CHAPITRE II
Hong de possettem» de dînes à Bovsbeoqne an Xin« aièele. — La Beignevrie de Bonabeeque. — H atnre et mmnanoe du flef. -* Son importaaoe. -- Beoheroliea sur remplacement de Iteden eUteau de Bovabeoqne.
Les archives de la collégiale de Saint Pierre de Lille mentionnent encore quelques chevaliers et possesseurs de dîmes, à Bousbecque, dans les circonstances et avec les détails que nous allons reproduire.
Au commencement du XIIl'' siècle, une partie de Tatitel de Bousbecque se trouvait aux mains de Walter de Bosheke, chevalier, et de Marguerite sa femme qui la tenaient en fief de Roger d'Halluin. Walter et Marguerite, du consentement de leur fils aîné, Ade, engagèrent, avant 1224, au chapitre de Saint Pierre de Lille, pour cent livres de Flandre, leur dîme, sise en la paroisse de Bousbecque {in parochiâ de Bosbeka), (1)
Mais à cette époque, Roger d^Halluin, de qui cette dîme était tenue en fief, était mineur, sous la tutelle et le bailliage de Hannot de Bonducs. Thomas de Lampernesse, Henri son frère et Henri de Morslede, par un acte passé en Juillet 1224, se portent caution pour Walter de Bousbecque envers Téglise Saint Pierre de Lille, répondant qu'à la majorité de Théritier du Prévôt d'Halluin par qui la dîme du chevalier Ade de Bousbecque doit être tenue en fief, ils
(1) Archivas du dépaitement du Nord. -* Fonds du chapitre de Saint Pierre de Lôlle.
le feront répondre et se porter garant, afin d^assurer à cette église, la jouissance paisible et tranquille de cette dîme. (1)
En Mai 1234, Roger, Prévôt dUalluin, ayant atteint sa majorité, confirme cette donation, déclarant que si « ce qu'à Dieu ne plaise, quelqu'un faisait quelque injustice touchant cette dîme, il serait tenu, comme son possesseur, à la garantir au chapitre de S. Pierre de Lille. » N'ayant pas encore de scel, il fait corroborer ce titre des sceaux des vénérables Francon, Prévôt de Bruges, chancelier de Flandre, et de J.... doyen de la chrétienté de Courtrai. (2)
Cette dîme étant cédée à la condition que le relief pourrait être racheté à des époques déterminées, nous voyons, Roger d'Halluin et Walter de Bousbecque, chevaliers, renouveler ces lettres de donation, en 124G. (3)
Un titre des dames de TÂbbiette de Lille, de 1278, cite les noms de Ade de Bousbecque et de Clarisse^ sa femme, à l'occasion de l'achat du fief de Gruteghent, dont nous aurons à nous entretenir. (4)
Nous trouvons encore, aux archives de la collégiale de Saint Pierre de Lille, divers documents relatifs aux dîmes perçues à Bousbecque, provenant d'habitants de cette paroisse ou de personnes, de haute condition, qui en étaient propriétaires.
« L'an du Seigneur 1238, Guillaume, doyen de la chrétienté de Courtrai, constate que Michel du Pré et Adam de Bachthem, paroissiens de Bousbecque (Micliael de Prato et
(1) Archives du département du Nord. — Fonds du chapitre de Saint Pierre de Lille.
(2) Idem.
(3) Bibliothèque communale de Lille. — Gartulaire du chapitre de S. Pierre, foUo 125, n® 9.
(4.) Archives du département du Nord. Gartulaire du couvent de TAbbiette de LiUe, foUo 50, n» 35.
Adam de Bachtheni parrochiani de Bosbéke) ont « restituée en sa présence, à Téglise de S. Pierre de Lille, deux gerbes de dîmes, qu'ils avaient coutume de percevoir, de trois bonniers et demi de terre, situés sur le territoire de Bousbecque, pour que cette église les possède à perpétuité, n (1)
En Juillet 1249, Roger, chevalier. Prévôt d'Halluin, affirme que Gilles, chevalier, seigneur de For est , {dominas Egidius de Forestray miles,) possédant une dîme à Bousbecque, dans la juridiction de Féglise de Saint Pierre de Lille, tenue en fief de Boidin de le Hossière, un de ses hommes, a engagé cette dîme pour cinquante livres de Flandre, à ladite Téglise de Saint Pierre, du consentement de Yolande sa femme, et de Boidin, de qui il la tenait en fief. Le lendemain de la Saint Martin d'hiver, de la même année, Tofficial de Tournay confirme cette donation, ainsi que les conditions qui s'y rapportent. (2)
Enfin, nous voyons qu'en 1250, Symon de Biesmareske, et Mathilde son épouse, donnent en gage, à l'église de Saint Pierre de Lille, pour cent livres de nouvelle mon^aie de Flandre et pour neuf ans, à partir de la fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, une dîme à Bousbecque, tenue en fief de Roger d'Halluin. Devant l'official de Tournay, Mathilde déclare qu'elle ne réclamera aucun droit, sur cette dîme, soit en raison de sa dot, soit pour usufruit ou pour tout autre motif. Tous deux reconnaissent que s'ils n'observaient pas les prescriptions de cet acte, non seulement ils paieraient les dépenses et dommages, que le chapitre serait en droit de réclamer, mais qu'ils pourraient aussi^ de ces faits, encourir V excommunication, (3)
L'inventaire analytique des chartes des comtes de Flandre
(1) Archives du département du Nord. — - Fonds du chapitre de Saint Pierre de Lille.
(2) Bibliothèque communale de Lille. — - Cartulaire du chapitre de S. Pierre, folio 126, n» 10.
(3) Idem, foUo i30, n« 20.
nous apprend, qu^en 1285, Guillaume van Wattreloes et Bloch van Steeland vinrent ravager les terres de Ghetrut van Bosbeke et de Jean Vrancken, sous prétexte que van Wattreloes en était co-propriétaire. Au lieu de répondre par la force et de se défendre, Ghetrut van Bosbeke et Jean Vrancken, afin d'éviter de plus grands dégâts, ' remirent à Tan Steeland 60 livres et à son valet 38 sous ; mais ils portèrent leur plainte à noble homme, Henri Evelbare, bailli d'Alost, demandant que ces sommes leur soient restituées. (1)
Dès le XIIP siècle, nous trouvons la seigneurie de Bousbecque appartenant à la famille de la Lys. Malgré toutes nos recherches, il ne nous a pas été possible de découvrir si les seigneurs de la Lys en avaient eu la possession par achat ou par alliance : nous penchons cependant pour cette dernière hypothèse; mais si Ton suppose la seigneurie de Bousbecque tombée en quenouille, il faut admettre que d^autres branches de la famille de nos anciens seigneurs subsistèrent ailleurs, car nous trouvons dans le manuscrit de Marins Yoet, bourgmestre de Bruges, mort en 1685, d'après l'extrait d'un registre de Courtrai, qu'il reproduit, que le 15 Juillet 1449, Josyne, à l'occasion de son mariage avec Jacques de Bousbecque (Jacob van Busbeke) reçoit, de M. Willem de Corte, doyen de S. Sauveur à Haerlebeke, une donation de soixante-dix livres de Flandres. (2)
Nous voyons aussi dans le répertoire généalogique du baron de Prêt, qu'au XV® siècle, Florence de Bousbecque épouse Robert de Sarcus. Au XVP siècle, François de Bousbecque est allié à Françoise de Fretel, et Charlotte de Bousbecque, leur fille, épouse en premières noces Antoine de Gonnelieu, seigneur de Juvancourt et en second mariage Christophe, seigneur de Nazancourt. (3)
(1) Qaillard. Inventaire analytique des chartes des comtes de Flandre, page 47.
(2) Bibliothèque royale de Bruxelles, manuscrit n** 21757.
(3) Répertoire généalogique du baron de Prêt, manuscrit de la bîbl. de Tuniv. de Gand.
La seigneurie de Bousbecque comprenait, parmi manoir, prés, eaux et terres, seize bonniers, et en rente, 12 muids d'avoine, 22 chapons, 22 rasière's de blé et 10 sous; quatre hommages, un banc de sept échevins. Elle était tenue de la salle de Lille, à 10 livres de relief et à justice de vicomte. (1)
M. TaiUiar cite les seigneurs de Bousbecque, parmi les chevaliers hannerets de la châtellenie de Lille. (2) On sait qu'il faut entendre par là, les seigneurs qui pouvaient mettre sur pied cinquante de leurs vassaux, pour accompagner leur bannière dans les combats, ce qui suppose nécessairement une seigneurie assez importante, et qui semble s'accorder peu avec l'étendue restreinte du fief de Bousbecque avant les annexions.
Le manoir seigneurial de Bousbecque, qu'il ne faut pas confondre avec celui de la Lys, qui a pris depuis le nom de château de Bousbecque, était situé à la limite du fief, vers rOuest, à l'endroit où se trouvent aujourd'hui les jardins de la ferme du Gros Chêne. Il y a quelques années, en y établissant des plantations, on a découvert d'anciennes maçonneries, et il nous a été assuré que, parmi les matériaux qui composent les fondations de certains bâtiments de cette ferme, on remarque encore des pierres portant des traces d'ornements ou de moulures, qui ne peuvent provenir que des ruines de Pancien manoir féodal.
U ne nous a pas été possible de savoir à quelloi époque ce premier château de Bousbecque fut démoli, et aucun des documents, que nous avons compulsés, n'a pu nous apprendre si sa destruction a été l'œuvre du temps, ou s'il a disparu sous la hache des démolisseurs ou parles flammes de Fincendie, pendant les nombreuses guerres, dont notre village a été si souvent le théâtre.
(i) Archives da département du Nord. — Dénombrements. (2) Mémmos de la eodété de ragricnltore, des sciences et des arts do Dooai, tome VI, page 460.