumay, Tun des successeurs de Baudry, en 1247. (4)

C'est aussi à propos de donations que nous trouvons cité le nom de plusieurs membres de la famille seigneuriale de Bousbecque au XII* siècle.

En 1159, Wautier, sire d'Halluin, époux de Barbe, fille du comte de Soissons, donne à Tabbaye de Saint Aubert, du

(1) Obeervations sur lliiBtoire de Lille, p. 117, « Altare de Ronc, totum, de Haluin dimidiimi, et de Bousbeka dimidlum rogante et interpellante nos Waltero eorumdem altariorum personatum gerente. >

(2) On distinguait dans les églises, au moyei^-âge, le bode et Vautel : Tautel ou, si Ton veut, le chœur réservé aux ministres du culte, le bode, ou bas de Téglise destinés aux laïcs. Suivant cette distinction les biens des églises étaient divisés en deux parties dont Tune, correspondante à Tautel, restait le partage du clergé ; Fautre, correspondante au bode, pouvait, dans les idées du temps, être abandonnée aux laïcs. (Croix et ses Seigneurs par Th. Leuridan, p. 8).

(3) Roisin, édition Brun-Lavainne, p. 223. — Mirœus, t. IV, p. 15.

(4) Archives du département du Nord. — Fonds du chapitre de Siint Pierre de Lille.

consentement de sa femme et de ses enfants Wautier, Roger, Guillaume, Alix et Kichilde une portion de la dîme qu^il possédait à Iwuy. D'après Lecarpentier, (1) Wautier, époux de Marie de Haerlebeke, aurait succédé à son père; Roger aurait épousé Agnès de Bausbecque ; Guillaume serait allié à René de Wallincourt et aurait été gouverneur de Crevecœur.

Dans un acte passé à Comines en 1161, et cité aussi par Lecarpentier dans son histoire de Cambrai, Aldo de Beaurevoir, chevalier, fait un don à Téglise de Saint André, avec Tapprobation de son épouse, Ermengarde de Comines, de Burchard, de la fille et des fils de Burchard et de témoins. Nous lisons parmi les personnages qui ont signé cette pièce : Allard des Wastines et Hiïlerand de Boushehe.

La maison de Soissons était ime des plus célèbres fEimilles de cette époque, Adélaïde, comtesse de Soissons, étant issue des anciens comtes de Vermandois sortis de la seconde race des rois de France. Une alliance aussi illustre prouve le degré de considération dont jouissaient alors les familles seigneuriales d'Halluin et de JBousbecque.

(1) On sait qu^il ne ûiut citer qu^avec réserve les mentions qpi 86 trouvent dans Lecarpentier.

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