‹ Histoire de BousbecqueChapitre 34 sur 51 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Xtat général de notre paye à la fin du siôole dernier. -- Conrtitatien civile da clergé. — Thomas Lely, curé constitationnel. » Ses démêlés avec Padministration oommnnale. — Missionnaires pendant la révolution. — Rétablissement du culte catholique.

La température de l'hiver de 1787 à 1788 avait été si douce qu'elle produisit une fièvre putride dont les effets furent terribles. Le 14 Juillet suivant, un orage extraordinaire, .accompagné d'énormes grêlons, abimait les récoltes ; enfin, il gela si fort, qu'au mois de Décembre le thermomètre descendit à 18 degrés 3/4 Réaumur : jamais on avait vu un froid aussi rigoureux. Il eut pour conséquence la terrible disette de l'année suivante.

La révolution marchait rapidement, et bientôt le tiersétat allait avoir à rédiger son cahier de doléances pour la réformation de l'administration municipale, la suppression d'une foule de droits, l'inviolabilité des députés et l'aliénation des domaines de la couronne. Un mouvement galvanique semblait alors faire frissonner la France jusque dans ses dernières artères. Le 28 Avril, l'émeute grondait à Paris, et le lendemain, avant qu'on en sut la nouvelle, Lille s'insurgeait et brisait les vitres des prétendus accapareurs de blé.

Chaque jour, les événements se succédaient avec une rapidité effrayante. La prise de la Bastille (14 Juillet 1789), le massacre de son gouverneur, de Launay, plus tard du ministre Foulon (22 Juillet) et de l'intendant de Paris, Ber* thier, vinrent semer partout la consternation et le trouble» Lett malfaiteurs en profitèrent, se répandirent dans les cam^

pagnes, pillèrent, brûlèrent les fermes et les châteaux et massacrèrent les nobles. Qui n'a entendu raconter les effiroyables histoires de ces brigands, auxquels on donnait le nom de chauffeurs, qui arrivaient, la nuit, dans nos campagnes, dévalisaient les chaumières, et torturaient les paysans par le feu, les contraignant ainsi à déclarer où était caché leur petit pécule?..

La terreur et Teffroi augmentèrent encore lorsque Ton apprit que douze mille Bretons marchaient sur la Flandre mettant tout à feu et à sang. Cette fausse nouvelle et les atrocités commises dans les campagnes furent mises sur le compte des prêtres et des princes. On les qualifiait de

trsutres, on demandait 4eur punition et leur mort. (1)

Le crédit public disparaissait tous les jours, les assignats étaient déjà en grande perte, l'argent se t^achait dans les coffres-forts, et les affaires étaient anéanties. Malgré Theureuse température de 1790, la disette se faisait sentir et devenait' pour le peuple une nouvelle cause de provocation.

L'assemblée nationale après avoir mis les biens du clergé à la disposition de l'état, imposa aux ecclésiastiques le serment civique de fidélité à la constitution civile qui soumettait à l'élection les curés et les évêques. Gomme la plupart de ses confrères, le digne curé dd Bousbecque, M. Selosse, refusa le serment qui lui était demandé, et ne voulant pas priver ses paroissiens' des secours de la Religion, il alla résider à Wervicq, où la révolution n'était pas encore arrivée, engageant les habitants de Bousbecque à suivre, dans cette ville, tous les exercices du culte.

Le citoyen Thomas Lely, ancien carme, fut nommé curé constitutionnel de Bousbecque. Nous voudrions qu'il nous

(i) Histoii'e de lille par V. Derode, T. 3, page 17. — Histoire de Tourcoing par Roussel Defontaine, page 155.

fut permis de laisser dans l'ombre les faits malheureux qui montrent jusqu^où peuvent aller les passions mauvaises, quand tout frein est brisé, et comment un religieux peut se laisser entraîner dans le mal ; mais si nous pouvons taire les faits se rapportant à Tivrognerie et à la débauche du curé constitutionnel, nous serions injustes envers nos pères si nous ne mentionnions pas le courage et l'énergie qu^ils ont montrés en ces tristes circonstances.

Ayant à sa disposition de vastes bâtiments, dans la rue Verte, à Wervicq, M. Selosse 7 disait la messe, pour les habitants de Bousbecque. Ceux-ci allaient y faire baptiser les enfants, bénir les mariages et suivre tous les exercices du culte. Quelques-uns cependant avaient suivi les nouvelles idées, et on rapporte que certain jour, où un grand nombre d'habitants étaient allés assister, la veille de Pâques, à Wervicq, à la bénédiction des fonts, le sieur D.... s'était posté sur la route de cetto ville et cassait les vases, les bouteilles et les cruchons contenant Teau bénite que les fidèles apportaient dans leurs familles.

Nous ne pouvons suivre les événements qui se succédaient à Paris. L'assemblée nationale se retirant pour faire place à la convention ; déclarant la déchéance de l'autorité royale et établissant la république (21 Septembre 1792) ; mettant à mort le malheureux Louis XVI (21 Janvier 1793) et créant un tribunal révolutionnaire qui jugeait sans appel et punissait de mort pour une parole, pour un regret, pour le nom seul que l'on portait, mais nous pouvons constater que malgré les efforts de Thomas Lely, la population de Bousbecque était restée fidèle à Dieu, et docile à la voix de son dévoué pasteur, dont elle allait suivre les insti'uctions sur la terre étrangère, ce qui portait ombrage au curé constitutionnel qui ne cherchait que l'occasion d'en tirer vengeance.

Rien de plus froid que la cérémonie de la plantation de Tarbre de la liberté, malgré les efforts de quelques exaltés

pour donner de Téclat à cette fête citique, et la consommation importante de boissons distribuée à cette occasion, aux frais de la commune. Sur Testrade placée à côté du chêne que Ton avait planté sur la place, quelques jeunes gens venaient, à de rares intervales, entonner quelques chansons patriotiques écoutées avec indifférence par la plus grande partie de la population.

Un décret, du 2 Septembre 1791 permettait, aux prêtres non assermentés d^exercer leur ministèi*e dans les églises, concurremment avec les curés constitutionnels. Les habitants de Bousbecque s'empressèrent de réclamer les secours religieux d'un digne missionnaire, M. Messéan, qui se tenait à Wervicq, et qui s'était dévoué, bien des fois, en venant baptiser ou donner les sacrements, dans notre village. Les oflBciers municipaux avaient invité le citoyen Lely à se présenter à l'assemblée municipale, afin de désigner les heures où chacun des ministres du culte pourrait disposer de l'église, mais le curé refusa d'obtempérer à cette invitation, et il protesta dans les termes suivants :

Messieurs

Courouble et Jean Baptiste Dalle vous font assembler par un décret du département du Nord, en date du deux Septembre 1791, qui permet aux non assermentés de dire la messe dans toutes les églises quelconques, avant ou après les offices de la paroisse, mais le décret porte aussi que ces prêtres se concerteront avec le curé constitutionnel pour l'heure, afin de ne point les gêner dans leurs fonctions curiales, et à défaut de concert avec lesdits curés, avec la municipalité. Us sont donc obligés de se présenter à moi, puis à vous, si nous ne nous arrangeons pas ensemble. Je regarde donc comme nulle votre délibération, quelle qu'elle puisse être, puisque vous n^êtes pas en forme, cependant je ne peux m'empêcher de louer le zèle de ces deux citoyens à faire exécuter les décrets. Plut à Dieu qu'ils

eussent toujours eu le même courage ; ils n'eussent jamais été faussaires et rebelles à la loi.

Je suis,

Messieurs,

Votre serviteur,

Th. Lély, curé de Bousbecque. (1)

Les courageux administrateurs que la commune s'était choisie ne se laissèrent pas insulter par Tindigne curé dont la vie privée révoltait tous les habitants. Se trouvant diffamés par ces mots de « faussaires et rebelles à la loi, » ils demandèrent une réparation judiciaire, et nous possédons la pièce authentique suivante, sur timbre, portant la rétractation du -curé.

Nous, juges de paix et acceseurs du canton de Tourcoing, déclarons que M. Lely curé de Bousbecque à comparu cejourd'hui au tribunal de paix pour avoir nommé les sieurs Courouble, maire de Bousbecque et Jean Baptiste Dalle officier municipal de faussaires et rebels à la loy, lequel a dit à haute voix qu'il ne les reconnaissait pas pour cela, mais qu'ils avaient manqué de publier un décret au prône. Que tout au contraire il les reconnaissait pour hommes de probité. Fait à Bousbecque le 15 Octobre 1791. Et ont signé.

Pour copie conforme :

DumortieTj greffier. (2)

Trop lâche pour se mettre en évidence, le citoyen Lely rédigeait constamment des plaintes qu'il faisait signer par .quelques égarés, constitués en comité de surveillance, et qui, en cette qualité, recevaient des subsides de l'administra-

(1) Papiers de iamille— original.

(2) > > » •— pièce authentique sur papier timbré.

tion du district de Lille. Nous avons trouvé, en effet, dans les livres de comptes déposés aux archives du département du Nord la mention suivante :

« Payé au comité de surveillance du village de Bousbecque, 84 livres, pour dix-sept journées, depuis le 12 plairial, jusqu'au 30 fructidor, à 3 livres par tête, sans pièces justificatives, n

Les dénonciations que Ton adressait contre les administrateurs de notre village faisaient l'objet de lettres Bévères du directoire du district, demandant des explications auxquelles il était souvent difficile de répondre. La reproduction d'une de ces pièces, avec la réponse de nos hommes de loi, peut donner une idée des épreuves auxquelles le dévouement de notre administration municipale était assujetti.

Lille le 16 fructidor, 3* année de la République une et indivisible.

Le Directoire de District, à la municipalité de Bousbecque.

Nous vous envoyons, citoyens, la copie d'une pétition présentée au département par plusieurs habitans de votre commune, pour se plaindre de ce que, sous votre protection, et en contravention à la loi du 23 messidor, concernant les étrangers, un prêtre belge a fait son entrée dans votre commune, accompagné de trois gendarmes et s'est emparé des linges et ornements du culte pour en priver le ci-devant curé assermenté.

Vous êtes aussi inculpés, dans cette pétition, de vous être fÎEdt gloire de royalisme et de jacobinisme.

Ces inculpations sont extraordinairement graves, et exigent que vous nous rendiez, sans délai, un compte très-exact

de votre conduite ; en conséquence nous vous requérons de nous transmettre votre réponse en dedans tiers jours.

Salut et fraternité,

Louis Bluysen — Sirjean, secrétaire. (1)

Ceux qui savent comment fonctionnait le tribunal révolutionnaire à cette époque comprendront Teffet qu'une telle lettre devait produire sur les personnes auxquelles elle était adressée.

Les membres de Tadministration communale ne connaissant que leur devoir, répondirent fermement, par les termes suivants :

Les Maire, Officiers municipaux de la commune de Bousbecque aux citoyens les administrateurs composant le directoire du district de Lille.

Citoyens,

A peine le calme a-t-il reparu dans Bousbecque ; à peine la paix y succède-t-elle à ces jours d'horreur qui ont désolé la France, que la discorde semble vouloir encore y agiter son flambeau.

Tel est l'objet de la pétition qu'on vous a présenté et dont votre sagesse a voulu que communication soit donnée aux exposans.

On ne craint pas de le dire, cette pétition est l'ouvrage d'un prêtre fanatique autant qu'intolérant qui voudrait rendre illusoire le décret juste et raisonnable qui a, de nouveau, proclamé la liberté de tous les cultes.

Au fait, il ne s'est rien passé à Bousbecque qui puisse provoquer votre surveillance, si ce n'est la manière dont les exposans sont traités dans la pétition à laquelle on répond. Voici dans la plus exacte vérité, les circonstances que cette pétition a entièrement dénaturées.

(1) Papiers de famille — original.

Une très majeure partie des habitants de Bousbecque a désiré avoir un ministre de son choix, et ce choix est tombé sur le nommé Messéan.

A peine ce dernier eut-il paru, qu'il fit ombrage au nommé Lely soi-disant constitutionnel.

Celui-ci de tâcher de soulever le peuple contre Messéan et contre rexercice de son culte. De là mille inconvénients à craindre.

La loi cependant devait s'exécuter. On prit le parti d'assigner à l'im et à Tautre prêtre des heures différentes, comme de leur assigner, à chacun, les ornements dont ils pourraient se servir.

Il pouvait se faire que les mouvements que Lely s'était donnés occasionnassent des troubles la première fois que Messéau officierait ; on prit la précaution d'avertir des gendarmes pour maintenir l'ordre.

Du reste, si Messéan a cru devoir bénir l'église et le cimetière, c'est un fait d'opinion religieuse auquel qui que ce soit ne pourrait mettre obstacle.

Tel était l'état des choses quand Messéan fut obligé de quitter Bousbecque comme prêtre belge.

Assurément il n'y a rien dans tout cela qui puisse donner matière à dénonciation contre les exposans, parce Qu'ils n'ont fait que ce que la loi et la prudence leur ordonnaient de faire.

C'est cependant à cette occasion qu'on se permet de taxer les exposans de royalisme et de jacobinisme.

Cette inculpation présente deux idées qui ne sont pas trop cohérentes ; mais qu'importe si les exposans ne le méritent pas.

Jamais ils n'ont annoncé les sentiments qu'on leur suppose ; ils n'en ont pas d'autre que celui de fiure triompher les lois et le maintien de l'ordre.

C'est peut-être ce qui déplaît à leurs dénonciateurs accoutumés à marcher sans règle et à donner tout à l'arbitraire : mais les circonstances exigent que l'ordre règne, et les exposans n'auront jamais d'autre but.

Ce que dessus considéré, il vous plaise, dtoyens, déclarer que la conduite des exposans est irréprochable et faire

défense à leurs dénonciateurs de les troubler dans leurs fonctions sous toutes les peines de droit. « (1)

Cette réponse sembla satisfaire le comité de Lille, qui ne s^occupa plus des gens de Bousbecque. Il est vrai que nos administrateurs avaient beaucoup d'amis à Lille et qu'ils trouvèrent le moyen de se faire recommander près des membres du district : aussi les nouvelles plaintes et les doléances que le curé ne cessait de faire signer par ses acolytes ne produisaient aucun effet sur cette assemblée. Nous croyons intéressant de reproduire une de ces pétitions, formulée après une élection municipale dont le candidat élu ne devait nécessairement pas être de la convenance des soidisant patriotes :

Aux président et agents municipaux de l'assemblée centrale du canton de Tourcoing.

Bousbecque le 23 Brumaire, 4^ année de la république.

Citoyens,

Nous avons protesté contre l'assemblée primaire de Bousbecque et nous protestons de rechef pour les motifs suivants :

1^ Parce que cette assemblée n'a pas été convoquée légalement ;

2^ Parce qu'on a admis à voter des gens à gage et des soldats dans la commune, au mépris des lois.

(l) Papiers de famille — copie.

S*' Parce qu'on a voulu agir légalement, il fut répondu qu'on ne s'embarrassait pas de ce qui venait de Paris, que ce n'était rien, et que dans deux jours on en verrait bien d'autres.

4^ Parce qu'on mit dans le bureau le neveu de Témigré père Archange Courouble.

ô** Parce qu'on a voulu recevoir les suffrages des ci-devant émigrés et de ceux dont les parents le sont encore.

6^ Parce que ces suffrages ne se faisaient pas dans les bureaiix, mais avaient été faits dans le cabaret dit Saint- Georges et que plusieurs citoyens avaient été forcés d'en prendre.

7® Parce que les républicains n'étaient pas avisés de l'assemblée qui devait se tenir le 15 et sur cela qu'aucun ne vota quoique nous serions plus de cent vingt si nous avions été prévenus. Ainsi, après que les patriotes présents à ladite élection par cas fortuit eurent présenté la forme, on choisit pour agent J. J. J. Lecomte, beau-frère à l'émigré Archange Courouble et oncle de plusieurs autres, homme connu par son incivisme.

P Pour avoir sauvé ses bestiaux à l'ennemi lorsqu'il était sur nos frontières;

2"^ Pour avoir dit publiquement qu'il était royaliste et que les impériaux étaient ses gens;

3** Pour avoir introduit, avec la force armée, un prêtre belge, au mépris de la loi du 23 messidor, sur le territoire français ;

De tous ces faits, citoyens, nous vous fournirons des témoins autant que vous le jugerez à propos.

Signé L. F. L^' P. F. L«" J. B*« D«^^ J. F. D»" (1)

(1) Nous possédons la pièce avec les noms dans nos papiers de famille. On comprendra le sentiment qui nous porte à taire les noms dont quelques-uns sont portés par d*honorables familles encore existantes.

C^est en vain que les pétitionnaires attendirent une réponse : mais ce qui précède prouve combien était perverti le moine défroqué qui remplissait les fonctions de ministre du culte, à Bousbecque.

A côté de cet infâme parjure, nous sommes heureux de rapporter la conduite autrement digne et le souvenir honorable que notre commune doit conserver de Tagent municipal qui nous était envoyé par le district de Lille, ^ et qui, dans tout ce qui s^est rapporté à ses fonctions bien ingrates pour lui, dans notre localité, a su acquérir les sympathies des habitants.

Nommé agent municipal de la commune de Bousbecque, le citoyen Desplanques, ouvrier charpentier à Lille, d^une conduite irréprochable, chercha toujours, à sympathiser avec la population, de laquelle il fut parfaitement accueilli. Afin de montrer du zèle envers la république. Desplanques faisait sonner la cloche, même pendant la nuit, quand il recevait des nouvelles du gouvernement, annonçant quelque victoire et il excitait le peuple à crier : vive la république. H avait tant de travail à exécuter qu'il fit venir son fils, menuisier, pour travailler avec lui. Il paraissait très-heureux de la confiance qu'on lui montrait et faisait tous ses efforts pour être utile à la population.

Si nous en jugeons par ses écrits, nous devons constater, du reste, que Desplanques maniait mieux le rabot que la plume. Nous possédons, en effet, une quittance datée de Bousbecque le 8 ventôse, an 6, ainsi conçue :

« Nous agent municipals (sic) de la commune de Bousbecque, déclare avoir reçu pour le don patriotique de Louis Lepoutre marchand audit lieu la somme de une livre dix sous ; de Jean Baptiste Dalle, aussi une livre dix sous pour remettre au mains de qui il appartiendra.

Signé Desplanques. » (1)

(1) Original — - papiers de famille.

Quand le gouvernement eut décidé la Tente de Téglise, la municipalité de Bousbecque avait jugé devoir établir une école avec le presbytère. L'intrus Lely ne voulait pas abandonner la maison curiale et prétendait 7 rester. Le citoyen Desplanques montra en cette circonstance une tràs-grande énergie. L'ordre qu'il donne au ci-devant curé, de quitter la maison dans le délai de trois jours est ferme, et dénote chez notre agent municipal une volonté bien déterminée de faire exécuter les décisions prises par le conseil. (1)

Une lettre particulière, que nous possédons dans nos papiers de famille, datée de peu de temps après le départ de Lely dit qu'il a été rencontré à Lille et qu'il parait s'y trouver dans la misère « votre jureur est abranlé dit l'auteur de cette lettre, il craint de mourir de fsiim.. n

La Providence le punissait bien vite des maux qu'il avait répandus sur sa paroisse et des scandales de toutes sortes qu'il avsCit donnés, et que, par respect pour nos lecteurs nous n'avons pas cru devoir rapporter.

L'exercice du culte étant rétabli par la république, un nouveau curé, assermenté, le nommé Duhem fut envoyé à Bousbecque le 27 vendémiaire an 6 et nous trouvons dans nos archives, son serment ainsi conçu : je jure haine à la royauté et à l'anarchie, et promets fidélité et obéissance & la république et à . la constitution de l'an 3. n Charles Louis Joseph Duhem, ministre du culte catholique.

Autant Thomas Lely était vindicatif et méchant, autant celui-ci était froid, poli, ne cherchant ni à contrarier l'œuvre des prêtres étrangers qui venaient parcourir nos campagnes, ni à gêner notre population qui ne se rendait pas à ses offices. Il semble qu'il avait prêté le serment uniquement pour conserver ses fonctionr. Du reste les temps

(1) Archives de Bousbecque.

étaient devenus meilleurs, et quand la religion catholique fut rétablie, M- Duhem s'empressa d'aller se rétracter devant MM. les vicaires généraux de Toumay. Nous ne saurions douter qu'il ne fut dans la suite, un bon prêtre.

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